Papiers et logement pour tou-te-s ! Rassemblement 18h Basilique de Saint-Denis contre l’expulsion policière de l’occupation des exilé-e-s

Suivi en direct de l’expulsion policière (26 juin) de l’occupation des exilé-e-s du bâtiment A de Paris 8, suite à l’échec des négociations. Expulsion terminée aux alentours de 9h30.
RASSEMBLEMENT ce mardi 26 juin à 18h devant la Basilique de Saint-Denis (M°13)

  • Tout le monde est sorti, fin du live

    Après de longues minutes, tout le monde est enfin sorti de l’université, sans interpellations. Nous rappelons tout de même les multiples insultes, menaces, violences et dégradations commises par la police durant ce début de matinée.

    Nous rappelons la violence d’une prétendue « mise à l’abri » de l’État qui propose des conditions matérielles nettement plus précaires que celle de l’occupation et surtout qui signifie pression psychologique et tri administratif sur les exilé-e-s. Par exemple, aucune information n’a été donné aux principales et principaux concerné-e-s sur la destination des cars dans lesquels ils montaient. Nous avons toutefois réussi à trouver le lieu où illes ont été amené-e-s.

    Si l’occupation du bâtiment A de Paris 8 est terminée, les revendications des exilé-e-s n’en sont que plus pressantes : papiers et logement pour tou-te-s ! Nous appelons tout le monde à les soutenir, en venant au rassemblement de ce soir (mardi 26 juin) à 18h devant la Basilique de Saint-Denis.
    Ce live se termine ici mais restez connecté-e-s, d’autres informations arriveront peut-être au cours de la journée.

  • Sorties progressives avec fouilles et prise d’identité

    Les gens commencent à sortir peu à peu de la nasse de la terasse et de la salle des séquestré-e-s. Ils repartent avec chacun une palpation, une fouille des sacs et une prise d’identité.

  • Dans les nasses : ambiance musicale mise à mal par la police

    Dans la salle des séquestré-e-s et la nasse sur la terrasse (une trentaine de personnes), l’ambiance semblait se relâcher. Ca jouait du piano en bas, ça écoutait de la musique en haut. Mais un policier a jugé que c’était trop de liberté et a volé l’enceinte portable de la nasse de la terrasse pour aller la balancer plus loin...

  • « Gymnase au Raincy » d’après la préfecture

    France Info nous indique que la préfecture aurait déclaré que les exilé-e-s sont amené-e-s au gymnase du Raincy. « Ils doivent être conduits dans un gymnase au Raincy [...] pour une prise en charge administrative, où la situation de chacun sera examinée », d’après les dépêches qui couvrent l’expulsion. On imagine très bien de quel type d’examen la préfecture est capable, elle en a encore fait la démonstration toute la matinée !

  • Tri au faciès, coups, menaces et dégradations volontaires

    Plusieurs témoignages concordants sur la situation des personnes séquestrées dans une salle en bas du bâtiment A.
    Un tri au faciès s’organise, on demande leur nationalité aux noir-e-s seulement et on fait sortir les exilé-e-s. Lorsque des personnes communiquent dans d’autres langues que le français, les policiers sont agressifs et font des menaces physiques explicites.
    Les personnes ont déjà été frappées, y compris au visage, dans le couloir qui menait à la salle. Une personne s’est évanouie. La salle a été gazée. L’usage des téléphones est interdit et ils sont confisqués si utilisés.
    Les policiers ont détruit des murs à coups de masse et ont également utilisé une disqueuse.
    Les séquestré-e-s sont détenu-e-s dans une salle du RdC du bâtiment A, normalement utilisée comme salle de musique.

  • Toujours du monde dans et devant l’université

    A 7h05, il y avait encore, malgré la féroce répression, une vingtaine de personnes sur la terrasse de l’occupation.
    Des personnes solidaires continuent d’arriver devant l’université.

  • Violences. Une cinquantaine de personnes séquestrées

    D’après plusieurs témoignages de personnes sur place, les policiers ont gazé et frappé abondamment dans l’occupation, dans les couloirs du bâtiment A et sur la terrasse. Une quarantaine de personnes a rejoint dans une salle du 1er étage la petite dizaine de séquestré-e-s attrapé-e-s peu après 5h du matin.
    Des exilé-e-s et des personnes solidaires sont présent-e-s dans ce groupe d’une cinquantaine de personnes au total. Ils subissent des fouilles (palpations corporelles et fouilles approfondies des affaires). Pas de prises d’identité pour le moment. Les téléphones sont interdits donc la communication avec ce groupe est très difficile.

