Othis : Après le meurtre de Nantes, les flics et le Parisien allument un contre-feu pour détourner l’attention

Pour minimiser un nouveau meurtre de la police à Nantes juste après la parution du rapport de l’IGPN, quoi de mieux qu’une petite aggression de flics ? Un peu léger ? Pas de souci, le Parisien est toujours prêt à faire monter la sauce pour soutenir la main qui le nourrit !

Plus c’est gros plus ça passe.
Deux jours après le meurtre de Abubakar à Nantes par un CRS et les gros doutes sur la version policière, les flics et les politiciens sont bien en peine de justifier l’action des « forces de l’ordre ».

Une occasion rêvée est tombée vendredi : l’aggression d’un couple de flics en dehors de leurs heures de service. Petit aspect glauque qui rajoute au drama : les deux fonctionnaires ont été tapés devant leur fille.

En spécialiste du montage en épingle c’est évidemment le Parisien qui nous raconte cette histoire :

Le couple de jeunes policiers, 31 et 33 ans, tous deux brigadiers en Seine-Saint-Denis, revenait de vacances, ce mercredi. L’époux de la nourrice de leur fille de trois ans et demi, les ramenait de l’aéroport. La nounou en question, qui demeure à Othis, est aussi une amie du couple et les avait invités à dîner.

Ils quittaient la maison de leurs hôtes, vers 21 heures, et installaient leur enfant dans la voiture lorsqu’ils ont été pris à partie par deux jeunes hommes à bord d’une voiture. Ils ont insulté la mère de famille.
Le mari n’a pas laissé faire et les deux hommes sont descendus de voiture avant de tabasser le couple, sous les yeux de leur fillette. La policière a reçu un violent coup de poing au visage. Son mari, qui a tenté de la protéger, a été envoyé au sol et frappé d’un coup de pied à la tête. Tous deux ont été hospitalisés.

Cette histoire de règlement de compte somme toute banale dans les cités est donc reprise à grand bruit par toute la classe politique. On peut citer en premier lieu notre président national qui a été le premier à réagir.

Evidemment, il n’a pas eu un mot pour Abubakar, pourtant tué d’une balle dans la gorge, la veille.

De même, Collomb s’est empressé de condamner cette agression dans un communiqué, dans lequel il apporte son soutien aux deux policiers et se gargarise des mesures répressives qu’il a prises dernièrement. Rappelons qu’il n’a eu aucun mot de soutien pour les proches d’Abubakar mercredi, condamnant au contraire les « violences » à Nantes ces derniers jours. Il faut comprendre par là que pour lui, la violence n’est pas l’exécution d’une balle dans la gorge, mais quelques voitures brûlées. La classe.

Le syndicat Alliance n’est pas en reste : il multiplie les interventions télévisées et n’hésite pas à parler de « tentative d’homicide ». Allons bon. Ce même syndicat s’est illustré dernièrement en se réjouissant de l’élargissement de la légitime défense pour les policiers dans un communiqué relatif à la mort d’Abubakar.

On remarquera aussi l’insistance sur « le père de famille » et « la mère de famille » pour faire pleurer dans les chaumières. Dans la première version de Nantes les keufs prétendaient aussi avoir agi pour protéger des enfants de la bagnole. Ceux-ci ont vite disparu (et n’ont jamais existé) mais ils n’auraient de toutes façons pas été émus de voir un type se prendre une balle dans la carotide, vous pensez bien dans ces zones de non-droit tout le monde est habitué à la violence (policière ça commence à être le cas). Les personnes tuées par la police sont par contre toujours des prédateurs isolés sans famille qui les regretterait, et si par hasard celle-ci se manifeste elle s’en prend plein la gueule.

C’est aujourd’hui les coups de poing donnés à ces flics qui font la une des journaux.
Même si certain.e.s condamneront moralement, ou seront choqués par ces actes (certain.e.s sont bien sensibles, tout de même), la presse se retrouve à mettre en avant quelques coups de poing pour couvrir un meurtre par balle.
Joli coup.

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