Faire face aux violences sexuelles

Discussion libre dimanche 18 novembre 2018 à partir de 16h30 à la librairie Publico.

Par définition, les libertaires sont opposé·es à la prison. Par principe, il-elle-s ne font pas confiance à la police ni à la «  Justice  ». Alors comment faire face aux violences sexuelles, dans nos milieux ou ailleurs  ? Comment aider les victimes  ?

Nous vous invitons à venir débattre (en mixité) de ce douloureux sujet, le 18 novembre à partir de 16h30 à Publico, 145 rue Amelot, Paris 11. Entrée libre.

Extraits de la brochure “Pour une fois j’ai dit NON”  :

Dans cette brochure il est question de viol. Pas d’un viol dans une ruelle sombre, tard le soir, par un inconnu violent et déséquilibré. Non, il y est question d’un viol commis par un «  camarade  » sur un lieu de lutte.

Au départ, je souhaitais surtout écrire un témoignage, parce que lire d’autres écrits fait partie de ce qui m’a aidé à avancer. Lire que je n’étais pas seule à l’avoir vécu mais surtout ressenti, lire les mots d’autres pour pouvoir trouver les miens.

Témoigner aussi d’une situation qui n’est malheureusement pas unique. Parce que trop d’histoires ressemblent à la mienne mais qu’elles finissent souvent par s’évanouir dans les mémoires et ne restent que des histoires «  individuelles  ». Alors il était important pour moi de dire, en espérant que cela puisse aider d’autres personnes à ne pas se sentir seules, trouvent la force de réagir (au sens large, ça commence déjà par ne pas rester dans la culpabilisation et essayer d’en parler). J’ai aussi trouvé important d’ajouter quelques références théoriques pour aider à mieux comprendre certains mécanismes et ainsi peut-être donner des pistes aux survivant.e.s pour avancer et à leurs proches pour les soutenir.

Et puis, au fur et à mesure que je décrivais ma relation avec cet homme qui m’a violée, que j’y réfléchissais et en parlais, plein de liens ce sont faits avec mon éducation, la société dans laquelle j’ai grandi, l’intégration de certaines normes en bref avec ce qu’on appelle, je l’ai découvert, la «  culture du viol  ». Ce ne sont pas «  que  » des situations individuelles, elles s’inscrivent dans un contexte social sexiste que je tenais donc à repréciser.

En tout cas, j’espère que par ce témoignage et ces réflexions j’ai réussi à transmettre un peu de cette force, cette conviction que ce n’est pas encore perdu, nous sommes nombreus.es, on ne pourra pas nous faire taire, nous ne sommes pas les coupables et nous méritons tou.te.s d’être respecté.e.s et considéré.e.s.

Un médecin m’a reparlé du commissariat. Je me suis renseignée mais après réflexion je ne souhaite toujours pas faire cette démarche. Contrairement à l’action collective qui a du sens par rapport à mes activités et à ma vie quotidienne, je ne vois pas en quoi une procédure judiciaire changerait quelque chose à mon quotidien. Une reconnaissance  ? Une vengeance  ? Au prix de quelle énergie, quel temps, quelle participation à un «  système  » qui n’est pas le mien et que je critique par ailleurs  ? Est ce que cette démarche peut servir à guérir mes blessures  ? à réparer  ? Combien de plaintes aboutissent  ? Quels risques pour mon équilibre  ? Comme l’a résumé une amie, c’est plus important pour moi que cette histoire soit prise en compte par ma «  communauté  », mon «  groupe d’appartenance  » plutôt que par un État que je ne reconnais pas.

P.-S.

Combien de fois quatre ans  ? (https://combiendefois4ans.wordpress.com/), un site sur les violences sexuelles dans les milieux militants, libertaires, antifascistes et alternatifs.

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