Au café librairie Michèle Firk en février/mars 2018

Programme des événements du café librairie Michèle Firk à la Parole Errante, local autogéré de discussions et d’organisations autour du livre et de la Parole Errante.

Le programme des événements à la Parole Errante continue, venez-donc le samedi 24 février au concert de soutien à l’ASMIE (association de soutien aux mineurs isolés) et à d’autres événements, tout le programme est là : http://laparoleerrantedemain.org/

Chez Michèle Firk, on vous invite autour de plusieurs livres en février mars.

http://michelefirk.org/

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Vendredi 23 février 19h30 La démocratie face à l’émeute politique Rencontre et discussion avec Francis Dupuis-Déri, auteur de "La peur du peuple, Agoraphobie et agoraphilie politique"

Nous recevons le 23 février Francis Dupuis-Déri, professeur à l’université du Québec à Montréal, de passage à Paris. Actif dans de nombreuses luttes et réalités anarchistes à Montréal, il est l’auteur notamment de "La peur du peuple, agoraphobie et agoraphilie politique" et de " Les black blocs, la liberté et l’égalité se manifestent" (ouvrages publiés aux éditions Lux).

Dans son livre, Dupuis-Déri repart d’une question fondamentale. Le peuple peut-il se gouverner seul, ou doit-il s’en remette à une élite en mesure de gouverner pour le bien de tous, et qui ne cesse de justifier sa place par "haine de la démocratie" (dont parlait Jacques Rancière) ?

"Le peuple aussi peut avoir peur. De qui ? De ceux (parfois celles) qui désirent le gouverner, prétendument pour son bien, mais qui cherchent surtout à le dominer."

La variété des points de vue (et des attaques) face à tout surgissement démocratique conséquent témoigne selon Dupuis-Déri d’une opposition entre l’ « agoraphobie politique », soit « la peur, la haine ou le mépris du peuple assemblé à l’agora pour délibérer et se gouverner », et « l’agoraphilie politique », soit « l’amour, l’empathie et la solidarité à l’égard du peuple assemblé ». Cette opposition, pas seulement idéelle mais qui divise discours, attitudes, et stratégies politiques au delà du clivage droite/gauche classique, structure le champ politique aujourd’hui et sépare fondamentalement non seulement démocrates et antidémocrates mais surtout agoraphobes et agoraphiles.

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En résumé, par peur ou haine du peuple (se) gouvernant, l’agoraphobie politique propose qu’une élite exerce son pouvoir sur le peuple (domination), alors que l’agoraphilie politique désire que le peuple exerce son pouvoir faire (autonomie), qui est à la fois un pouvoir avec (pouvoir collectif) et un pouvoir du dedans »

Le livre s’appuie sur de nombreux exemples récents, et sur toute l’histoire souterraine des pratiques de démocratie directe et d’anarchie. Il discute aussi toutes les approches actuelles, du comité invisible au mouvement zappatiste en passant par les écrits de Lordon, ou des post-marxistes comme Chantal Mouffe et d’autres. Il pose ainsi de nombreuses impasses stratégiques que rencontres les luttes de ces dernières années, et permet ainsi de les approfondir et les discuter.

"J’ai essayé de comprendre en quoi il y a réellement un lien entre la pratique de l’assemblée et celle de la manifestation ou de l’émeute (même si, évidemment, toute émeute n’est pas précédée d’une assemblée délibérante). J’ai essayé aussi de complexifier l’analyse, en étudiant dans un premier temps comment l’agoraphilie politique (l’amour du peuple assemblé) est traversée par une tension entre une tendance plutôt « assembléiste » et une tendance « insurrectionnaliste », puis, dans un second temps, comment des pratiques insurrectionnelles interviennent en assemblée (par exemple, des lesbiennes perturbant des assemblées féministes pour dénoncer la lesbophobie ambiante), et comment il est possible de s’assembler et délibérer en manifestation, voire en émeute. J’ai aussi rappelé que lors d’insurrections, le peuple très souvent se dote d’espace délibératif (par exemple lors de la Révolution française de 1789, en Espagne en 1936, en Hongrie en 1956, en Argentine au début des années 2000, etc.)."


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Mercredi 28 février 19h30 Série de projections de films de la Russie soviétique "Trois dans un sous sol" d’Abram Room (1927)

Trois dans un sous-sol, URSS, 1927. Réalisé par Abram ROOM, scénario Abram ROOM et Victor CHKLOVSKI. Noir et blanc, muet (cartons en russe, sous-titres en anglais).

Trois dans un sous-sol raconte une, ou plutôt trois relations pas tout à fait conventionnelles qui se déroulent à Moscou dans les premières années de la Russie soviétique.

Sur la rue portant le nom de « petite-bourgeoise » habite un couple, un homme et une femme. Un jour leur quotidien est perturbé par l’arrivée d’un ancien camarade d’armée du mari. Tout le long du film on suit l’évolution des trois rapports en train de se nouer, et la recherche d’un équilibre émotionnel et social.

