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Recit partiel du 1er Mai par La Meute

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Récit de la manif du premier Mai par La Meute. La manifestation ayant été dispersée dans plusieurs endroits, ce compte-rendu couvre le début de la manif, ce qui s’est passé vers le Jardin des Plantes et sur les quais ainsi que l’arrivée d’une partie de la manifestation à Place d’Italie.

*Ce qui devait arriver arriva. À peine le mois de Mai commence-t-il que le voilà propulsant la question sociale à l’avant-scène du spectacle politique. Quand certain.es n’ont rien trouvé d’autre à faire pour invisibiliser les luttes que de parler d’un MacDo saccagé, LaMeute a été sur le terrain, dans la manifestation parisienne de ce #1erMai explosif.*

Place de la Bastille. 14h. Cela faisait plusieurs heures que des dizaines de milliers de personnes se rassemblaient le long de l’Arsenal, sous la chaleur naissante et les rayons perçants du soleil. Au croisement du Boulevard de la Bastille qui longe l’étendue d’eau, et la Rue Jules César, on passait du cortège syndical bien rangé (fort, selon la CGT, de 55 000 personnes) à un cortège de militant.es autonomes (qui aurait été, lui, de 14 500 personnes selon la préfecture de police).

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On se doit cependant d’effectuer quelques précisions. Si la préfecture de police communiquait sur quelques 1 200 black blocs (2 000 selon le Figaro), il apparaît évident que ce « Cortège de Tête » n’était pas uniquement constitué, comme se plaisent à le relayer les médias traditionnels, de méchants « casseurs » prêts à « en découdre avec la police ». Ces 14 500 manifestant.es du cortège de tête, ce sont toutes celles et tous ceux qui ont fait le choix de ne pas défiler derrière les syndicats, et de fait reléguer la question sociale à une lutte d’organisations politiques - une pratique institutionnalisée depuis le 1er Mai 2016 lors de la Loi Travail. On y trouvait en outre des militant.es non-affilié.es à des partis ou syndicats, mais aussi des syndiqué.es, ou les différents cortèges étudiants. Au sein de ce cortège de tête, les Black Blocs ne sont autre que des manifestant.es (qui, donc, sont là pour MANIFESTER et ont des REVENDICATIONS) usant d’une technique destinée à préserver l’anonymat d’une partie des manifestant.es en adoptant une tenue noire uniformisée, mais également destinée à se protéger des gaz lacrymogènes.

A 15h, donc, la manifestation n’était toujours pas partie. Beaucoup de monde avait du mal à arriver sur place, du à cause de la forte affluence, mais aussi du dispositif policier. Il y a du monde de la Bastille au Pont d’Austerlitz, noir de monde. Noir de K-ways. Juste avant de s’élancer en direction de la Place d’Italie, point d’arrivée de la manifestation, des fumigènes de toutes les couleurs ont inondé le pont, contraste symbolique avec tout ce dont sont accusé.es les Black blocs au niveau médiatique.

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15h30. Arrivé.es à hauteur de la Gare d’Austerlitz, lieu emblématique de la mobilisation cheminote, le cortège avait déjà dû faire face, de part et d’autre de la voie, à deux camions à eau, flanqués de colonnes de CRS. La situation se tendit lorsque le cortège s’en prit au MacDo du coin, symbole tout désigné du capitalisme. Un feu se déclara, puis un autre plus loin, et encore un autre. Lorsque la police intervint, tout vola en éclats. On vit des syndicalistes s’en prendre aux CRS, les accusant de créer le chaos, et se faire gazer, matraquer, jusqu’au sol. Bientôt, le Boulevard de l’Hôpital fut complètement noyé sous les gaz.

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16h30. Tandis que certain.es retournaient sur la Bastille, traversant tant bien que mal un pont sur lequel les CRS envoyaient continuellement du gaz, d’autres s’étaient réfugié.es de l’autre côté des grilles du Jardin des Plantes. Les pompiers, qui avaient ouvert les portes des grilles après que certain.es les aient déjà escaladées, ont dû se confronter à la police pour exécuter convenablement leur tâche. C’est à ce moment-là, après avoir gazé également le jardin, que la police a procédé à de nombreuses interpellations. En dehors du jardin, une partie du cortège a longé les quais, hors du parcours initialement prévu, pour poursuivre la manifestation vers l’Ouest. Au même moment, l’intersyndicale acceptait de dévier son parcours vers l’Est, en empruntant le quai de la Rapée, abandonnant une partie du cortège aux violences policières.

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A 18h, les différents cortèges convergeaient à Place d’Italie. Une partie des manifestant.es s’est rejointe dans le Quartier Latin pour poursuivre la journée de lutte mais nous reviendrons dessus dans un prochain post. La police aurait procédé à quelques 200 interpellations, dont 94 gardes-à-vues. Quelques unes pour des faits graves. (Un rassemblement est d’ailleurs organisé aujourd’hui 2 mai à 17h devant le commissariat du 15e, 250 rue de Vaugirard, en soutien aux gardé.es à vue.)

Quoiqu’il en soit, il n’y a qu’à voir l’emballement médiatique autour de cette journée pour comprendre son importance. A celles et ceux qui doutaient de l’existence réelle du mouvement, les faits parlent d’eux-mêmes. Premièrement, si l’on compare le nombre de manifestant.es, toujours selon les chiffres de la police, à celui des années passées, alors c’est la plus grosse manifestation du 1er Mai, rendez-vous annuel immanquable, depuis 2016 et la Loi Travail. Mais surtout, dans la mesure où les dates du 3 et du 5 s’annoncent également comme de grands rendez-vous sociaux et à l’initiative d’un durcissement du mouvement, ce 1er Mai impose un constat indéniable : Mai 2018 pourrait bel et bien avoir lieu.

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