Des actions de solidarité avec les postiers grévistes

Compte-rendu d’actions de solidarité avec les postiers grévistes, dans le 92 et sur Paris la semaine dernière.

Vendredi 6 juin, un groupe d’usagers mécontents a rendu visite, vers 10 heures du matin, au bureau de poste de la rue Capucine à Paris (tout près de l’Opéra). Le responsable du bureau n’était pas là et la guichetière à qui nous nous sommes adressés nous a dit qu’il viendrait peut-être vers 11 heures, mais que sans doute il fallait revenir l’après-midi. On lui a fait remarquer que nous avions aussi d’autres occupations, mais elle a promis de laisser notre tract sur son bureau afin qu’il fasse remonter notre message et notre mécontentement à sa hiérarchie. La discussion qui s’en est suivie a permis à la dame de comprendre les raisons de la grève et elle nous a manifesté sa pleine solidarité. Ensuite notre tract a été distribué aux usagers, aux passants et à plusieurs des femmes de chambre qui manifestaient contre l’hôtel Hyatt et l’hôtel Crillon et contre la sous-traitance qui a cours dans le nettoyage.

Samedi 7 juin, vers 11 heures, nous nous sommes rendus au bureau de poste la place Jean Jaurès à Rueil (92). Il y avait le marché sur la place et une queue très longue qui sortait du bureau de poste. Nous avons distribué notre tract aux usagers en attente et à ceux qui s’apprêtaient à s’y mettre à leur tour. Les guichetières ont été très compréhensives, malgré le stress et nous ont informés du fait qu’il n’y avait pas de responsable. Si nous souhaitions en rencontrer un, il fallait aller jusqu’au centre de distribution de l’avenue Paul Doumer, un peu plus loin. Nous avons d’abord arrosé les usagers en attente et ceux qui poireautaient devant le bureau, généralement stressés, parfois essuyant des regards assassins (chez ceux qui refusaient le tract) et parfois ayant la possibilité d’entamer une bonne discussion avec des gens excédés : notre idée que les responsables de leurs malheurs étaient les dirigeants de la Poste a semblé en convaincre plus d’un.

Nous avons ensuite rejoint le centre de distribution où nous sommes tombés sur un jeune homme aux cheveux très courts qui s’apprêtait à partir en vélo et s’est présenté comme le responsable du centre. Nous lui avons expliqué le sens de notre démarche et avons demandé qu’il fasse remonter notre protestation ; on a tout de suite entamé une discussion sur les raisons de la grève et nous avons eu droit à toute la panoplie des arguments de la direction, que de toute évidence ce monsieur partageait. A toutes nos remarques, il répondait invariablement : « la direction a décidé que… ». Le licenciement de Sandrine lui semblait un fait mineur qui ne justifiait pas 4 mois de grève menée pas un groupe d’acharnés. On lui a fait remarquer que la direction de la poste cherchait des boucs émissaires, laissait pourrir le conflit et, si c’était tellement mineur pour quelle raison elle ne satisfaisait pas les revendications des grévistes ? On ne tient pas une grève 4 mois pour des raisons mineures ; il devait avoir sans doute aussi des problèmes de fond même s’il ne voulait pas les voir.

D’autres salariés sont passés entretemps, sans doute encore plus jaunes que le premier, dont un est arrivé à revendiquer la privatisation de l’entreprise et la dégradation des services : « on n’est pas au pays des oui-oui… » Toutes ces discussions devant le centre ont amené enfin la responsable à sortir pour voir qui détournait ses hommes du travail et là encore – mais sur un ton moins agressif – on a eu droit aux arguments de la direction : ça fait quinze ans qu’à Rueil il n’y a pas eu de restructuration, le courrier baisse, il faut réorganiser le travail…, mais quand on lui a demandé comment il était possible que le travail ne cesse d’augmenter si le courrier était en baisse, elle n’a pas donné de réponse. Elle avait l’air de ne pas se sentir à l’aise face à nos constats sur la dégradation du service et nos remarques d’usagers. Elle a tout de même promis de transmettre à sa hiérarchie l’expression de notre mécontentement.

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