Aider une personne qui fait une crise d’angoisse ou un shutdown en manif

Les manifestations sont des endroits extrêmement fatiguant aussi bien émotionnellement que physiquement, et vecteur de beaucoup d’angoisse. Il n’est pas rare de tomber sur des personnes entrain de faire une crise d’angoisse, de pleurer, en surcharge sensorielle… Cet article est un petit guide pour vous aidez à être mieux préparé.e à réagir face à ces situations et à accompagner aux mieux les camarades dans le besoin.
Article paru sur Expansive.info

Je vais me concentrer ici sur les crises d’angoisses et shutdowns (def. plus loin), bien que certains des conseils donnés ici soient applicables dans plein d’autres situations.
La liste est loin d’être exhaustive, et il faut surtout savoir s’adapter aux situations et aux personnes. Le plus important va être d’être bienveillant.e et à l’écoute, de ne pas porter de jugements sur l’état de la personne.

Vous pouvez vous préparer à l’avance en emmenant de la nourriture, des objets sensoriels (stim-toys), des masques, de l’eau…

Conseils applicables dans la plupart des situations :
Vous pouvez….

  • commencer par vous présenter. Prénom, âge, pronoms… et proposer à l’autre de faire de même s’iel le souhaite afin d’établir une relation de confiance
  • emmener l’autre dans un endroit calme si cela vous est possible
  • poser des questions simples par lesquels on peut répondre par oui ou par non
  • vous assurer que l’autre est consentant.e avant tout contact physique (à moins que l’urgence de la situation ne l’empêche, mais penser à vérifier après que personne ne l’a mal vécu)
  • regarder si la personne à des affaires prévues spécialement pour ces situations (ventoline*, numéro à contacter, casque anti-bruit, objet rassurant…)
  • vous exprimer de façon calme et rassurante
  • proposer de contacter un.e proche
  • vous montrer bienveillant.e et ne pas minimiser le ressenti de l’autre
  • le.a faire s’asseoir si possible

Crise d’angoisse

Une crise d’angoisse ou de panique est une période brève d’extrême détresse, anxiété, ou peur qui commence brutalement et est accompagnée de symptômes physiques et/ou émotionnels.
Quelques symptômes : vertiges, sueurs, tremblements, sensation de suffocation, déréalisation, dépersonnalisation, nausées, etc.

Une personne en pleine crise d’angoisse peut présenter des difficultés à respirer correctement, l’une des priorités va donc de lui garantir un accès à l’air. Vous allez donc essayer de l’éloigner un maximum des lacrymos (en suivant les consignes, ne pas se frotter les yeux et le visage etc.). Si vous êtes bloqué.es dans un endroit sans issus avec des lacrymos, offrez lui un masque ou un foulard.
Dans un endroit avec un air sain, vous pouvez lui proposez différentes techniques de respiration. Sois en lui donnant des instructions à voix haute (inspire, expire…), ou en le.a faisant caler sa respiration sur la votre.
Si jamais iel n’arrive vraiment pas à retrouver une respiration normale, vous pouvez contacter les secours ou demander l’assistance des médics en criant ‘‘médics’’.
Pour calmer l’angoisse de la personne vous pouvez lui proposer différents exercices. Par exemple, demandez-lui de décrire un endroit réconfortant pour iel, à quoi ressemble l’endroit ? Est-ce en intérieur ou en extérieur ? Y a-t-il d’autres personnes présentes ? Etc.
Vous pouvez aussi demander de décrire la situation actuelle, qu’est qu’il y a autour de vous, quels odeurs, personnes etc. Cette technique est censée aider à s’ancrer dans la réalité et à revenir à ses sens.
Bien entendu, n’utilisez cette méthode que si vous avez pu vous extraite de la situation anxiogène.
Vous pouvez aussi essayer d’identifier le déclencheur de la crise (ex. la foule, la police, les personnes blessées, les détonations…) même si ça ne sera pas forcément évident puisqu’il s’agit souvent d’un tout plus que d’une chose précise. Identifier la situation anxiogène permettra d’éloigner la personne et de la rassurez vis à vis de son angoisse. Ne forcez pas à l’autre à s’exprimer sur la raison de son anxiété, ce qui ne ferait qu’empirer son état. Soyez à l’écoute de ses besoins, vous pouvez aussi proposer de parler ce qui vient de se passer par la suite avec la personne.

Note

Le guide en version fanzine

Image de la vignette : Extrait de totope la taupe

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