Communiqué pour un 8 Mars politique et révolté

Vendredi 8 Mars, collectifs et autonomes s’organisent pour une marche de nuit à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes. Cette journée a trop de fois été instrumentalisée par des féministes universalistes et institutionnelles qui reproduisent des schémas de discrimination racistes et stigmatisants. Aujourd’hui comme d’autres années, initiée par le« collectif un 8 Mars pour toutes », nous appelons à une marche de nuit politique, inclusive et révoltée en mixité choisie (sans mec-cisgenre).

Marche de nuit du 8 mars 2019 : Venez lutter avec nous !

Pourquoi ?
Pour créer un espace dédié à ceulles en colère, qui veulent manifester ensemble pour la journée de lutte pour les droits des femmes. Comme d’autres avant nous et comme ailleurs, nous nous retrouverons la nuit à Belleville. C’est dans nos espaces de vie que nous voulons ancrer nos luttes, et non dans les quartiers riches. Nous nous réapproprions la nuit et la rue, qui nous sont habituellement interdites par le cispatriarcat. On nous fait croire qu’on devrait les craindre. C’est nous qui allons faire peur !
Depuis toujours et en tout temps, les travailleur.ses du sexe se battent pour que la rue reste leur, reste nôtre. Pour que la nuit reste leur, reste nôtre. Pour que leurs corps, nos corps, restent libres.
Ce 8 mars nous voulons les rejoindre et affirmer notre présence à leurs côtés. Notre reconnaissance pour les luttes qu’iels ont porté.e.s. C’est pourquoi nous nous rassemblerons à Belleville à leur côté. Comme le collectif du 8 mars pour tou.t.e.s avant nous, nous choisissons de faire perdurer ce symbole en nous réunissant ici.

Nous percevons la nécessité de nous organiser collectivement et radicalement à l’heure où l’État, sa Police et ses institutions capitalistes, patriarcales et racistes tuent, violent, précarisent, discriminent les femmes et genres minorisés ; où les violences obstétriques-médicales envers les personnes trans et intersexe se multiplient ; où les oppressions islamophobes font l’objet de lois ; où les luttes féministes sont instrumentalisées à des fins validistes, classistes, racistes ; où la France « Terre d’accueil », maintient des politiques migratoires violentes et excluantes dont les personnes de genres et orientations sexuelles stigmatisés sont les plus victimes ; où les personnes trans, gender fluides, bi, non-binaires, lesbiennes, grosses et en situation de handicap restent encore invisibilisées et stigmatisées.
Nous luttons pour un renversement total de l’ordre blanc cis-hétéro patriarcal dont le régime hétérosexuel, la dictature du genre, le racisme et le capitalisme constituent les organes. Nous luttons contre les pratiques des instances qui alimentent ces systèmes d’oppression. Ce pour quoi nous dénonçons les pratiques répressives des États-Nations, des gouvernements droitistes, de la Police, des organisations fascistes et refusons la présence de toutes leurs représentant.e.s.

Ce soir du 8 mars, nous prendrons la rue que l’on essaye de nous interdire tout le reste de l’année. Nous nous l’approprierons afin de lutter pour nos droits, femmes et genres minorisés. C’est pourquoi, dans le but de renverser ce rapport de force, nous décidons de mener cette marche en mixité choisie sans hommes cisgenres. Cela signifie que les personnes assignées hommes à la naissance et se reconnaissant hommes ne marcheront pas à nos côtés. Vous, alliés hommes cisgenres et pro-féministes, restez chez vous. Laissez-nous la rue dont vous nous avez déjà trop privé.e.s. Cependant, nous ne sommes pas la "police du genre" et n’obligeront personne à s’outer pour justifier sa présence à la marche. Aucune tentative de comportement discriminatoire ne sera tolérée : un service d’ordre y veillera drastiquement. N’hésitez pas à y faire appel au moindre souci.

RDV au métro Belleville à 19h.

Au besoin, un camion sera à disposition pour les personnes ayant des difficultés à faire la marche à pied.

Tant qu’il le faudra, nous resterons al, déters, féministes et révolutionnnaires !

Mots-clefs : anti-sexisme | femmes

À lire également...