Les personnels de Sorbonne Université défendent leurs 35h

Depuis la semaine dernière, de nombreux agents de toutes les bibliothèques de Sorbonne Université (issue de la fusion des ex P4 et P6) se battent pour garder des conditions de travail décentes. À savoir : 35 heures de travail hebdomadaires et 55 jours de congés annuels.

Après une première journée de grève le mardi 13 novembre, des agents de tous les grades et corps de métiers de la filière bibliothèque ont entamé aujourd’hui mardi 20 novembre une grève reconductible, parsemée d’actions.

Ce qui est en cause ? Au nom de la récente fusion des universités Paris-Sorbonne (Paris IV) et Pierre et Marie Curie (UPMC, Paris VI), la présidence a entrepris, ce qui est bien normal, d’harmoniser les conditions de travail des agents provenant de 2 universités différentes. Jusque-là tout va bien. Enfin…

Il y a un peu plus d’un an, bien avant la fusion effective, les personnels de l’université s’étaient bien doutés que la fusion serait l’occasion d’effectuer quelques coupes dans leurs droits acquis de longue date. Ils avaient obtenu la promesse de Jean Chambaz, alors président de l’UPMC et actuellement président de Sorbonne Université, que l’harmonisation à venir se ferait au mieux-disant et qu’à tout le moins personne ne serait perdant.

Plusieurs mois sont passés, des groupes de travail (appelés « Conférences sociales ») se sont réunis plusieurs fois et ont fini par émettre une recommandation : tous les personnels travailleraient désormais 37h04 par semaine (37h24 si les horaires sont compressés sur 4,5 jours) et 8 des 55 jours de congés annuels seraient transformés en RTT. Il est vrai que les agents de certains services pourraient se sentir avantagés par ce nouveau régime, puisqu’on a raboté le leur il y a déjà quelques années, sous bien d’autres prétextes que la fusion, qui n’était pas encore envisagée alors.

Mais pour beaucoup, notamment les agents des bibliothèques, c’est inacceptable. Ils ont toujours travaillé 35 heures par semaine et pris 55 jours de congés par an, même dans les autres universités où ils ont travaillé. Et comme c’est dans l’air du temps, on assiste à un chantier de plus de la régression sociale. Qui permet d’autres mesures : notamment toujours moins de postes. Dans un contexte où la quantité de travail augmente, et alors qu’on a le souci de toujours effectuer un meilleur accueil des étudiants.

Face à cela, les revendications du mouvement qui s’est créé au sein de l’université sont très claires : 35 heures, 55 jours, pour tous.

Un conseil a été occupé ce matin, un autre a été perturbé cet après-midi, et quasi toutes les bibliothèques sont fermées (la crèche du campus Pierre et Marie Curie l’était également aujourd’hui). D’autres services seront en grève demain. Des piquets de grève sont en place, et des étudiants solidaires ont rejoint la lutte. Une caisse de grève circule, il est envisagé d’organiser un concert de soutien…

Ça commence bien !

À lire également...