Les révoltes se généralisent dans des territoires dominés par « l’état plurinational de Bolivie »

Alors que nous sommes en train de préparer la première date de grève du mouvement contre la Loi Travail, nous souhaiterions déjà préparer ses suites, c’est à dire l’organisation du blocage de l’économie. Pourtant, un certain néo-parti s’imagine déjà devenir une direction du mouvement social émergeant et tend à éviter toute les avancées réelles pour les réduire en calcul électoral.

Il est intéressant de regarder ce qui se passe actuellement en Bolivie. Le blocage, c’est bloquer les flux (routes, nœuds logistiques, rails, etc.) avec tout ce qu’on peut, notamment des pierres et tout objet pouvant servir à une barricade de bric et de broc. On tient des barricades à plusieurs : des dizaines, des centaines, des milliers. C’est ce qui se fait couramment, c’est une méthode de lutte répandue. Enfin, les horreurs boliviennes du « socialisme du 21e siècle » nous mettent en garde contre le politique, ses méthodes et ses finalités, mais aussi sur les moyens de le dépasser, de les combattre. Extraits du site Le Pressoir

Les alliances entres secteurs sociaux permettront la perte de pouvoir du MAS et le retour des autonomies populaires.

C’est la stratégie du mouvement en cours : en plus des liens établis avec la CONAMAQ (Conseil National des Ayllus et Marqua du Qullasuyu) et une partie de la CSTUCB (Confédération Syndicale Unique des Travailleurs Paysans de Bolivie) de l’altiplano, plusieurs « secteurs sociaux » tendent à se coordonner dans la lutte et de nombreuses délégations sont allées à la rencontre d’autre secteurs et luttes en cours.

Un certain nombre de conflits que les ONG aiment à qualifier "d’environnementaux" se sont unis à cette protestation. En effet, les exploitations minières ou d’hydrocarbure comme le développement capitaliste en général peuvent largement nuire à la population pour des raisons diverses.

Un reportage sur la lutte pour la défense du Territoire indigène et le parc national Isiboro-Sécure

Dans l’Amazonie à l’est du piémont des Andes au centre de la Bolivie se trouve actuellement un lieu où vivent plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ces populations amazoniennes ont été chassées au cours d’une guerre invisible au fur et à mesure de l’extension de la culture de la coca rattachée au narco trafic dans le Chapare au piémont des Andes. Aujourd’hui, la population s’est réfugiée plus en profondeur dans l’Amazonie. La population s’oppose à la construction d’une route terrestre transocéanique promue par le Mercosur et l’OMC pour intégrer ces territoires à l’Economie Mondiale. Cette route signifie pour la population amazonienne l’arrivée et l’accaparement du territoire par les réseaux de trafics de bois, de ressources, de personnes, de production et de trafic de cocaïne, ou d’élevages intensifs, et c’est pour cette raison qu’ils s’y opposent.

Dans un certain nombre de régions, les populations s’opposent au projet et aux mégas projets notamment miniers. Un exemple parmi d’autres, actuellement dans la région de Tarquia non loin de la frontière argentine, la population résiste à l’implantation des entreprises d’extraction d’hydrocarbure. Nombre de conflits opposent les populations rurales aux effets dévastateurs des exploitations minières et autres projets extractivistes de tous types de ressources naturelles.

Tous ces secteurs en lutte pour la défense des territoires tendent à s’unir dans la mobilisation en cours.

Voici un enregistrement audio de l’accord entre Achacachi et le Tipnis, enregistré depuis les barricades dans la province d’Omasuyos.

D’autres secteurs se mettent en mouvement autour de revendications propres et tous critiquent ouvertement le régime bolivien.

Dans les zones des Yugas dans les basses Andes au nord du territoire bolivien, les cocaléros traditionnels (qui cultivent la coca pour l’usage courant de la feuille de coca), critiquent les lois sur la coca. Un peu partout, on commence à parler à demi-mot de lutte contre un « narco-état » pour qualifier le régime d’Evo Morales.

Dans la région d’Oruro à côté du lac Popo, le village de Challapata a décidé, après réunion, d’initier un blocage pour demander la démission du maire, lui aussi accusé de corruption. De nombreux village sont touché par des mouvements de ce type.

Mais ce qui laisse penser que le conflit pourrait se généraliser, c’est l’afflux constant d’appuis de tous les secteurs de la population rurale et urbaine sur les blocages, et ce, à divers endroits.

Les organisations sociales et communautaires d’El Alto (la banlieue de La Paz), les travailleurs de l’éducation et les ouvriers de cette région, des coopératives de transport collectif, les petits commerçant informel de la région de Sucre, les organisations de voisins de Potosi, tous ont décidé de participer aux luttes et aux blocages. Des rencontres, des assemblées ont lieu dans les Andes comme en Amazonie, on y parle de la répartition capitaliste des richesses, d’extractivisme, de corruption, de dictature et des moyens d’en finir.

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Jallalla Qullasuyu Marka

L’énorme diversité de l’autonomie sociale, politique et productive de la société face à ce qui l’opprime persiste et renoue avec d’innombrables expériences d’en bas, qui, malgré leur articulation avec le capitalisme et dominées par l’État, sont encore des activités partiellement coopératives, de réciprocité et de résistance ou génération de solutions émancipatrice. Ce potentiel de logique familiale, amicale, communautaire, paysanne, artisanale, semi-mercantile et semi-prolétarisée pourrait faire exister davantage les formes d’auto détermination qui sont déjà présentes dans ces territoires sociaux et géographiques diffus. L’auto-détermination sociale existe en tant que capacité d’autonomie et de résistance, et a parfois tendance à générer des formes auto organisées et émancipatrices d’usage, des biens communs naturels, des moyens de production collectifs, d’us et coutumes sociaux auto organisés. Ces relations acquièrent une importance considérable, car elles représentent une densité sociale, la possibilité ouverte de passer d’un espace occupé et pris à un territoire où de nouvelles formes de sociabilité sont créées et recréées. La lutte est basée sur ce tissu de relations et de forces qui sont à notre portée. Ce sont ces territoires sociaux qui se battent, s’organisent, résistent, créent et construisent.

L’histoire récente doit nous permettre de nous éloigner de toute perspective réformiste ou étatiste, affirmant « l’inclusion » des organisations sociales à l’État. Car, dans ce cas, l’autonomie politique et matérielle des populations devient une charte entre le commandement politique et la société (c’est à dire la masse des exploité-es et opprimé-es). La législation codifie les termes d’une relation subordonnée. Ainsi le Pouvoir met en place, progressivement et prudemment, l’œuvre de démantèlement de l’ordre social autonome pour la reproduction de la prédominance économique et politique des politiciens, des employeurs et du capital national et transnational.
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Que muera la dictadura capitalista del estado boliviano !

Jallalla lxs que luchan !

Pour lire tout l’article, voir toutes les vidéos, photos, notes, etc vous pouvez aller sur Le Pressoir.

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