La police est raciste et sexiste : témoignage d’une prisonnière dans le CRA de Mesnil-Amelot

Rendez-vous mardi 3 décembre à 19h au CICP (21 ter, rue Voltaire, métro Rue des Boulets L9) pour s’organiser tou·te·s ensemble contre les centres de rétentions !

La police, dans les CRA comme partout, est raciste : les prisonniers et les prisonnières des centres de rétention le savent très bien, et le racontent tout le temps. Mais les meufs enfermées dans ces prisons pour étranger·ère·s, dont la parole sort beaucoup moins, parlent aussi du sexisme quotidien des flics : les regards, les remarques… le pouvoir des keufs dans les sections réservées aux femmes, comme à Mesnil-Amelot par exemple, est encore plus oppressant, mais des solidarités se tissent pour résister à la police raciste et sexiste.

Dans ce témoignage, une copine prisonnière parle de tout ça, mais aussi de lOFII, qui est présent dans les CRA. Sur son site internet, on peut lire que « l’OFII exerce également une mission d’information, de soutien et d’écoute des étrangers dans les centres de rétention administrative (CRA). Dans ce cadre, des aides matérielles leur sont apportées afin d’assurer l’organisation de leur départ et faciliter leurs conditions de rétention. » Une manière créative pour dire que l’OFII collabore avec la police

Face à tout ça, face aux morts, aux violences policières et aux collabos dans ces prisons pour sans-papiers, quoi faire ? Une assemblée publique aura lieu mardi 3 décembre, ouverte à tou·te·s ceux·elles qui veulent lutter pour la disparition des CRA. Organisons la riposte !

La femme de l’OFII parfois pose des questions bizarres, comme si elle était une inquisitrice. Elle juge les gens trop vite tu vois ? Je pense qu’elle bosse avec les flics, elle essaie de retirer des infos de nous et tout ça.

Elle pose beaucoup de questions : « Pourquoi tu fais ci, pourquoi tu fais ça »… parfois ils [les salarié·e·s de l’OFII] prennent beaucoup de temps pour parler avec les gens de n’importe quoi, alors que les autres attendent à l’extérieur pour rien, et arrivent pas à acheter les cigarettes

La police

Les flics ont beaucoup de mots mal placés : il y a des filles marocaines, ils disent « T’es sure que t’es roumaine ? T’es sure que t’es pas une voleuse ? »

Y a d’autres remarques aussi. Une Albanaise est venue me dire : « Je suis mal à l’aise, y a un flic qui me dit des choses mal placées. » Du coup, je suis allée le voir, et lui tu sais ce qu’il m’a dit ? « C’est quoi, t’es jalouse parce que toi aussi t’en veux de moi ? »

Beaucoup de policiers font beaucoup de remarques sexuelles perverses, surtout à moi parfois.

Les conditions de rétention

Hier, il y avait un jeune de 16 ans avec la mère, après il a été libéré. Mais parfois y a des gamins de 6 mois, de 8 mois, comme ça.

Par rapport au médecin, je ne suis pas d’accord par rapport à certaines choses. Et la nourriture, il y a des gens qui ne peuvent pas manger certaines choses, mais sont obligés de le faire.

Mais l’État il prend de l’argent pour nous non ? Avec cet argent, il faudrait au moins améliorer les conditions des gens ici.

Note

Plus d’info sur https://abaslescra.noblogs.org/

Localisation : 11e arrondissement

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