Je n’applaudirai pas

Je n’applaudirai pas au désastre.

Le spectacle est terminé et n’a jamais commencé.

Je n’applaudirai pas avec celles et ceux qui ont détruit tout ce que nous sommes, tout ce qui nous est de plus cher.

Je laisse les applaudissements aux dictatures, à la haine et aux soldats.

Il s’agit d’hommes et de femmes, non de guerrier.e.s, il s’agit de gens qui font leur métier.

Nous leur devons beaucoup. Beaucoup plus que des applaudissements.

Nous leur devons la vie, nous leur devons l’espoir. Nous leur devons un autre futur.

Il ne s’agit plus de parades derrière des ballons de baudruches et des leaders autoproclamés.

Il s’agit de la vie, de la lutte amère pour la sauvegarder, pour l’arracher aux assassins qui nous gouvernent.

La guerre est aux puissants, la lutte est aux opprimé.es.

Je n’applaudirai pas la barbarie en acte, mais je ne me séparerai pas de celles et ceux qui applaudissent.

Nos voisin.e.s, nos ami.e.s, nos compagnon.nes, toutes et tous à travers le Globe.

Il ne s’agit pas de se diviser, il s’agit de ne pas se confondre avec leurs mots, leurs ordres et leurs héros.

Je ne peux pas dire bravo à une femme ou un homme qui annonce la mort et sauve une vie dans le même temps.

Je ne peux que me taire et garder précieusement ma colère. Pour mieux la partager.

Je comprends l’impuissance, je comprends l’incertitude, la peur.

Je comprends les applaudissements dans ce qu’ils ont de plus fragile.

Je ne comprendrai pas la lâcheté.

Je ne comprendrai pas l’après, il n’y en aura pas, il ne faut pas qu’il y en ait. Il ne nous faut plus un après, il nous faut des toujours.

Toujours ne pas oublier, toujours rêver, toujours écouter, toujours les mettre à genoux.

Tous et toutes.

Un.e par un.e et dire : « [...] personne ne sera jamais libre tant qu’il y aura des fléaux » [1]

F.

Notes

[1Albert Camus in La peste

Mots-clefs : coronavirus

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