Sabotons la machine Dublin !

Communiqué du collectif La Chapelle Debout. « Stop à la déportation de Farhad ! »

Lundi 13 mars à 11h15, Farhad sera embarqué sur le vol Paris-Oslo pour être ensuite déporté en Afghanistan.
Depuis le 27 février, il est enfermé au Centre de rétention du Mesnil-Amelot, le vestibule de l’aéroport en matière d’expulsion. Il a refusé d’être embarqué une première fois, ce qui signifie que ce lundi, la police pourra avoir recours à la force et le baillonner pour l’embarquer.
Farhad a travaillé pour l’ONU, terrain de jeu des dits droits de l’homme occidentaux, en Afghanistan. Comme beaucoup de personnes dans sa situation, il risque en arrivant là bas d’être emprisonné, persécuté voire tué.

Farhad a demandé l’asile en Norvège, il lui a été refusé.
En France, comme beaucoup d’autres personnes, Farhad a dormi entre les grilles du centre Hidalgo flambant neuf pendant 7 jour dans l’ espoir de ne plus être à la rue. Après une bagarre et une tentative de passage en force et l’intervention de la police, les exilé.es présent.es dans la queue se sont vu.es retirer le ticket qui leur offrait la possibilité de rentrer par Emmaüs et Utopia 56, toujours moins prompts à dénoncer les institutions qui les financent en même temps qu’elles persécutent les migrants.

Farhad a donc perdu sa place dans la file d’attente en barbelés « humanitaires ». Il est parti pour Lille avec l’intention d’y demander l’asile et il a été arrêté sur la route. Lors de son transfert du CRA de Lille à celui du Mesnil-Amelot, il a été insulté par les policiers et lui ont tiré dessus au taser. Son parcours n’a rien d’isolé et bien qu’il se banalise il reste plus que jamais inacceptable.

Du reste Farhad souffre d’une hépatite B et de calculs rénaux. Il n’a été soigné dans aucun de ces pays. Au CRA, il fait des recours devant les juridictions nationales (tribunal administratif, juge des libertés) mais aussi européennes (Cour européenne des droits de l’homme). Il s’est systématiquement vu opposer un rejet, la justice corroborant visiblement la théorie selon laquelle l’Afghanistan serait un "pays sûr". Hypocrisie sans limite : hier, le 8 mars, un énième attentat avait lieu à Kaboul.
L’Afghanistan est en fait et surtout l’un des pays avec lequel l’Union Européenne a conclu des deals financiers en septembre dernier : les retours, forcés ou "volontaires", des exilé.es sont monnayés à l’Afghanistan par l’aide européenne. Comme une bourse à la déportation sous couvert d’aide au développement. L’Allemagne, la Suède et la Norvège ont depuis commencé des déportations de masse.

Le 10 novembre dernier, à 2 jour du 40e et dernier jour de sa rétention, Roman était déporté après qu’il ait par 3 fois, soutenu par notre mobilisation, refusé de monter dans l’avion pour Oslo. Deux jours plus tard, c’est la Norvège qui l’emmenait de force à Kaboul. Deux semaines plus tard, repéré, il était attaqué par les personnes qu’il avait fuies. Depuis il vit reclus dans la peur, le désespoir, la pauvreté.

Ce que nous dit cette déportation, comme toutes les autres, c’est que seule l’action politique peut espérer stopper le pire, quand le Droit est une arme qui est détournée contre ceux qui en ont le plus besoin et quand les associations françaises (FTDA, Secours Islamique, Emmaüs, La Croix Rouge....) comme norvégiennes (NOAS), les organisations (OIM) et ONG internationales (NRC) sont tour à tour supplétifs, collaborateurs ou exécutant des politiques décidées par et pour les pays européens les plus riches, si fiers d’importer leur État de Droite à coup de bombes et de drones.
En Allemagne, autre pays dealeur, des manifestations ont récemment eu lieu dans des aéroports pour protester contre les déportations en masse des afghans.

Nous devons comprendre en France que ces accords n’ont pas été signés pour déporter les personnes unes à unes, mais que l’on va vers une généralisation et une normalisation de la déportation. Cazeneuve ne s’en vantait-il pas ?
Nous devons nous organiser pour empêcher de telles expulsions !
Nous vous pressons aujourd’hui d’être présent.es lundi 13 mars dès 9h à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle, terminal 1.
Pour prévenir passagers et personnel de la présence d’un demandeur d’asile sur leur vol.
Pour les informer de leur pouvoir d’empêcher sa déportation en refusant qu’il embarque avec eux.

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