Lettre d’Antonin, en détention provisoire depuis plus de 9 mois à Fleury-Mérogis

Le 18 mai 2016, une voiture de police est incendiée durant une manifestation sauvage partie place de la République.
Avec plusieurs autres individus, Antonin est rapidement interpellé. Incarcéré depuis plus de 9 mois à la prison de Fleury-Mérogis, il a écrit une lettre depuis sa cellule dans laquelle il retrace chronologiquement son parcours à partir de son arrestation jusqu’à son placement en détention provisoire décidée par la cour d’appel de Paris, le 2 juin dernier.

Publié sur le site prison-insider.com (site d’informations sur les prisons dans le monde), ce texte est le premier de la série des témoignages intitulée « Murs à part ».

Quatre personnes dont Antonin sont aujourd’hui placées en détention provisoire au sujet de cette voiture de police incendiée au printemps 2016. D’autres individus sont également sous contrôle judiciaire.

J’ai souhaité commencer à écrire sur ma seconde incarcération.

En effet, dans l’affaire pour laquelle je suis actuellement placé en détention provisoire depuis bientôt 9 mois, j’ai été incarcéré à deux reprises.
Une première fois à la maison d’arrêt de Villepinte, après 48 heures de garde à vue et 24 heures au dépôt au tribunal de grande instance de Paris. Nous étions alors quatre jeunes de 18 à 30 ans mis en examen dans le cadre d’une procédure criminelle.

La juge d’instruction en charge de notre dossier avait demandé le placement en détention provisoire pour le plus âgé d’entre nous et pour moi-même, alors âgé de 21 ans, et un placement sous contrôle judiciaire – soit une liberté « encadrée » - pour les deux autres, dont mon petit frère de 18 ans, Angel.

Au vu de la situation assez critique, pour nous qui n’étions jamais allés en prison, et qui ne nous étions jamais réellement préparés à cette éventualité, nos avocats respectifs s’étaient concertés et avaient demandé un « débat différé » devant le juge des libertés et de la détention, qui statuerait de notre mise sous écrou ou non, dans le but officiel de préparer notre défense, mais avant tout pour laisser la pression médiatique retomber autour des faits qui nous étaient reprochés.
Nous allions donc partir en prison en attendant les quatre jours de délai en vue de notre audience, envoyés à Fresnes pour l’un, deux autres à Fleury et moi à Villepinte.

J’aurais pu écrire plus longuement sur cette « découverte » de la prison, mais pour ce premier texte, j’ai préféré me concentrer sur les jours qui ont précédé ma seconde incarcération.
Il est difficile d’écrire sur sa vie, et sur des moments aussi douloureux, d’autant plus quand on le fait du fond d’une cellule de 9 mètres carrés, assis en tailleur sur un lit, avec pour seul support un plateau repas en profitant d’un moment d’accalmie de son co détenu.
Alors il m’est plus facile de commencer par le plus marquant, même si mes textes ne suivent pas exactement l’ordre chronologique réel des évènements.

Après deux jours et trois nuits passés au quartier arrivants de la maison d’arrêt de Villepinte, entassés à trois dans une cellule vétuste et minuscule, et totalement isolé de mes proches et de toutes informations concernant mes prochaines échéances – hormis via les chaines de télévision qui semblaient ne pas se lasser de ressasser en boucle les informations concernant mon affaire – j’étais finalement extrait vers le palais de justice de Paris pour l’audience face au juge des libertés et de la détention (JLD).

Lire la suite de la lettre d’Antonin en cliquant ici

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