De Malik Oussekine à Rémi Fraisse... ni oubli ni pardon !

Ce sont les flics qui tirent, étouffent, matraquent, frappent... d’abord ceux qui subissent ou refusent le système tel qu’il est. Manifestation samedi 6 décembre à 12H au 20 rue Monsieur le Prince, à Paris (métro Odéon) - lieu où a été tué Malik Oussekine.

Il y a 28 ans jour pour jour, Malik Oussekine était tué par la police lors d’une manifestation.
Il y a plus d’un mois, Rémi Fraisse lui aussi a été tué par les flics, lors d’une mobilisation contre le projet de barrage de Sivens.
Il y a quelque temps, ont été tués par la police : Edouard Mazé en 1950, Vital Michalon en 1977, Zied et Bouna en 2005, Moushin et Laramy en 2007, Ali Ziri en 2009, Wissam el Yamni en 2012, Amine Bentousi en 2012, Mourad Touat en 2014, Hocine Bouras en 2014, Abdelhak Goradia en 2014...
La liste est bien trop longue pour écrire tous les noms. Rien qu’entre 2000 et 2014, au moins 127 personnes sont mortes sous les coups de la police.

Ce sont les flics qui tirent, étouffent, matraquent, frappent... d’abord ceux qui subissent ou refusent le système tel qu’il est.
Pour cela, bien sûr, les flics ne sont pas seuls : ils sont armés et payés par l’État, protégés par la justice, ils répondent aux ordres du ministère de l’Intérieur, leurs armements enrichissent de nombreuses entreprises privées... La police est là pour défendre par la violence toute une organisation de la société.

Ce système a plein d’autres manières de nous contraindre, de nous blesser, voire de nous tuer.

Ainsi, il y a la violence de laisser des personnes vivre dans la rue.
Fin novembre, Magomedkhan, 11 ans, est mort dans un parking. Il vivait dans des conditions plus que précaires, sans aucune ressource, avec sa mère et ses trois autres enfants.

C’est la violence des institutions. Violence à te laisser sans un sou ou à te demander de pointer pour en avoir, violence à te contrôler sans cesse, à te menacer de supprimer tes aides : que ce soit le chômage, les allocations logement, les allocations familiales, la sécurité sociale, le RSA...
En février 2013, Djamal Chaar s’est immolé devant son Pôle Emploi.
Ils nous forcent à travailler, ou à chercher un travail, ou au moins à jouer le jeu, à faire semblant d’en chercher un.
Ils voudraient même nous culpabiliser de n’avoir pas d’emploi.

C’est aussi une forme de violence considérable, l’existence de toutes ces personnes qui profitent de notre travail, jour après jour, qui gagnent de l’argent sur le dos d’autres gens. Combien de personnes se cassent le dos au boulot ? Combien sont mortes à cause du travail : directement par accident, ou tués à petit feu, jour après jour ?

Si le geste du chômeur qui s’est immolé peut nous renvoyer à nos solitudes et à nos découragements, il nous montre aussi la nécessité de s’attaquer à cette violence qui nous est faite. Dans l’entraide et la solidarité, que nous éprouvons par bribes au présent et que nous essayons de construire jour après jour, nous voyons un des moyens pour reprendre, ensemble, prise sur nos vies.

Les flics, au chômage !
Ils tuent, ils mutilent, ils contrôlent... y’en a marre !

MANIFESTATION SAMEDI 6 DÉCEMBRE À 12H
au 20 rue Monsieur le Prince, à Paris (métro Odéon) - lieu où a été tué Malik Oussekine

puis, RDV LEME JOUR À 14H
place Stalingrad, à Paris (métro Stalingrad)
pour faire un cortège lors de la manifestation annuelle des chômeurs et précaires

PROCHAINE ASSEMBLÉE : mardi 9 décembre à 19h30 (le lieu sera annoncé prochainement sur Paris-Luttes.Info)

Assemblée en lutte pour Rémi (et les autres)

Localisation : 6e arrondissement

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