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Économie

Printemps 2018 : sur les mouvements sociaux et la défense du service public

En ce printemps 2018, il semblerait que la longue période des mouvements sociaux, dont les grèves de décembres 95 sont emblématiques, soit à un tournant décisif. Ce type de mouvements et l'idéologie citoyenne qu'ils portaient semblaient devoir incarner toutes les luttes de classe, et se faire leur interprète exclusif. Mais leur incapacité à imposer des réformes positives après la crise de 2008 comme leur tendance à accompagner toutes les évolutions du capital conduisent à l'érosion de leur statut hégémonique. Ce texte tente de décrire cette évolution, de la placer dans le contexte de la lutte qui s'annonce et de tracer quelques perspectives à partir de ce constat.

Économie

Principe d’incertitude, lutte des classes et théorie

Les théories marxistes de la révolution ont longtemps conçu le prolétariat comme le protagoniste d'un récit dont l'issue était connue d'avance, par la médiation d'une sacro-sainte Contradiction entre forces productives et rapports de production, qui se résumait par la baisse tendancielle du taux de profit. Ainsi considéré, il était une classe idéale dont la simple existence était censée régler tous les problèmes. Envisager les rapports de classe hors de toute dialectique abstraite et de tout idéalisme nous conduit à nous défaire de nos certitudes pour envisager le monde dans ce qu'il a de véritablement actuel.

Économie

Donald Trump, la gauche et le vote ouvrier

« Les discours de la gauche et de la gauche radicale à ce propos se résument à deux positions symétriquement opposées, et qui ne font qu’essentialiser la classe ouvrière. D’une part le mode du mépris de classe pur et simple, le même qu’on a pu observer pour le Brexit, qui consiste à dire que ces gens-là sont totalement incultes, désorientés, fondamentalement racistes, misogynes, etc., et que la gauche a pour mission de les civiliser et de leur donner le goût du progrès ; position qui prend des nuances plus paternalistes dans la gauche électorale type Mélenchon. D’autre part la gauche radicale, des trotskistes aux anarcho-communistes, qui optent pour le déni pur et simple : la classe ouvrière n’est pas comme ça, le vote réactionnaire ouvrier est un mythe lui-même réactionnaire : c’est bel et bien la classe moyenne et la petite bourgeoisie qui incarnent le fascisme trumpien, la classe ouvrière n’a rien à voir avec ça, elle est pure en son essence. »

Économie

Qui sait ce qu’une grève peut ?

Depuis plus de 30 ans la « lutte contre le chômage » sert de dispositif rhétorique à partir duquel on nous fait avaler des pilules de plus en plus grosses. Mais ces attaques – ou « modernisation du marché du travail » – ne répondent en rien à la question de la répartition de la richesse posée par le chômage structurel de nos sociétés. Les gains de productivité sur les 150 dernières années, associés à la répartition inégalitaire des richesses propre au capitalisme, rendent de toute façon une partie d’entre nous (...)

Économie

Federici contre Marx

Caliban et la Sorcière présente un intérêt indéniable : une analyse des mouvements sociaux et de la crise de l’Europe médiévale, une mise en lumière de la dimension sexuelle et du traitement des femmes dans la formation du capitalisme, le rôle de la machination des corps masculins et féminins, notamment. Mais ce livre expose aussi une vision du passé et du présent capitalistes aussi critiquable que la perspective politique qui en découle.

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