  • Ca gaze à l’intérieur, dehors des chants

    Côté personnes solidaires, il y a toujours du monde à l’intérieur de l’université, y compris quelques-un.e.s dans l’occupation. Gaz lacrymogène dans l’université.

    Dehors, un petit rassemblement de personnes chante : « Oui mais ça branle dans le manche ! Les mauvais jours finiront ! »

  • 3 cars, destination toujours incertaine

    On compte trois cars mis à disposition de cette opération policière. On n’a pour le moment aucune certitude sur la destination, juste un flic qui parlait de gymnase(s ?).
    Un car est déjà parti, un autre en cours de remplissage, le troisième en attente

  • Des hébergements en gymnases ?

    D’après un des chefs des bleus sur place, les gens qui montent dans les cars seraient amené-e-s vers des gymnases.

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Nous, exilé.e.s, migrant.e.s, sans-papiers et personnes solidaires, occupons le Bâtiment A de l’Université Paris 8 depuis le mardi 30 janvier 2018. Nos revendications sont claires : des papiers et des logements pour tou.te.s. Le samedi 19 avril 2018, après 3 mois de mobilisation, la présidente de l’Université Paris 8, Annick Allaigre, nous annonce que selon ses ministères de tutelle avec qui elle avait entamé des négociations, tout.es les occupant.es auront des papiers et un logement. Un mois et demi plus tard, elle nous apprend l’échec du plan de négociation et nous informe de son souhait de nous voir quitter les lieux pour le dimanche 17 juin 2018. Face à la situation actuelle, nous dénonçons les manipulations dont se sont rendus coupables les ministères de tutelle de la Présidence.

Face aux logiques individualisantes du Droit d’asile et du Droit des étranger.ère.s, qui trient entre « bon.ne.s » et « mauvais.es » migrant.e.s à rafler, enfermer, expulser, face au règlement criminel de Dublin, nous avons choisi de faire bloc. Notre stratégie a été celle d’une lutte collective et de la construction d’un rapport de force contre les institutions racistes de l’État français. Nous avons manifesté plusieurs fois devant la préfecture de Bobigny pour exiger un rendez-vous avec le Préfet de Seine-Saint-Denis en vue d’un dépôt collectif de demande de régularisations : pas de tri administratif raciste entre bon.ne.s et mauvais.es migrant.e.s. Depuis le début de cette mobilisation, nous n’avons cessé de créer des alliances avec les Collectifs de Sans Papiers (CSP), différents collectifs de la région parisienne notamment antiracistes, féministes queer, avec les étudiant.e.s, mais aussi avec des élu.e.s, des artistes, des universitaires,... Le mouvement social du printemps qui a vu le jour contre l’ensemble des réformes néolibérales portées par le gouvernement n’a fait qu’accentuer ce mouvement de solidarité, notamment à travers les différentes occupations d’Universités et une deuxième occupation étudiante d’un autre bâtiment de l’Université Paris 8.

Durant ces mois d’occupation, nous avons pratiqué l’auto-défense politique et juridique : équipes d’accompagnement en préfecture pour les rendez-vous à risque, politisation des questions de santé, manifestation devant le Centre de Rétention du Mesnil-Amelot pour faire libérer un camarade enfermé depuis plus de trois semaines, etc. Alors qu’Annick Allaigre fermait son Université pendant 4 jours pour de soi-disant problèmes de chauffage et brandissait la menace d’expulsion en pleine trêve hivernale, nous avons mobilisé un rassemblement de plusieurs centaines de personnes qui a fait annuler son plan d’évacuation. Pendant quatre mois et demi, nous avons tenu un bâtiment, où ont vécu jusqu’à 150 personnes de nationalités différentes. Nous nous sommes organisé.e.s pour faire de la régularisation des exilé.es de Paris 8 l’exemple concret de luttes contre les politiques migratoires racistes et criminelles de l’Union européenne et de la France. Pendant cette lutte, les exilé.e.s du Bâtiment A ont mené leur propre combat politique et revendiqué leurs droits. Les négociations et les assemblées générales se sont faites en 5 langues grâce aux traductions, parfois effectuées sans l’aide de traductions des soutiens.

