Occupation à Paris VII : une première semaine intense

Ce mardi, des étudiant.e.s de l’université Paris-Diderot ont investi les salles 123C et 125C afin d’en faire un espace autogéré. Voici le communiqué de ses occupant.e.s.

compte-rendu de la première semaine dans l’article.

Nous, collectif d’étudiant•e•s, d’enseignant•e•s et de travailleuses•eurs occupons les salles 123C et 125C du Bâtiment Halle aux Farines de l’université Paris Diderot - Paris VII.

Nous revendiquons un espace autogéré, ouvert à tou•te•s. C’est un lieu de vie en dehors des cadres institutionnels. Nous refusons d’avoir à appartenir à une association pour devoir nous investir dans la vie de la fac, et voulons également construire un espace porteur de projets, de luttes et de réflexions sur l’éducation, la société et nous-mêmes.

Nous dénonçons la séparation des étudiant•e•s en fonction de leur capital, comme avec l’ouverture d’un espace de co-working au sein des bâtiments de la fac, qui se prétend un espace ouvert mais qui oblige à la consommation à des prix inabordables, ou encore comme le FabLab dont l’accès est payant. Comme beaucoup d’autres, nous ne nous retrouvons pas inclus•e•s dans ces espaces, et c’est pour cela que nous nous approprions un lieu.

Nous voulons décider en nos termes de l’occupation de la salle, pouvoir l’aménager selon nos envies et besoins et pouvoir y accéder sans restrictions aucune, que l’on soit de la fac ou non, parce que nous pensons que ce n’est qu’en s’appropriant les espaces dans lesquels nous évoluons que nous pouvons pleinement nous construire et nous instruire. Le savoir ne doit pas être une marchandise, l’éducation ne doit pas être une commodité !

Nous voulons que cette salle soit cédée à durée indéterminée aux étudiant•e•s de la fac, et qu’elle soit entièrement gérée par elleux, sans interventions de l’administration, et sans association ou groupement officiel.

Pour que ce lieu soit le plus accueillant possible, sont exclus tous comportements sexistes, racistes, homophobes, transphobes ou oppressifs quels qu’ils soient. Nous souhaitons créer un lieu propice à la construction d’un futur qui ne se résume pas à devoir se trouver un emploi et une place dans les normes.

Nous souhaitons que ce lieu soit aussi une base pour construire la lutte contre la sélection à l’université et le système "méritocratique" qu’elle représente.

Nous appelons à la solidarité des travailleuses•eurs et des étudiant•e•s, pour nous aider à construire ces espaces partout où nous nous trouvons.

Nous revendiquons la liberté pour tout•e•s les prisonnières•ers de la Loi Travail,

Nous revendiquons l’arrêt immédiat des poursuites et expulsions des personnes sans-papiers,

Nous revendiquons l’arrêt immédiat des grands projets inutiles et imposés comme les projets Cigéo à Bure et d’aéroport de Notre Dames Des Landes,

Des étudiant•e•s, enseignant•e•s et travailleuses•eurs de l’université Paris Diderot - Paris VII et leurs soutiens.

Compte-rendu du mardi soir : Avec une quarantaine de camarades, nous occupons les salles 123c et 125c de l’université Paris Diderot depuis mardi matin 10h dans l’objectif de créer un foyer étudiant autogéré. L’assemblée générale a choisi de le nommer « La Louise Michel ». Nous avons établi l’emploi du temps pour les 3 jours à venir.

Nous avons déposé nos revendications à la présidence de l’université vers 11h puis l’emploi du temps vers 16h. Aux alentours de 19h, la directrice générale des services, l’adjointe à la directrice générale des services chargée de la sécurité et des équipements et le responsable de la sécurité, sont venu·e·s négocier avec nous. Iels nous ont proposé de conserver la salle pour 3 jours sans accord écrit, chose que nous avons déclinée. La directrice a refusé de nous accorder un accord écrit pour le simple fait que ça l’agaçait qu’on ne lui fasse pas confiance. Iels ont insisté sur le fait que l’université ne pouvait ouvrir une salle sur simple demande d’étudiant·e·s, et qu’il fallait impérativement passer par des procédures administratives longues, ne répondant pas au besoin urgent d’ouvrir une salle sur la fac. Nous passons donc notre première nuit à l’université. Nous organisons aujourd’hui une Assemblée Générale pour définir une stratégie afin d’obtenir de manière pérenne un foyer étudiant autogéré pour toutes et tous.

