L’unité nationale, arme de guerre

Ne tombons pas dans le piège dont les deux mâchoires sont le patriotisme civilisé sous pavillon français, ou la sauvagerie armée sous pavillon sacré. Essayons de briser ces discours, ce scénario qui nous est proposé, ce consensus sur le choc des civilisations, cette instrumentalisation nationale, cette foire ouverte aux lois répressives.

Nous nous battrons contre toutes formes de racisme, comme contre toutes formes d’homophobie, de sexisme, contre l’État et ses lois liberticides, plus généralement contre le capitalisme.

Qui dit unité nationale dit front. Qui dit front, dit deux camps. À partir du moment où l’on est conscient de cela, sommes-nous obligés de choisir l’un ou l’autre ? Le « stylo démocratique » ou la « kalash sauvage » , la République ou la charia, le racisme et le sexisme structurel ou décomplexé ? L’unité nationale n’est que bon à rendre le travail du front national ou de l’État plus simple et de permettre sa marge de manœuvre plus grande.

Si l’union doit exister cela devrait être contre l’État, pour combattre les violences du système capitaliste et des États occidentaux, la colonisation, là où des milliers de personnes crèvent et dont tout le monde se fout, et/ou combattre les interventions françaises pour défendre des États dictatoriaux, comme celle au Mali contre les islamistes, motivée uniquement par l’uranium sur place, etc.

Si l’unité doit vivre, ce serait pour combattre les lois « anti terroristes » qui constituent surtout des outils pour nous contrôler, pour nous diriger. Si l’unité doit vivre, ce serait pour contrer cette dualité entre barbare et civilisé, sauvage et démocrate. Si l’unité doit vivre, ce serait pour dénoncer l’absence de liberté d’expression et non sa soi-disant attaque. Si l’unité doit vivre, ce serait pour rompre cette bannière, cette poudre aux yeux, cette « liberté d’expression » aux échos du « râle mais pas trop fort et sur du papier journal à grand tirage de préférence ».
Tous les jours des personnes, des groupes essayent en vain de s’exprimer. Si l’unité doit vivre, ce serait pour combattre ceux qui monopolisent cette liberté d’expression via l’argent, les contacts, jeux de pouvoir, et positions sociales.

Nous ne voulons pas nous contenter d’être uniquement dans la réaction anti islamophobe. Bien entendu à cause de ces événements, de nombreux musulmans vont devoir justifier, répondre aux amalgames, et certains vont être la cibles de racisme en tout genre (attaques physiques, armées, tags racistes,...). L’unité nationale se fera nécessairement sur le dos des musulmans et de ceux qui contestent le pouvoir. Mais nous contenter de l’anti islamophobie ne fera qu’appauvrir nos réflexions, nos analyses. Nous devons autant veiller à ce que les religieux ne soient pas blâmés, que de veiller à ce que la religion ne soit le centre des intérêts. En d’autres termes, faire en sorte que demeurent libres les personnes de croire en ce qu’elles souhaitent, mais combattre celles voulant imposer leurs identités, que cette identité soit religieuse ou patriotique.

Appel à rassemblement le 11 janvier à 14h30 métro St Ambroise

Mots-clefs : Charlie Hebdo
Localisation : 11e arrondissement

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