A la suite de cette mobilisation et au pic du mouvement social, la présidente, accompagnée d’un « comité de médiation », nous a informé que ses ministères de tutelle (le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et le Ministère de l’Intérieur) allaient régulariser l’ensemble des occupant.e.s. Une seule condition à cette offre de régularisation : le silence au sujet de ces négociations. Le but : ne pas créer de précédent pouvant inciter les dizaines d’universités occupées en France à accueillir des exilé.e.s pour exiger des papiers.

Tout en saluant les initiatives de la Présidence, notre réaction face à cette « victoire » a été lucide. Cet événement était le produit du rapport de force local à l’Université Paris 8 et plus global, puisque nous étions à l’apogée du mouvement social. Ce n’était en aucun cas un cadeau. Nous étions donc sceptiques. Il y avait trop d’intermédiaires entre nous et les décideur.euse.s : le "comité de médiation", la présidente, le Préfet, puis enfin les ministères. Chacune de ces médiations a empêché des négociations claires et directes dans lesquelles nous aurions pu peser de tout notre poids. Après plusieurs assemblées générales, nous avons pris la décision collective de donner la liste des occupant.e.s à la présidente pour qu’elle la transfère aux ministères afin de procéder aux régularisations, ceci malgré les risques connus de fichage des exilé.e.s qui nous avaient poussé.e.s à garder cette liste confidentielle pendant des mois.

Suite à cela, nous avons attendu des nouvelles de la présidente, qui s’est alors terrée dans un mutisme inquiétant. Nous avons ensuite compris que les autorités nous faisaient attendre pour mieux nous affaiblir et nous opposer un refus. C’est ce qui n’a pas manqué d’advenir quelques mois plus tard, dans une conjoncture plus favorable au gouvernement puisque le mouvement social s’était essoufflé et que seuls de rares mouvements d’occupation subsistaient.

L’Université Paris 8 célèbre en toute hypocrisie le cinquantenaire de Vincennes, créée à la suite de Mai 68. Alors qu’ici, des soixante-huitards ont créé le Groupe d’Information et de Soutien aux Immigrés (GISTI) et soutenu les luttes des sans-papiers, on nous met aujourd’hui dehors sans solution. Maigre consolation, dénotant toutefois le volontarisme de la présidence : nous avons obtenu de l’Université l’engagement d’inscrire à Paris 8 d’une trentaine d’exilé.es pour l’année 2018-2019.

Comme cadeau pour l’Aïd, les Ministères, la préfecture et la présidente de l’Université veulent nous voir partir avant le dimanche 17 juin 2018 et ainsi renvoyer les exilé.e.s à la rue. Cette évacuation a lieu alors que tous les campements de Paris ont été détruits ces derniers jours et que les rafles et chasses à l’homme dans les rues visent celles et ceux refusant de monter dans les bus de la police. Dans ce contexte, forcer le retour des exilé.e.s à la rue pour les rafler ou envoyer la police ici à l’Université Paris 8 ne fait aucune différence. Dans tous les cas, c’est une condamnation aux violences policières qui fait suite à 4 mois de mépris et de manipulation politique.

La manœuvre politique qui nous a pris au piège a permis à l’État d’avoir entre les mains une liste de 146 personnes exilées, migrantes, sans-papiers qui ont participé à une occupation illégale de plusieurs mois. Dans le contexte actuel de radicalisation des politiques racistes de l’État français (vote consensuel de la loi Asile et Immigration, opérations policières d’évacuation des campements parisiens ces derniers jours, rafles et chasses à l’homme quotidiennes à Jaurès, la Villette, la Chapelle etc.), ce fichage politique des étranger.e.s met les exilé.e.s de Paris 8 en danger.

Ici, tous les échelons de l’État ont collaboré, depuis Gérard Collomb et les ministères jusqu’à la Préfecture en passant par la manipulation de l’administration de l’Université Paris 8. Traversant l’État de haut en bas, c’est une même colonne raciste qui a opéré contre les exilé.e.s de l’Université Paris 8.

P.-S.

Contact
mail : paname-solidarite@riseup.net
facebook : Les habitant.e.s de P8
twitter : @ExileesOccupP8

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