Sur les suites de l’enquête judicaire concernant l’éborgnement de Laurent Theron par une grenade policière

Laurent Theron est mutilé par la police le 15 septembre dernier, sur la place de la République, en fin de manifestation contre la loi Travail. Dans un récent article, Libération revient sur des éléments de l’enquête judiciaire en cours.

Le 15 septembre dernier, Laurent Theron, manifestant de 46 ans, est éborgné par une grenade de désencerclement policière lors de la manifestation parisienne contre la loi Travail.

Paris Luttes Info avait notamment relayé l’appel à la caisse de solidarité.

Cette nouvelle "affaire" avait eu un certain écho médiatique. L’IGPN avait rapidement été saisie [1] et une enquête judiciaire était ouverte.

L’instruction poursuit son cours mais quatre mois après les faits, un article de Libération informe de l’avancée de l’enquête judiciaire.

Libération rappelle que le policier CRS auteur du lancer de grenade a très vite été identifié. Il s’agit d’un certain Alexandre M., mis en examen début janvier pour avoir « volontairement causé des violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente ».

On y apprend que ce policier n’était ni formé au maintien de l’ordre ni habilité à utiliser cette arme. Aucune règle d’usage n’a été respectée. Les charges sont accablantes et la hiérarchie policière tente semble-t-il de se dédouaner au maximum.

Au delà de cet incident dramatique pour Laurent Theron, rien ne laisse apparaître chez l’institution policière une quelconque remise en cause générale de l’arme en question.

Un cadre de la police interrogé par Libération parle d’une arme « très utile », dont il serait difficile de se passer.

Ne manquant pas de culot et laissant apparaître une certaine satisfaction (?)

Olivier Pouchin, chef des CRS de l’agglomération parisienne décrit les grenades de désencerclement comme la « bête noire » des groupes violents.

Alors que cette grenade est susceptible de causer des blessures irréversibles [2], nous assistons progressivement à l’idée sous-jacente que la mutilation de l’oeil de Laurent Theron ne reste au final qu’un triste concours de circonstances (de la chaîne de commandement policière à l’action criminelle du fonctionnaire CRS Alexandre M.).

Le titre de l’article de Libération, en reprenant les propos de l’avocat de Laurent Theron, illustre déjà très bien ce processus : “Comment ce policier a pu se retrouver en possession de cette arme ?”.

Est-ce donc uniquement le manque de formation à l’usage de cette arme de ce pauvre policier qui doit nous mettre en colère ?

Règles d’usage respectées ou non (jet au sol autorisé par exemple), il est plus que nécessaire de continuer d’informer sur la dangerosité de la grenade de désencerclement et de promouvoir son interdiction totale, au même titre, notamment, que le LBD40. Il n’est donc pas question de suggérer une meilleure utilisation de ces grenades.

Avec ces armes en main (LBD40, grenade de désencerclement), la Police risque de nous mutiler à jamais. Protégeons nous.

P.-S.

Pour en savoir plus sur cette arme, (re)lire « Autopsie de la grenade de désencerclement » : https://paris-luttes.info/suite-au-1er-mai-autopsie-de-la-5556

Notes

[1Le service d’inspection générale de la police nationale. Autrement appellée « la police des polices ».

[2Romain D. a passé plusieurs semaines dans le coma à la suite d’un jet au sol de cette même grenade en mai dernier lors d’une manifestation à Paris.

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