Lutte des jeunes isolés étrangers - retour sur la journée du jeudi 26 février

La PAOMIE (Permanence d’accueil des mineurs isolés étrangers) a été occupée jusqu’au soir, et expulsée par la police.

La journée d’hier a été importante pour cette mobilisation.

Dès 14h, des jeunes ont eu la volonté d’occuper la Paomie.
Un de leurs amis venait de perdre un oeil, faute de traitement (la Paomie qui est censée orienter ces jeunes ne leur dit pas que l’Aide médicale d’État -AME- est donnée « d’office » à TOUT mineur en France et qu’ils peuvent en bénéficier). Un autre, mineur, venait d’être placé en CRA à Lille (ce qui est illégal, mais on n’est plus à ça près...).

Si les militants aguerris se sont laissés surprendre par ce spontanéisme, la solidarité s’est tout de même mise en place : occupation de la Paomie jusqu’au soir.
Les jeunes avec leur soutiens ont ensuite été évacués. À priori, pas de GAV.
Il y a eu par la suite une tentative de bloquer la circulation et de partir en « manif sauvage » (comme on dit). Là encore, dans la spontanéité.

Mais très vite, les flics ont « nassé ». Tout le monde a pu sortir sans contrôle, après un long moment de fichage à la caméra à écouter les habituels blagues sexistes des flics.

Deux manifs ont lieu samedi 7 mars, une à 10h depuis la PAOMIE, avec les jeunes isolés étrangers qui rejoindra celle de 11h pour les lycéens sans-abri à Hôtel de Ville.

Il y a une AG inter-orgas le dimanche à 14h (locaux SUD, 144, bld de la Villette).

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Ce matin, vendredi 27, les jeunes se sont vus interdire l’entrée de la PAOMIE (une vingtaine). On leur a remis leurs évaluations, préalable nécessaire à leur reconnaissance de minorité (mais aussi occasion pour France Terre d’Asile [sic] et la Mairie de Paris de leur nier cette même minorité), sur le trottoir !

NB : cette évaluation, c’est le premier entretien des mineurs isolés étrangers avec l’administration. Il s’agit pour les travailleurs sociaux de :

  • confirmer que le jeune est bien sans représentant légal, donc potentiellement en situation de danger.
  • évaluer s’il est bien mineur. Les critères sont bien sûr absurdes, complètement subjectifs (pilosité, assurance durant l’entretien...). Les documents sont bien souvent contestés. Si il y a contestation de minorité, alors c’est parti pour un recours = tests osseux...

Note

NB : un événement très inquiétant a eu lieu. Cette forte mobilisation a vu réapparaître le prédateur sexuel « Paco » (qui s’est incrusté dans l’occupation ! Comment ? ça c’est la question qu’on se pose encore...). Pour info deux textes ici et .
Le fait qu’il s’agisse d’une mobilisation de mineurs vulnérables ajoute à notre inquiétude.
Si quelqu’un-e avait une version PDF de la brochure le concernant, et s’il-elle pouvait la mettre en ligne ou indiquer un lien, cela pourrait être d’une grande utilité et permettre à tou-te-s de savoir à qui ils-elles ont à faire.

Localisation : 10e arrondissement

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