Hommage à Makomé mort assassiné le 6 avril 1993 dans un comico de Paris

Makomé M’Bowolé, 17 ans, né au Zaïre, a été tué par un flic dans un commissariat du du 18° arrondissement le 6 avril 1993. Un hommage et une fresque seront réalisés le 6 avril prochain sur le mur de la rue Ordonner entre Marcadet-Poissonniers et Marx Dormoy.

Les gouvernements changent les violences policières et assassinats restent les mêmes.

L’Huma raconte à l’époque :

Avril 1993. Charles Pasqua vient de réintégrer son bureau de la Place Beauvau, d’où il avait « couvert », en 1986, les « bavures » policières commises lors du mouvement étudiant. Le nouveau ministre de l’Intérieur n’a pas le temps de déballer ses cartons que déjà, à Chambéry, un jeune tombe sous les balles d’un Manhurin, arme de service des gardiens de la paix. La presse a à peine le temps d’en faire état qu’un deuxième est tué. Cette fois, en plein Paris, en plein commissariat, en plein après-midi, alors que le jeune homme aurait dû être libéré à midi, comme l’avait ordonné un membre du parquet.

Arrêté dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 avril, avec deux camarades trouvés en possession de cartouches de cigarettes supposées volées, Makomé M’Bowolé est conduit aux Grandes-Carrières. Placé en garde à vue, il est entendu toute la matinée par l’inspecteur Pascal Compain, décrit par son chef de service comme « un fonctionnaire manquant de ponctualité et de rigueur ». Un fonctionnaire qui, quelques heures après avoir tiré sur le jeune Zaïrois, n’aura pas déssaoulé.

Pour l’instant, il est 12 heures. Makomé doit être libéré, en même temps que ses deux camarades, dont les parents ont été prévenus. Mais la famille M’Bowolé n’a pas le téléphone. De toute façon, l’inspecteur Compain a décidé de faire parler coûte que coûte le jeune homme. Lui faire avouer le vol de vingt paquets de cigarettes. Il l’assoit sur une chaise. Dans son bureau. Lui écrase le canon de son arme de service sur l’arcade sourcilière. Dira, plus tard : « C’était pour lui faire peur. » Vers 16 h 30, le coup part, tiré « à bout touchant appuyé ». Sur le fauteuil, reste le corps sans vie d’un adolescent de dix-sept ans.

Pour le coup il fallait essayer de calmer les gens et la population très choqué par ce meurtre. Il est condamné à 8 ans de prison. Mais beaucoup ne se font pas avoir : les gouvernements changent, les violences policières et les assassinats restent les mêmes.

Interview Botikali M’BOWOLE, père de la victime à la sortie du tribunal :

« C’est un verdict raciste, laxiste »

Le 7 avril et tout la semaine qui a suivi des centaines de personnes affrontent la police.

photo prise lors des manifestations contre la police la semaine qui a suivie l’assassina de Makomé
Charge de la police lors des manifestations suite à l’assassinat de Makomé

Bref un hommage et une fresque seront réalisés le 6 avril prochain sur le mur de la rue Ordonner entre Marcadet-Poissonniers et Marx Dormoy.

Pas de justice pas de paix, bien sûr, quelque soit le ministre de l’intérieur, le gouvernement ou le président, hier comme aujourd’hui !

Localisation : 18e arrondissement

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