1er jour de Prison Strike aux USA, la grève des prisons

Le 9 septembre est un jour d’émeutes aux USA. Un petit article de mémoire sur cette journée historique de l’année 1971, pour en savoir plus, mais surtout pour rejoindre la solidarité aux prisonniers. LET’S STRIKE !

« If we can’t live as men, we sure as hell can die as men ! »
Attica prisoner

« Si on ne peut pas vivre comme des hommes, nous allons pour sûr mourir comme des hommes ! »
Un prisonnier d’Attica

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Aujourd’hui, le 9 septembre 2016, est le premier jour de PrisonStrike.
PrisonStrike est une grève nationale, d’abord dans les prisons, mais aussi hors les prisons, que les camarades d’IWOC préparent déjà depuis plusieurs mois avec le soutien des groupes locaux dans nombreuses villes américaines.

Cette journée du 9/9 n’a pas été choisie au hasard : le 9/9/2016 est le 45e anniversaire du « Attica Prison Uprising », quand en 1971 une grosse révolte éclate dans le Attica Correctional Facility, près de Buffalo, New York.

En 1970 la Police Nationale tirait sur des étudiants désarmés pendant une manifestation contre la guerre au Vietnam au Jackson State et à la Kent State University. Malcom X et Martin Luther King furent assassinés et George Jackon, prisonnier politique des Black Panthers, fut tué par une garde dans la prison de San Quentin en 1971.
À partir de là, son bouquin « Soledad Brother » commençait à faire le tour des prisons américaines, en passant de prisonnier en prisonnier : un mouvement pour les droits des prisonniers voyait le jour.

Il faut savoir que dans le Attica Correctional Facility au moment de la révolte l100% des gardes étaient blancs, la plupart ouvertement racistes. Les prisonniers étaient enfermés dans leurs cellules pendant 14h ou 16 heures par jour, plusieurs restrictions étaient en vigueur sur le matériel littéraire accessible aux prisonniers, toutes visites avec les familles se faisait à travers une vitre, les soins médicaux étaient presque absents. Face à cela, la déclaration du directeur d’Attica lors des émeutes en 1971 démontre bien la façon dont les pénibles conditions de vie dans la prison étaient considérées : « Mais pourquoi sont-ils en train de détruire leur maison ? »

Ainsi, le 9 septembre 1971 la révolte éclate. Une série d’affrontements entre prisonniers et gardes se conclut avec des incidents mineurs, mais les esprits des prisonniers avaient déjà pris feu. Les 5 jours suivants une vraie communauté naît parmi les prisonniers contre le système carcérale américain.

Il faut savoir aussi que la plupart des prisonniers d’Attica étaient là après négociations de peine. La négociation de peine est ce processus incroyable imparti par la loi selon lequel t’as le droit de négocier une réduction de peine en avouant avoir commis le crime pour lequel t’as été arrêté. Même si ce crime tu ne l’as jamais perpétré.
Quand les prisonniers d’Attica furent auditionnés, le temps moyen d’audition était de 6 minutes chacun, y compris la lecture du dossier et la délibération du procureur. Ainsi la décision était donnée, sans aucune explication.

Au 5e jour de révolte, l’État perdit patience.
Le gouverneur Nelson Rockefeller demanda une intervention militaire dans la prison contre des milliers de prisonniers désarmés. 31 prisonniers furent tués. Les premières histoires diffusées par les media parlaient de 9 gardes qui auraient été pris en otage et tués par les prisonniers. Les autopsies officielles démontrerons ensuite que les balles trouvées dans les corps des gardes étaient les mêmes que celles retrouvées dans les corps des prisonniers tués par l’armée.

Ce que les prisonniers demandaient pendant l"Attica Prison Uprising était principalement le changement de direction de la prison, l’amnistie pour ceux qui avaient pris part à la révolte et des conditions de vie meilleures. Sur 33 demandes 28 furent acceptées. L’amnistie ne fut pas accordée aux 28 et la répression des prisonniers fut violente suite à la révolte.
Par contre, une vague de rébellion inondait d’autres prisons aux USA, touchant au moins 20 000 personnes.

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Aujourd’hui la situation n’a pas beaucoup changé et 1 noir sur 3 est toujours en prison aux USA.
Il y a quelque jour, Darren Seals, activiste connu de Ferguson, a été trouvé mort brûlé dans sa bagnole dans des circonstances « suspicieuses ».
Aujourd’hui, l’État américain célèbre encore son oppression avec la perpétuation d’un esclavage raciste dans les prisons, ainsi qu’avec la militarisation du Nord Dakota pour la construction d’un pipeline mortifère et capitaliste pour le transport de pétrole.

Deux appels de solidarité ainsi se rejoignent aujourd’hui 9 septembre 2016 aux USA : l’un pour les indigènes américains qui protègent ce qui reste de leurs terres, l’autre pour les prisonniers qui défendent ce qui reste de leur vie.

Depuis le 7 septembre plusieurs actions ont déjà eu lieu sous le signe de la campagne PrisonStrike, dans et hors des prisons.
En ce moment, au Florida à Bonifay dans le Holmes Correctional Institute, une centaines de prisonniers ont démarré une série d’émeutes en prisons, en détruisant des parties du bâtiment et en prenant 4 dortoirs.
Hier à Bloomington, le 8 September, des camarades ont interrompu les activités du siège du Parti Démocrate en solidarité avec les prisonniers.
D’autres nombreuses actions en solidarité, y compris barbecues d’information, manifestations, banderoles, fresques, sont en train de s’organiser partout aux USA, ainsi qu’en Grèce, en Allemagne, en Australie, en Lituanie.

Aujourd’hui le 9 septembre une nouvelle grève commence pour la destruction des prisons, de la police, de la suprématie blanche et des états capitalistes qui en protègent leur perpétuation.

P.-S.

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