Stratégie de la tension et vengeance d’État : généalogie d’une imposture

[Brochure] Le 28 avril 2021, le gouvernement français annonçait avoir ordonné l’arrestation de dix anciennes et anciens militants révolutionnaires italiens réfugiés en France ayant jusqu’ici bénéficié de la « doctrine Mitterrand ». Cette chasse au sorcière pourrait bien sceller une longue vengeance d’État amorcée au milieu des années 1970 par la promulgation de lois spéciales pour criminaliser et écraser la contestation en Italie.

Le nouveau gouvernement technocratique « d’union nationale » dirigé par Mario Draghi a décidé d’intégrer la droite dure et l’extrême droite en confiant des ministères et des cabinets à la Lega Nord et à la droite radicale conservatrice berlusconienne. Nul ne peut douter des objectifs d’un tel gouvernement : l’offensive bourgeoise contre le camp des travailleurs sera violente et l’austérité sans concession. Elle fera naître des mouvements de résistance et de contestation considérables. Pour les affronter, les gouvernements successifs espèrent en finir une bonne fois pour toutes avec l’héritage porté, souvent en exil, par les anciens acteurs du mouvement révolutionnaire qui a fait trembler la bourgeoisie italienne pendant lesdites « années de plomb ». Faire table rase du passé pour mieux écraser le présent et museler le monde d’après, en quelque sorte. En poursuivant sa politique de vengeance contre les anciens militants révolutionnaires, l’État italien cherche à couper la jeunesse révolutionnaire de ses aînés. En isolant et en brisant la vieille garde, elle entend enterrer un héritage politique dérangeant et à désarmer la jeune garde. Nous ne laisserons pas faire.

Pour comprendre la supercherie tragique qui se joue sous nos yeux, il importe de revenir sur la période particulière qui a vu l’émergence des mouvements et des militants ciblés par l’État italien et son projet de vengeance. Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire de la séquence politique ouverte après mai 68 en Italie ni de la doctrine Mitterrand. Cette brochure n’a aucune ambition, sinon celle de fournir quelques outils pour mieux comprendre les racines historico-judiciaires de la chasse aux sorcières qui a coûté leur liberté à des centaines de camarades de l’autre côté des Alpes et, plus proche de nous, à Paolo Persichetti et à Cesare Battisti – et, pourquoi pas, en tirer des leçons face à ce qui nous menace. Le premier s’était réfugié en France en septembre 1991 et a été extradé en 2002, puis placé en régime de semi-liberté en 2008 sans aménagement de peine. Le second s’était réfugié en France en 1981 avant de fuir au Brésil en 2004 pour échapper à l’extradition. Arrêté en 2007, libéré en 2010, de nouveau menacé d’extradition en décembre 2018, il a finalement été arrêté en Bolivie le mois suivant et extradé en Italie, où l’isolement et la torture quotidienne du système carcéral l’ont brisé. Cette chasse aux sorcières est sur le point d’être menée à son terme : le 28 avril, l’État français annonçait avoir ordonné l’arrestation de dix anciens militants révolutionnaires sexagénaires et septuagénaires réfugiés sur son sol. Ils et elles risquent d’être offerts par le gouvernement français à l’État italien.

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Liberté pour Roberta Cappelli. Liberté pour Giorgio Pietrostefani. Liberté pour Narciso Manenti. Liberté pour Marina Petrella. Liberté pour Giovani Alimonti. Liberté pour Enzo Calvitti. Liberté pour Sergio Tornaghi. Liberté pour Luigi Bergamin. Liberté pour Maurizio di Marzio. Liberté pour Raffaele Ventura.

https://www.youtube.com/watch?v=lWu0KdDrtLg

Note

Cette brochure a été rédigée par le Groupe Révolutionnaire Charlatan. Contact en quatrième de couverture.

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