De la mort « annoncée » d’Adama, avant l’arrivée des gendarmes.

Les morts aux mains des policiers ou des gendarmes lors de leur interpellation étaient tous… de grands malades tels Mohamed Boukrourou, Ali Ziri et Adama Traoré.
La justice française pour assurer l’impunité des forces de l’ordre, s’évertue à attribuer leur mort à des maladies, indépendamment des violences subies lors de leur interpellation avec pliage ou plaquage ventral.

Les morts aux mains des policiers ou des gendarmes lors de leur interpellation étaient tous… de grands malades tels Mohamed Boukrourou, Ali Ziri et Adama Traoré.
La justice française pour assurer l’impunité des forces de l’ordre, s’évertue à attribuer leur mort à des maladies, indépendamment des violences subies lors de leur interpellation avec pliage ou plaquage ventral. Ces deux techniques d’immobilisation ont fait l’objet d’un strict encadrement par circulaire du Ministère de l’Intérieur à deux reprises, le 08/10/2008 et le 04/11 /2015.
Extrait de la circulaire du 08/10/2008 :

« Lorsque l’immobilisation de la personne est nécessaire, la compression — tout particulièrement lorsqu’elle s’exerce sur le thorax ou l’abdomen — doit être la plus momentanée possible et relâchée dès que la personne est entravée par les moyens réglementaires et adaptés. Ainsi comme le soulignent régulièrement les services médicaux, l’immobilisation en position ventrale doit être la plus limitée possible, surtout si elle est accompagnée du menottage dans le dos de la personne allongée. »

Attribuer la cause de leur mort à des maladies — dont certains ignoraient être porteurs — c’est le travail des médecins « experts » auprès des tribunaux, qu’il ne faut pas confondre avec les médecins légistes qui produisent des expertises médico-légales suite à des autopsies, et diverses analyses scientifiques sur le corps des victimes.
Ali Ziri et Adama Traoré étaient déclarés atteints de « cardiomégalie » dans les premiers jours qui ont suivi leur décès, et leur autopsie attestait pour les deux une « asphyxie » liée à la compression thoracique exercée sur par le pliage pour Ali Ziri, par le plaquage ventral pour Adama.

- Dans le cas d’Ali Ziri, décédé le 11 juin 2009, l’institut Médico-légal de Paris liait sa mort par « anoxie » au pliage prolongé subi dans le véhicule, avec une description précise des 27 hématomes correspondant au positionnement du « plié-comprimé ».
Pourtant 4 non-lieux successifs ont exonéré de toute responsabilité les policiers interpellateurs, affirmant que la mort pouvait hypothétiquement résulter d’une « décompensation » de cette anomalie cardiaque. En conséquence la plus haute juridiction française, la Cour de Cassation, avait conclu qu’on ne pouvait pas connaître la cause de la mort de Monsieur Ziri. De là, l’impunité des policiers.

- Dans le cas d’Adama Traoré « maintenu au sol sous le poids de 3 gendarmes » par plaquage ventral et alors que l’autopsie avait identifié scientifiquement l’asphyxie, les « experts » allaient-ils retenir la cardiomégalie comme cause du décès (comme pour Ali Ziri), afin d’exonérer les gendarmes de toute responsabilité ? Et bien non !

L’expertise de synthèse dont Le Monde a rendu compte dans son édition du 2 octobre a trouvé une échappatoire surréaliste (au sens d’un déni de toute vraisemblance).
Adama était atteint, disent-ils, « d’un « trait drépanocytaire », pour lequel il avait été diagnostiqué, et d’une « sarcoïdose de stade 2 », dont il ignorait l’existence ».
Les experts reconnaissent « l‘asphyxie mécanique ». Citons à nouveau l’article du Monde :

« Dans leur rapport, les médecins écartent pourtant tout lien entre la mort et les méthodes d’interpellation. Ils reconnaissent que la technique utilisée (notamment l’immobilisation avec genoux dans le dos) a provoqué une « compression thoracique ».

Mais ils assurent que cette

« asphyxie mécanique (…) est insuffisante pour avoir joué un rôle significatif dans le décès de M. Adama Traoré ».

Si l’expertise de synthèse s’en était tenue au fait que l’asphyxie du plaquage ne pouvait à elle seule expliquer le décès, et que ces maladies ont joué un rôle dans la mort d’Adama on aurait pu objecter comme l’avait fait Maître Klejman en défense de Malik Oussékine, que d’un point de vue judiciaire, sont responsables les gendarmes auteurs d’un plaquage violent, même si « en bonne santé » Adama aurait survécu.

Pour exonérer les gendarmes de toute responsabilité, il fallait ce tour de passe-passe incroyable qu’ont trouvé ces 4 experts : « le pronostic vital d’Adama était engagé …AVANT L’INTERPELLATION !! » avant que 3 gendarmes l’écrasent au sol sous leur poids !

Citons encore Le Monde :

"Leur examen atteste également que la course-poursuite de quinze minutes avec les gendarmes l’a « exposé à un effort et à un stress intenses » sous une forte chaleur. Ces facteurs ont conduit à priver ses organes d’oxygène, ce qu’on appelle « une anoxie tissulaire » qui a abouti à sa mort."

Ainsi « l’anoxie tissulaire » se substitue à l’anoxie respiratoire de la compression thoracique du plaquage.

Adama était en train de mourir… avant l’arrivée des gendarmes ! Donc les gendarmes ne sont pour rien dans sa mort ! Circulez ….

4/10/2018
Elise Languin, membre du Collectif Ali Ziri.

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