Nous regarderons ce film, premier d’une série de projections de films populaires de la Russie soviétique, et "trois dans un sous-sol" sera l’occasion de se faire une image de quelques déclinaisons de la vie privée des individu-e-s en Union Soviétique dans les années 20, d’en discuter les représentations et les non-dits, les stéréotypes et les originalités.

Une présentation du film et du contexte de l’époque sera assurée par Léna Smirno.

Venez nombreu-ses-x et n’hésitez pas en parler autour de vous.

Ce film avait été projeté dans le cadre de la rétrospective sur l’URSS des cinéastes proposée par la cinémathèque en décembre 2017.

http://www.cinematheque.fr/cycle/l-urss-des-cineastes-409.html


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Écoute des doc sonores "rock against police" Jeudi 15 mars 20h Un documentaire sonore en 6 épisodes, Épisode 3 : Police hors de nos quartiers ! S’organiser contre les crimes racistes et sécuritaires !

Le premier concert Rock Against Police a lieu dans un squat du 20ème arrondissement de Paris en avril 1980. Cette année là, 8000 jeunes immigrés se font expulser. Et en quelques mois, trois jeunes sont tués par des flics ou des beaufs racistes : Yazid Naïli à Strasbourg, Abdelkader Ghrib à Valenton, Abdelkader Lareiche à Vitry. Pour les « lascars », il faut réagir collectivement face à ces meurtres. L’organisation de ce concert est une première tentative de rencontres entre différents réseaux : habitants de cité de transit, jeunes banlieusards, rockers et punks, squatters et militants de l’autonomie.

Le café-librairie Michèle Firk s’associe au Rémouleur pour proposer d’écouter collectivement, un jeudi par mois, un épisode de cette passionnante série de montages sonores, réalisée à six mains et oreilles. Les trois premiers épisodes seront diffusés à la librairie. Prochaine écoute le 15 mars : épisode 3, « Police, hors de nos quartiers ! »

Jeudi 15 mars 2018 à 20h00, écoute de l’épisode 3 : Police, hors de nos quartiers !

Les trois épisodes suivants seront diffusés les 12 avril, 3 mai, et 14 juin à 20h au Rémouleur, local auto- organisé de lutte et de critique sociale au 106, rue Victor Hugo à Bagnolet
Tous les épisodes sont en ligne sur http://rapdocsonores.org


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Vendredi 16 mars 19h30 Rencontre du paysan impossible et du collectif Hors normes Rencontre avec Yannick Ogor autour de son livre "le paysan impossible" (éd. du bout de la ville)

"Le paysan impossible" revient sur 60 ans de prise en charge par l’État et l’Europe de l’industrialisation de l’agriculture. A rebours de l’idéologie anti-libérale, il décrit comment l’activité agricole est devenue administrée par tous les pores, au seul profit de l’agro-industrie.

C’est aussi l’histoire de 60 ans de luttes paysannes systématiquement intégrées à un système de cogestion entre syndicats et administrations. Une cogestion qui a pour seul résultat de pacifier la violente élimination des paysans. Il s’arrête notamment sur les vingt dernières années et la manière dont l’écologie est devenue un moyen d’accélération de l’industrialisation de l’agriculture. Il explique comment les normes sanitaires et environnementales, défendues par la gauche paysanne pour enrayer le productivisme, participent de l’élimination des fermes les plus modestes et renforcent les empires agro-alimentaires.

Un livre qui cherche à retrouver les chemins d’un conflit étouffé par le spectacle médiatique des luttes.

Yannick Ogor est éleveur et maraîcher en Bretagne. Il a démissionné en 1999 de la Confédération Paysanne. Il participe aujourd’hui à la constitution d’un collectif d’agriculteurs et d’agricultrices contre les normes.

https://paris-luttes.info/a-notre-dame-des-landes-comme-9525


Les locaux de la Parole Errante appartiennent au conseil départemental (CD) de Seine-Saint-Denis. Le bail se termine toutefois, et le collectif de la Parole Errante demain s’est constitué pour que les suites de la Parole Errante s’inventent à partir de l’existant et surtout à partir de la multiplicité d’initiatives et d’expériences culturelles, sociales et politiques accueillies ces dix dernières années dans ce lieu. Nous ne sauverons l’existant qu’à le réinventer ! Continuons de prendre la parole !

P.-S.

Le Café librairie Michèle Firk est ouvert du mercredi au samedi de 15h à 20h, par un collectif de bénévoles qui y discutent, s’y organisent, et invitent qui le souhaitent à prendre un café, participer, proposer des événements.. On est au 9 rue François Debergue à Montreuil, métro croix de Chavaux.
//michelefirk.org

On est sur Facebook pour la librairie et la parole errante.

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