128 gardes-à-vue le 22 mai à la suite de la manif et de l’occupation du lycée Arago : rassemblement devant le tribunal ce vendredi

Le 22 mai 2018, c’était jour de manif. Une manif qui ressemblait à d’autres. Importante, gros cortège de tête offensif, secteurs en lutte déterminés. Contre les politiques de Macron, contre la réforme du Rail, contre Parcoursup, contre ces réformes qui nous pourrissent toujours plus la vie. À Nation, l’arrivée de la manif, plus d’une centaines de personnes, en majorité des lycéen.ne.s, occupent le lycée Arago. Quelques poignées de minutes plus tard, c’est l’évacuation policière, la garde à vue pour la plupart, le dépôt, le tribunal. 17 autres personnes ont également été arrêtées pendant ou après la manifestation. Au total, 128 garde-à-vue ce jour là.
Ce vendredi 15 juin plusieurs dizaines de personnes vont comparaître au Tribunal. Un rassemblement devant le TGI est prévu dès midi, et n’hésitez pas à passer aussi à la sortie du boulot, ça risque de durer !

La manifestation du 22 mai s’est soldé par une répression massive. Il y avait bien eu les 317 gardé.e.s-à-vue de la manif interdite de novembre 2015 contre la COP21, ou les 55 lycéen-ne-s de Suger (Saint-Denis) arrêtés (après passage à tabac, tirs de flashballs, humiliations) au blocus du bahut en solidarité avec Théo en mars 2017. Mais ce 22 mai, le gouvernement avait décidé de frapper fort. 128 gardes-à-vues, des dizaines de procès, des chefs d’inculpations extrêmement politiques et des menaces pour soutirer l’ADN.

Cette infraction fantomatique de « groupement formé en vue de... » – en droite ligne de la fameuse « association de malfaiteurs » (art. 450 CP) inventée lors des "lois scélérates" anti-anarchistes des années 1892-93 – « permet d’appréhender de nombreux comportements avant même la commission de plusieurs infractions », selon les propres termes du ministère de la Justice. C’est à dire de réprimer de manière « proactive » – et donc de poursuivre des crimes intentionnels.

Il est alors paradoxal que la justice, si prompte à casser les solidarités en individualisant les procédures, isolant les prévenu-e-s, les incitant à refuser le conseil d’avocats ou de contacts avec des proches, se sente obligée d’utiliser des délits collectifs arbitraires pour asseoir sa domination. Et de construire des ententes criminelles dès que des personnes se réunissent et s’organisent pour tenir en respect l’État et ses milices. Quand la justice et ses chiens policiers n’arrivent pas à démontrer la matérialité d’infractions individuelles, ils s’arrangent pour collectiviser les poursuites et juger en masse pour mater la meute.

L’arrestation massive de 101 personnes au lycée Arago, dont beaucoup de lycéen-ne-s essentiellement mineur.e.s, mobilisé.e.s contre le dispositif de sélection social Parcoursup, a fait un peu de bruit. Une répression bête et méchante, sale et humiliante parfois, qui s’abat sur les plus jeunes.

14 mineur.e.s ont été mis en examen et passeront devant un juge pour enfant à partir (les premières comparutions auront lieu les 5 et 10 juillet).
17 majeur.e.s sont passées devant le juge les 24 et 25 mai. 2 ont été placées en détention provisoir. La première personne a été libérée le 5 juin à la suite d’un vice de procédure. La seconde l’a été le 12 juin. Les autres ont été pour la plupart mis sous contrôle judiciaire et 13 auront leur procès ce 15 juin.

Des inculpé.e.s du 22 mai appellent à se rassembler massivement ce vendredi 15 juin devant le TGI des Batignolles, métro Porte de Clichy.

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