Verdict

Citoyens, amis, parents,

Vous êtes coupables.

Vous êtes coupables, quand le virus commençait sa propagation meurtrière, d’avoir regardé circonspects votre irresponsable de président se rendre au théâtre comme si de rien n’était.

Vous êtes coupables quand, impuissants, vous entendiez les soignants appeler à l’aide ce même irresponsable et que celui-ci n’avait, toute honte bue, pas d’argent magique à leur donner, avant que de vraies gens la faucheuse ne vienne emporter.

Vous êtes coupables d’avoir laissé vos masques chez vous quand vos gouvernants et leurs cohortes d’experts vous répétaient à l’envi qu’ils étaient inutiles ; vous êtes doublement coupables, car il n’y en avait de toute façon plus.

Vous êtes coupables, car vous vous ruez sur les derniers trains pour fuir vos logements exigus au lieu de respecter des mesures d’urgence venues avec un train de retard.

Vous êtes coupables d’être obligés de reprendre votre travail irrationnellement nécessaire à l’économie marchande et ainsi vous mettre vous et votre entourage en danger, contre votre propre gré.

Vous êtes coupables, car une classe dont vous ne ferez jamais partie détruit à l’autre bout du monde les dernières barrières naturelles entre l’homme et les espèces sauvages pour quelques poignées de dollars.

Vous êtes coupables, car ne pouvant plus alimenter la machine folle qui vous exploite, vous créez les conditions d’une crise économique majeure.

Vous êtes coupables, car cette année on ne pourra distribuer les dividendes aux actionnaires l’esprit tranquille : il faudra attendre une année ou deux pour le refaire ostensiblement.

En fait, vous êtes tellement coupables qu’il n’y aura pas besoin de procès : ils ont déjà décidé que vous paierez la prochaine crise et probablement les suivantes.

Aussi, cessez dès maintenant de vous sentir coupables, car eux ne le seront jamais tant qu’à notre place nous les laisserons délibérer.

Citoyens, amis, parents,

La guerre est déclarée : celle entre les riches et les pauvres, celle entre les irresponsables souverains et la multitude démunie, celle entre les partisans de la loi de la jungle et ceux du bien commun : en d’autres termes, celle entre la folie et la raison.

Mais la guerre n’existe que tant qu’il y a des acteurs d’un côté et de l’autre. Rendons-les donc enfin coupables pour leurs actes délibérés, pour leur irresponsabilité, et gageons que nous parlerons bientôt d’eux au passé.

La guerre est déclarée.

Mots-clefs : coronavirus

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