Communiqué d’interpellé.e.s du 26 octobre

Ce communiqué fait suite à la manifestation du 26 octobre 2017 commémorant les trois ans du meurtre de Rémi Fraisse, et aux interpellations violentes par lesquelles elle s’est terminée.
MAJ : Appel à venir soutenir les accusé.e.s au procès : 9h le 10/10 au TGI de Paris (Porte de Clichy)

MAJ : Appel à venir soutenir les accusé.e.s au procès : 9h le 10/10 au TGI de Paris (Porte de Clichy)

Communiqué d’interpellé.e.s du 26 octobre

Le 26 octobre 2017 a eu lieu place de la République un rassemblement commémorant les trois ans du meurtre de Remi Fraisse et refusant l’impunité dont jouissent les coupables. Ce rassemblement, dénonçant l’utilisation toujours plus massive des armes « à létalité réduite » sur les militant.e.s et dans les quartiers populaires, a pris la forme d’une manifestation et nous avons défilé dans le centre de Paris. C’était une manifestation regroupant environ 200 personnes, vivante et rapide, qui passait pour une fois dans les rues du centre de Paris, aussi pleines de gens que vides de vie.

Alors qu’on remontait le marché de Ménilmontant, une partie de la manif’ a été aux prises avec une brigade de police. La brigade a pris peur et est parti se cacher dans un kfc. Alors quelqu’un.e a crié qu’un flic avait sorti son arme et la manifestation s’est dispersée, par les rues et en entrant dans le métro. Nous on est descendu par le métro.

La manifestation était terminée et on attendait le métro quand les policiers du kfc sont entrés. La tension était retombée, la situation calme, il y avait sur le quai des gens qui venait de la manifestation et d’autres pas. Mais les flics avaient la haine, avoir eu peur les avait enragés. Armurés, gantés et armés de leurs matraques télescopiques, les policiers ont chargé. Ils ont remonté le quai en courant et en frappant tout le monde à leur portée. Il n’y a qu’une sortie au métro Ménilmontant, le quai est un cul-de-sac.

Il nous a fallu choisir entre être tabassé.e sur le quai et risquer de mourir ou traverser les rails du métro et risquer de mourir.

Que ce soit debout sur le quai ou déjà mis.e au sol, nous avons été insulté.e.s, menacé.e.s de plus de violences, menacé.e.s de viols, nous avons été frappé.e.s de coups de matraque, de poings, de pieds. Sur le quai, un policier frappe avec une telle violence que sa victime n’a pas d’autre choix que de traverser les rails. Elle réussira à sortir du métro avant d’être interpellée et de tomber inconsciente. Une autre reçoit un coup qui lui ouvre le crâne. Les deux sont sérieusement blessées et doivent être emmenées à l’hôpital avant de les mettre en GAV.

On nous annonce être placé.e.s en garde-à-vue pour violences sur des policiers. Le camarade tombé inconscient se réveille à l’hôpital et on lui annonce qu’il n’a heureusement pas de trauma crânien, mais que le policier qui a failli le tuer, par ses coups et par les rails, porte plainte contre lui.
24h de garde-à-vue, puis une prolongation de 24h, puis un déferrement au dépôt (prison sous le TGI) pour 20h de plus.

Pendant près 3 jours, on a été effrayé.e.s, pas ou mal soigné.e.s, on a eu froid, on a mal ou pas dormi sur des « matelas » pourris, on a bouffé la même chose à tous les repas (pour celleux pour qui la nourriture était adaptée, pour les autres rien), on a pas pu se doucher, se laver les dents, changer de vêtements. Après la violence de nos interpellations, on a été poussé.e.s à bout, on s’est foutu de nous, on nous a tout le temps menti, tout le temps tout caché, tout le temps fait miroiter la sortie, pour au final prolonger. Après 70h de détention, on nous annonce que alors qu’on ne se connait pas, on est considéré.e comme étant un « groupe cohérent ». On nous annonce qu’on risque de passer la nuit à Fleury.

Finalement notre détention s’arrête. Grâce au travail de la Coordination contre la répression et les violences policières et des avocat.e.s qui travaillent avec elles.ux, nous sortons, placé.e.s sous un contrôle judiciaire qui nous interdit de nous voir et de communiquer entre nous.

Mais notre contrôle judiciaire a pu être suspendu, et c’est tant mieux car maintenant le procès arrive et nous devons le préparer !
On a besoin de tout votre soutien, d’abord à l’audience, qui sera le 3 mai à 13h30 à la chambre 24-1 du TGI de Paris.
Rassemblement annulé, les avocats ayant demandé le renvoi

Ensuite pour payer les frais de justice de notre procès et de nos plaintes déposées contre le policier, c’est à dire pour payer les avocat.e.s, on a besoin de votre argent ! ça peut être en venant à la soirée de soutien (à venir) ou en donnant ce que vous pouvez à la Coordination : https://www.cotizup.com/stop-repression
Depuis le mouvement contre la loi travail ce genre de procédures à l’encontre des manifestant.e.s se multiplient. L’État use et abuse des dispositifs légaux en place pour intimider, diviser et briser toute forme de contestation.

On ne se laissera pas inculper, on ne se laissera pas enfermer, on ne se laissera pas intimider, on ne cessera pas de manifester !

Des interpellé.e.s du 26 octobre

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