Un étudiant s’immole devant le CROUS de Lyon pour protester contre la précarité

Vendredi 8 novembre, un étudiant s’est immolé devant le bâtiment du CROUS, il dénonce dans ce geste la politique néolibérale, et le fascisme ambiant. Rebellyon publie sa lettre expliquant ce geste ainsi que le communiqué de son syndicat. Toutes nos pensées à ses proches.

  • Réponse de Solidaires étudiant-e-s suite au communiqué du ministère condamnant « les violences »

    Capture communiqué ministère

    Communiqué du syndicat :

    Frédérique Vidal, ministre déléguée à l’indécence supérieure

    Cela fait maintenant cinq jours que notre camarade a tenté de s’immoler par le feu devant le CROUS de Lyon, revendiquant son acte comme politique. Ce mardi, des milliers de personnes se sont rassemblées partout en France pour crier leur solidarité et exiger la fin de la misère étudiante, pour que telles tragédies ne se reproduisent pas. Au soir, enfin, le ministère est sorti de son silence : la ministre, Frédérique Vidal, a publié un communiqué, chose dont elle n’avait jusqu’à présent pas eu le temps.

    Mais, plutôt que d’exprimer sa solidarité aux proches de notre camarade, elle a préféré s’offusquer d’une grille enfoncée. Plutôt que de répondre à nos revendications et d’annoncer un plan massif pour résorber la misère étudiante, elle a préféré s’inquiéter de l’action des étudiant-e-s lillois-es contre la tournée de dédicace d’un retraité de la présidence de la République. Plutôt que de dénoncer la violence de ce qui est arrivé à notre camarade, elle a préféré ignorer le message clair, net, précis qu’il a laissé.

    La stratégie du gouvernement est rodée. Ils commencent par se masquer les yeux, font semblant de ne rien avoir vu et espèrent qu’ainsi les problèmes disparaissent. Puis viennent les fake news, pour ne pas dire les mensonges. Malgré ce que notre camarade a écrit, ici est nié le fait que son acte puisse être politique. Enfin, ils hurlent à la violence, aux valeurs bafouées de l’université, à la République assassinée.

    Nous ne tomberons pas dans le piège. Nous les laisserons à leurs polémiques stériles destinées à masquer une réalité qu’ils ne veulent pas voir. Mais nous voulons des réponses à nos revendications. Maintenant. Pour que cela ne se reproduise pas.

    Publié initialement sur le site de Solidaires étudiant-e-s

  • Manifestation sauvage dans le Quartier latin hier soir

    À partir de 19h30, à la suite du rassemblement en soutien à l’étudiant qui s’est immolé à Lyon pour dénoncer la précarité, une manifestation sauvage a déambulé dans le Quartier latin. Ce cortège a remonté le boulevard Saint-Michel, puis est passé devant le Panthéon pour finalement s’en prendre aux grilles du ministère de l’Enseignement supérieur.
    Il s’est dispersé un peu plus tard vers la Sorbonne.

  • Quelques revendications du rassemblement parisien

    • hausse des aides
    • simplification des démarches
    • construction de cités U
    • respect trêve hivernal
    • réquisitions des logements vides
    • réfection des Crous insalubres
    • gratuité des transports pour les étudiant·e·s
    • baisse des frais d’inscription
    • salaire étudiant
    • arrêt des politiques racistes des visas
    • abrogation de la hausse des frais d’inscription
    • arrêt de la casse des services publics
  • Plusieurs centaines de personnes sont regroupées devant le Crous à Paris

    La petite rue devant le Crous est noire de monde.

  • Rassemblement ce mardi, 18h, devant le Crous de Paris

    Les syndicats Solidaires étudiant·e·s de la région parisienne appellent à un rassemblement ce mardi à 18h, devant le Crous de Paris, 39, avenue Georges Bernanos, RER B Port-Royal :

    Comme vous le savez sans doute, un camarade de Solidaires étudiant-e-s Lyon a tenté de s’immoler par le feu devant le bâtiment du Crous vendredi dernier.

    Cet acte désespéré et surtout politique alerte sur ses conditions précaires d’étudiant sans bourse redoublant, dans un système universitaire de plus en plus concurrentiel. Ce constat, Solidaires étudiant-e-s, le partage, de nombreux.ses étudiant.e.s se retrouvent dans des conditions intenables, manquent de bourses, ou reçoivent des aides bien trop faibles, logements Crous insalubres et en nombre insuffisants, les villes étudiantes ayant souvent des loyers exorbitants, sélection en permanence, créant des situations de stress, de surmenage, alors que la moitié d’entre nous doivent cumuler avec un travail salarié.

    Pour dénoncer cette précarité, Solidaires étudiant-e-s appelle nationalement à des rassemblements sur nos lieux d’études, d’institutions gouvernementales de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, des Crous ... le mardi 12 Novembre.

    À Paris, nous vous invitons à 18h pour un rassemblement devant le Crous de Port-Royal, 39 Avenue Georges Bernanos, RER B Port-Royal.

    Toutes les organisations ou individus qui luttent contre la précarisation de la vie étudiante, et même du monde du travail, en général, contre ce gouvernement et sa politique néo-libérale, sont les bienvenues.

    Nous vous attendons nombreux.ses, et pour reprendre les mots de notre camarade hospitalisé : « Vive l’autogestion, vive le socialisme ! » Vive la lutte !

  • Appel à des rassemblements devant les CROUS mardi 12 novembre

    Le syndicat Solidaires étudiant-e-s de Lyon, dont est membre l’étudiant qui s’est immolé, appelle à des rassemblements devant les CROUS ou bâtiments universitaires partout en France mardi 12 novembre.

Il a été transféré à l’hôpital dans un état très grave. Selon les pompiers il serait brûlé à 90%.

Texte publié par le camarade avant son acte :

Bonjour

Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable. si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon. ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche et par extension, le gouvermement.
Cette année, faisant une troisième l2, je n’avais pas de bourses, et même quand j’en avais, 450€/mois, est ce suffisant pour vivre ?
J’ai eu de la chance d’avoir des personnes formidables autour de moi, ma famille et mon syndicat, mais doit-on continuer à survivre comme nous le faisons aujourd’hui ?
Et après ces études, combien de temps devrons nous travailler, cotiser, pour une retraite décente ? Pourrons nous cotiser avec un chômage de masse ?

Je reprends donc une revendication de ma fédération de syndicats aujourd’hui, avec le salaire étudiant et d’une manière plus générale, le salaire à vie, pour qu’on ne perde pas notre vie à la gagner.
Passons à 32 heures de travail par semaine, pour ne plus avoir d’incertitudes vis à vis du chômage, qui conduit des centaines de personnes comme moi chaque année à ma situation, et qui meurent dans le silence le plus complet.

Luttons contre la montée du fascisme, qui ne fait que nous diviser et créer , et du libéralisme qui crée des inégalités.
J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires.

Mon demier souhait, c’est aussi que mes camarades continuent de lutter, pour en finir définitivement avec tout ça.

Vive le socialisme, vive l’autogestion, vive la secu.
Et désolé pour l’épreuve que c’est.
Au revoir

Localisation : 5e arrondissement

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