Les journalistes d’Europe 1 et LCI sont des menteurs

Les journalistes d’Europe 1 et LCI tentent d’ériger le Mili comme une cellule vivant tapis dans l’ombre, en semi-clandestinité et n’ayant recours qu’à la violence. Le Mili n’existe plus en tant que collectif, mais en tant que plateforme de relais des luttes.

D’anciens membres tiennent à déconstruire cette image que la presse dominante tire en reprenant l’argumentaire préfectoral qui cherche des responsables à une révolte qui gronde contre les violences policières et d’État, dans une réponse publiée sur la page Facebook du Mili.

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Vous vous demandez sûrement pourquoi nombre de manifestants vous détestent, vous prennent à partie ou n’ont aucune confiance en vous ? Pourtant la réponse est simple. Pour une écrasante majorité vous n’êtes que des supplétifs de la préfecture de Paris et ne faites que colporter ses dires sans jamais prendre le temps de vous renseigner ou de faire un travail de fond - oui, un travail de journalisme quoi.

Si vous vous étiez renseignés un minimum en lisant par exemple les anciens articles qui traitent du Mili sur VICE News, Mediapart et bien d’autres, peut-être que vous auriez compris que l’antifascisme n’est pas une catégorie ni une identité, mais une branche d’un combat plus général contre un système politique et économique qu’on nomme le capitalisme qui contribue à créer de nombreuses oppressions spécifiques.

On ne préfère même pas s’attarder sur les supposés chercheurs que LCI a invité pour nous enfermer dans des prismes dépassés, alors que les conceptions antifascistes se renouvellent tout autant que le fascisme connaît des restructurations conséquentes pour se faire une nouvelle image. Ah et au passage, superbe analyse sociologique des anciens membres du Mili et de ceux de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue que vous ne connaissez pas - quelles sont vos sources ?

De plus, l’appel à bloquer les lycées n’est pas venu de "nous" car ce "nous" n’existe plus et que cette page n’est qu’une simple plateforme pour relayer des luttes et les faire mûrir. Oui, ce n’est pas facile à comprendre, ça demande de creuser un peu la question et de ne pas s’enfermer dans la construction d’un pseudo ennemi intérieur radical qui vouerait une existence entière à la violence pour la violence en manipulant des jeunes.

La mobilisation autonome et indépendante des lycéens contre les violences policières a été exemplaire. Un texte rédigé par quelques lycéens et étudiants a été publié sur cette page simplement pour donner un peu de contenu comme beaucoup d’autres l’ont fait en tractant devant des lycées ou facultés.

Des proviseurs d’établissements viennent dire que le Mili serait composé d’une centaine de personnes, alors que quand le Mili existait on n’a jamais dépassé la quarantaine. Très bonne blague. MERCI !

Par contre, peut-être que les lycéens se masquent car vous les menacez de les exclure pour un blocage ? Peut-être qu’ils en ont marre des caméras à chaque coin de rue et aux entrées des établissements ? Peut-être que la défiance vis-à-vis de la police se développe de plus en plus ? Peut-être que si le 15 septembre vous n’aviez pas demandé à des flics de venir empêcher des blocus à l’aide de flash-ball la situation serait différente ? Tout un tas de questions qui ont l’air plus logique que de mentir consciemment en cherchant à nier le caractère d’une mobilisation.
Au passage quelques slogans pour vous instruire : "Tout le monde déteste la police", "Flics, violeurs, assassins", "police partout, justice nulle part", "Zyed, Bouna, Théo & Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas" et bien d’autres.

On remercie LCI de s’inquiéter pour les anciens membres du Mili, mais nous ne sommes pas reclus, ni une conspiration secrète vivant dans la clandestinité, pour la plupart scolarisés au lycée ou à la faculté, d’autres travaillent ou font des activités diverses, avec des galères de jeunes comme les autres et c’est ça qui fait notre force d’appel : être des jeunes comme les autres qui ont décidé de se bouger pour essayer de vivre autrement car ce monde ne nous convient pas.

Le jour où vous ferez vraiment du journalisme plus que de produire du mensonge pour faire du clic et du fric, peut-être que ça changera quelque chose.

Le jour où vous serez là quand des collectes pour les migrants sont organisées, des manifestations qui se passent sans heurts, des barbecues pour que les gens se rencontrent, des tournois de foot solidaires, des concerts pour aider telle ou telle lutte, dans les lycées et facultés pour questionner les véritables problèmes, lorsque des discussions théoriques sont organisées, bref, partout où vous n’êtes pas car vous voulez simplement faire le buzz et le buzz vous conduit à légitimer un parti tel que le Front National (askip c’est plus un parti fasciste donc on s’en fout hein bande de charognards d’universitaires), peut-être qu’on pourra vous appeler autrement que des « charognards ».

Les deux liens en question.

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