Pour l’acte 12, colorons nos villes en jaune

Par de nombreux aspects, cet acte 11 va profondément orienter la suite du mouvement. Au-delà de l’ampleur de la mobilisation, ce samedi 26 janvier aura été marqué par des événements aussi forts en espoir qu’en inquiétude.

L’espoir, c’est évidemment l’assemblée des assemblées à Commercy, qui a réuni des dizaines de groupes de GJ de toute la France, pour construire dans la durée et de façon positive le mouvement. La motivation des présents offre un horizon alternatif et libertaire plus que salutaire.

L’espoir également avec les rassemblements de cet acte 11 qui ont pour beaucoup pris leurs distances avec les manifestations déclarées et (trop) encadrées. Et avec une volonté offensive encore plus forte que les semaines passées. Une envie de déborder et de sortir du cadre imposé par le pouvoir qu’on retrouve également avec l’initiative d’une première nuit jaune à Paris et dans d’autres villes.

Mais ces victoires sont à nuancer face aux graves revers subis lors de cet acte 11. Il y a évidemment la violence encore aveugle et disproportionnée des forces de l’ordre, dont la bavure sur Jérôme Rodrigues n’est que la partie visible de l’iceberg. On pouvait espérer que le réveil (tardif) des médias de masse concernant cette question allait inciter le pouvoir à tenir ses troupes, au moins sur les flashball et grenades de désencerclement. Mais il n’en est rien. L’ultra violence des forces de l’ordre semble devenir une norme dans notre pays.

L’autre inquiétude vient des attaques de groupuscules d’extrême droite contre des cortèges de gilets jaunes composés d’antifascistes et de membres du NPA. Si ces attaques ne nous surprennent pas, il va falloir très vite faire front et s’y opposer, y compris physiquement. La diversité est la force du mouvement. On ne peut donc laisser des adversaires de la diversité faire leur loi et se comporter en chefs de guerre.

Face à cette situation, nous appelons donc à un acte 12 particulièrement coloré et offensif. Le pouvoir et les forces de l’ordre nous poussent dans une noirceur et dans une peur qui ne peuvent être dépassées qu’en allant clairement à l’opposé de cette tactique.

Le combat actuel se déroule sur plusieurs terrains. Des terrains qui se recoupent parfois. Parmi ces terrains, celui de l’image du mouvement est essentiel. Si les images des barricades et des affrontements de rue ont énormément marqué le mouvement (et resterons à jamais dans l’imaginaire collectif), nous pouvons également marquer les esprits en transformant nos rues, nos villes, nos ronds-points en véritables marrées jaunes : de la peinture, de la fumée, de la poudre, des vêtements, des ballons... tout est possible et notre imagination et notre originalité doivent permettre d’offrir des scènes totalement inédites depuis le début de ce mouvement.

Nous appelons donc tous les Gilets Jaunes, tous les collectifs, tous les groupes affinitaires, à préparer cet acte 12 en ramenant dans leur rassemblement de quoi colorer la France en jaune. Que le pouvoir, que les médias, que tous les Français puissent voir à quel point la détermination et la vague jaune est très loin de s’essouffler. Et que notre détermination peut aussi revêtir des formes non violentes mais offensives.

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