Thanksgiving ou la fête de la trahison !

Cette semaine commémore l’anniversaire de l’occupation d’Alcatraz par l’AIM qui a duré du 20 novembre 1969 au 11 juin 1971.
Plusieurs milliers de personnes occupent depuis quelque jours l’île d’alcatraz afin de dénoncer cette fête ignoble qu’est Thanksgiving et en solidarité avec Standing Rock.

La commémoration de thanksgiving est liée à l’aide que la tribu des Wampanoags a apportée aux colons anglais qui débarquaient sur la partie Nord-Est de ce qu’on appelle frauduleusement les « états-unis » en 1620. Ces colons, plus connus sous le nom de pilgrims fondèrent plymouth.
Aujourd’hui plymouth se situe dans l’état du massachusetts. Mais avant d’être le nom d’un état, les Massachusetts sont avant tout une tribu amie des Wampanoags.

Ousamequin, alors chef de la tribu des Wampanoags et deux amis à lui, Squanto et Samoset se rendirent à plymouth pour aider les pilgrims qui étaient menacés par la famine. En plus d’une aide alimentaire, ils apprirent aux colons à planter du maïs, chasser le gibier, appréhender leur nouvel environnement. Grâce à ces actes de solidarité, les pilgrims de la colonie de plymouth purent passer l’hiver 1620 sans connaître la faim, le froid et la soif. Pour remercier la tribu Wampanoag, les colons les convièrent à un banquet en 1621 où furent offertes des dindes et du mais provenant de leur première récolte. Et c’est ainsi que pendant 50 ans, les pilgrims ont prospéré, se sont multipliés et ont étendu leurs colonies alors que les Wampanoags, les Narragansetts, les Massachusetts, les Pequots étaient lentement en train de décliner à cause des exactions commises par les européens et des maladies qu’ils avaient propagées.

Malgré l’incursion répétée des colons dans les villages Amérindiens, le vol des réserves de maïs dans leurs greniers souterrains, et même le massacre par l’expédition de miles standish de huit hommes de la tribu des Massachusetts, les Amérindiens des forêts (les tribus du Nord-Est du continent) s’efforcèrent d’entretenir des relations pacifiques avec les colons. Mais la relation était à sens unique car les pilgrims de plymouth et les puritains venus de toute l’europe étaient intransigeants et arrogants à l’égard des peuples qu’ils rencontrèrent. Les colons avaient un but précis, qui porte en soi l’agression, créer la nouvelle jérusalem et y chasser le démon sous tous ses déguisements, y compris lorsqu’il s’incarne en la personne des Amérindiens comme l’explique le gouverneur de plymouth, william bradford en 1634, lorsque la variole emporta plusieurs milliers de personnes parmi les Massachusetts : « Sans ce coup terrible envoyé par dieu contre les indigènes, nous n’aurions eu beaucoup plus de difficulté à nous faire une place et n’aurions pu acquérir de la terre qu’à un coût beaucoup plus élevé ».

La tribu Pequot fut une des premières à douter de la sincérité des colons quand elle refusa en 1636 de livrer à la « justice » coloniale les meurtriers présumés d’un équipage anglais. En réponse, les colons massacrèrent un village Pequot en mai 1637, faisant 400 victimes. Leur longue résistance face à l’occupant commença.
Les Wampanoags, de leur coté, s’aperçurent bien plus tard de la dangerosité de leur nouveau voisin impérialiste. L’étincelle qui alluma le feu de la première révolte réunissant les 4 tribus se produisit parce que du bétail des colons venait sans cesse piétiner le maïs Amérindien et que les pilgrims ne se soucient pas de résoudre ce problème. Des membres de la tribu Wampanoag chassèrent quelques bêtes venues près de leur campement, qui est à présent bristol, dans le rhode island. Un fermier colon répliqua en tuant un Wampanoag, ce qui provoqua un soulèvement populaire. Après cinq mois de combats, les colons lancèrent lâchement une attaque surprise contre un campement Narragansetts massacrant les femmes, les enfants, les hommes par « peur » de voir cette tribu entrer en guerre en solidarité avec les autres tribus. Le combat acharné devint une lutte à mort de part et d’autre et, pour la première fois, les pilgrims offrirent des primes pour chaque tête de femme, d’enfant et d’homme Amérindiens tués et ramenés dans les villages colons.
De plus en plus nombreux, les colons, de ce qu’ils appelaient « La nouvelle-angleterre », environ 50 000 bouseux, exigeaient des Amérindiens une soumission totale.
Après la mort, en 1661, de Ousamequin, son fils Metacom lui succéda et s’employa dès lors à réunir, parmi les Wampanoags et les autres tribus des forêts, une force suffisante pour tenir tête aux colons. En 1676, 12 000 guerriers marchaient à ses cotés, déterminés à risquer l’anéantissement plutôt que de continuer à subir la colonisation et la domination impérialiste de ces nouveaux venus.
Cette guerre dura 14 mois. 50 des 90 villages colons furent attaqués, 12 villages totalement détruits, 2500 colons tués. Metacom fut finalement mis en échec par la pénurie de vivres et d’armes et fini capturé, trainé et écartelé à plymouth. Sa tête fut exhibée pendant 25 ans à l’entrée du village. Avec lui périrent 5000 Amérindiens. Les autres furent envoyés en esclavage aux antilles, y compris la femme et le fils de Metacom.

Ainsi finit la vie de l’homme dont le père avait accueilli les premiers colons en « nouvelle-angleterre ». 4 tribus avaient disparu et bien peu d’Amérindiens restaient sur le territoire sud de la « nouvelle-angleterre » à la fin de cette guerre. Le génocide pouvait commencer, d’autres tribus connaitront le même destin tragique.

Bonne thanksgiving

No Pasaran Paris.

P.-S.

(L’omission des majuscules est volontaire)

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