Le piège de la division est trop gros, ne tombons pas dedans !

Ça y est, cette fois c’est fait, un gouvernement décide de supprimer purement et simplement le statut des cheminots et de préparer la privatisation de la SNCF, sur le modèle anglais. Comme d’habitude, on nous sert les mêmes arguments sur les « privilégiés » et « l’égalité républicaine » pour justifier la casse de droits acquis de longue lutte par les agents de la SNCF. Le piège est trop gros, ne tombons pas dedans.

Comme à chaque réforme touchant un corps de métier particulier, l’éternel argument des « privilèges » qu’il faudrait supprimer est répété en boucle par les politiciens et les éditorialistes, et tant pis si la plupart de ces prétendus privilèges sont des légendes urbaines, comme par exemple la prime charbon qui n’existe plus depuis des années ou la prime d’absence de prime qui n’a jamais existé.

Le mode opératoire de la casse sociale est toujours le même. On prend un corps de métiers ou une catégorie de la population donnée, ici les cheminots. On prend les dysfonctionnements du service dans lequel travaille ce corps de métiers, ici les retards des trains, les billets chers ou encore la dette de la SNCF. On identifie quelques droits spéciaux qu’ont les travailleurs de ce corps de métier, ici le statut de cheminot et les droits qui en découlent. On attribue à ce statut tous les maux du Monde, on accuse les personnes en bénéficiant d’être des privilégiés, d’être dans une position injuste vis à vis du reste de la population qui ne bénéficie pas des mêmes avantages. On propose donc la suppression de ces avantages, ici du statut de cheminot, et on prépare le terrain à grand coups de rapport préconisant tout un tas de mesures anti-sociales. Bien-sûr, les éditorialistes s’en donnent à coeur-joie sur tous les plateaux télés, sur toutes les stations de radio pour défendre l’idée d’une privatisation qui serait la panacée, la solution à tous les problèmes et pour dénoncer les scandaleux privilèges dont bénéficieraient les travailleurs impactés par la future réforme.

Et au diable l’idée selon laquelle, au lieu de casser les maigres avantages gagnés et conservés par la lutte, il faudrait songer à accorder les mêmes avantages à d’autres corps de métiers. Non, bien-sûr, le nivellement des droits et acquis sociaux doit se faire par le bas, pas par le haut. L’égalité ce n’est pas le fait d’avoir tous un statut protecteur, mais bien que personne n’ait de tel statut.
Enfin personne, si bien-sûr, les haut-fonctionnaires, les députés, les sénateurs, la haute-bourgeoisie etc, mais eux c’est différent, ils l’ont mérité, et ce ne sont pas des privilégiés, car ils ont de grandes responsabilités. Les cheminots, eux, avec plusieurs milliers de passagers à transporter en toute sécurité chaque jour n’ont pas de responsabilités, c’est bien connu.

La stratégie de diviser pour mieux régner est vieille comme le Monde et Le Prince de Machiavel, publié en 1532, semble encore aujourd’hui inspirer de nombreux chefs d’État à travers le Monde.

Le piège est évident, la manœuvre grotesque. Non, les cheminots ne sont pas les ennemis des autres travailleurs en raison de leurs maigres avantages acquis par la lutte. Non, les migrants ne sont pas les ennemis des SDF français, non, les retraités ne sont pas les ennemis des actifs. Il y a effectivement des privilégiés en France et dans le Monde, mais le privilégié ce n’est certainement pas le voisin qui fait 32 heures payées 35 ou le cheminot qui peut partir un peu plus tôt à la retraite.

Luttons tous ensemble pour gagner de nouveaux droits, ne tombons pas dans le piège de la division.

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