Venez tou·te·s dès aujourd’hui pour animer l’occupation et construire le rapport de force. Votre présence de nuit est fondamentale afin de ménager les forces du collectif jusqu’à l’obtention d’un accord avec l’administration. Dans le cas échéant nous appellerons à un rassemblement vendredi après midi, sur l’esplanade de Paris VII.

Depuis toutes les ZAD aux espaces libérés, le savoir se partage et se défend. Quand ils le privatisent, il est urgent de ne pas rester sur des constats, et aujourd’hui est une occasion de renverser le rapport de force !

Compte-rendu du mercredi soir :

Avec une quarantaine de camarades, nous avons poursuivi l’occupation des salles 123C et 125C de la Halle aux Farines, à l’université Paris VII, baptisées La Louise Michel. A midi, des camarades du CSA d’Ivry (Vaydom) ont organisé une cantine végétalienne à prix libre, nous apportant un fond de soutien suffisamment important pour continuer dans de bonnes conditions la suite de l’occupation. S’est tenue à 14 heures une AG où nous avons débattu de la situation actuelle de la salle. À 16h30, les représentant•e•s de la présidence sont passé•e•s avec un formulaire nous proposant de nous laisser la salle jusqu’à ce vendredi 19 janvier. Ielles ont proposé de stopper l’occupation pour le week-end avec la possibilité de récupérer notre salle lundi matin. La présidence souhaiterait que nous prenions rendez-vous avec le Bureau de la Vie Étudiante pour débattre de notre projet. Elle nous propose de disposer d’une salle à durée déterminée, ces miettes ne nous siéent guère. Pour dire les choses encore plus simplement, nous sommes revenues au point de départ. Le formulaire n’ayant rien d’officiel vis à vis de l’ensemble de la fac, il a exactement la même valeur qu’une promesse orale. Nous prendrions le risque de perdre la salle si jamais nous acceptions ces revendications étant donné que nous n’avons aucune garantie quant à la fiabilité de leur parole. Nous avons donc décidé de décliner leur offre puisque nos exigences sont d’avoir un foyer universitaire autogéré par les étudiant•e•s, les enseignant•e•s et les travailleuses•eurs sans passer par les structures de la fac. C’est pourquoi, ce soir nous occupons à nouveau la salle Louise Michel !
Un texte d’appel au corps enseignant de Paris VII a été envoyé.

Nous appelons à un rassemblement ce vendredi 19 janvier à 18 heures pour maintenir la pression avec un maximum de soutien possible.

Compte-rendu au jeudi soir :

Mercredi, nous avons décliné l’offre d’une demande ponctuelle de salle et aujourd’hui il n’y a pas eu de contact avec l’administration.
Des professeur·e·s, ont commencé à répondre à notre appel à soutien, sont passés voir le foyer et ont discuté avec les occupant·e·s dans un cadre informel. Des travailleur·euse·s de la faculté ont aussi passé du temps devant ou dans la salle.

Dans l’après-midi, de nombreuses personnes ayant entendu parler du foyer sont passées, et ont participé à la conception d’un nouveau tract qui sera bientôt distribué. La soirée a suivi avec un atelier d’autodéfense numérique.

Des personnes ont aussi assisté à la manifestation organisée par les lycéens de Bergson, contre la présence de la police dans les lycées. Une discussion à ce sujet sera organisée à 14h vendredi.
Ce soir, nous occuperons de nouveau la salle Louise Michel ainsi que ce weekend. Un programme de la semaine prochaine est en préparation.

Un rassemblement se tient vendredi 19 janvier à 18h sur l’esplanade pour montrer notre détermination et exiger de l’administration qu’elle réponde enfin à nos revendications.

Suite à ce rassemblement, nous communiquerons sur le reste de nos actions.

Les occupant·e·s du Foyer Universitaire Louise Michel

Compte-rendu du vendredi soir :
Comme d’habitude cantine vegan le midi, mais peu de monde sur la faculté pour venir manger.

Un rassemblement a eu lieu à 18:00 sur l’esplanade afin de faire pression sur l’administration qui fait la sourde oreille (aucun-e de ses représentant-es n’est passé-e aujourd’hui). Nous sommes montés dans leurs locaux mais iels étaient déjà parti-es (18h un vendredi comprenez...)

Des camarades sont resté-es dormir ce soir encore une fois. Mais surprise ! Le courant, qui avait déjà été partiellement coupé la première nuit, est maintenant totalement coupé dans la salle (y compris les prises d’urgence).

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