La chef d’établissement de Bergson a raté son parcoursup !

Bref compte-rendu de la matinée du 1er février 2018 devant le lycée Bergson à Paris 19e arrondissement.

Des élèves avaient prévu de bloquer l’entrée de l’établissement, dans le cadre, notamment -mais pas que ?-, de la contestation qui monte contre les réformes profondément injustes en cours dans l’enseignement secondaire (réforme du baccalauréat) et supérieur (« parcoursup » !).
C’est au lycée Bergson que de nombreux cas de violences policières se sont déroulés lors du mouvement contre la loi travail et son monde. Depuis 2016, rien n’a changé aux abords de ce lycée : la répression policière et administrative continuent de s’abattre sur les jeunes qui rechignent à se taire. A ne pas exister.
De son côté, la justice fait aussi son travail et a récemment condamné un des lycéens poursuivi depuis la journée du 24 mars 2016.

Récit :

La chef d’établissement de Bergson a raté son parcoursup, et elle le fait payer cher aux lycéen-ne-s qu’elle souhaite gouverner !

En effet, ce matin, c’était elle la star devant « son lycée », ou plutôt sa cage.
Oui sa cage, où elle n’a eu de cesse de vouloir faire entrer tous les jeunes ayant l’air de lycéens ou de collégiens pouvant se présenter devant sa porte.

On l’imagine, la Mme Schnäbele, trépignant d’impatience hier soir avant de se coucher. D’ailleurs il parait qu’elle n’a pas dormi de la nuit. Trop excitée à l’idée de pouvoir collaborer avec les service de police de la République en marche.

Ce matin dès 7h00, on ne sait pas trop au final si ce n’est pas elle qui a coordonné les patrouilles de policiers en civil dans deux voitures banalisées (vous savez, ce genre de voitures qui touche presque le sol, dont les amortisseurs arrières souffrent le martyre sous le poids des gugusses qui sont dedans).
Les deux voitures de police donc, chacune chargée de quatre policiers en civil. Tournant autour du lycée Bergson à la recherche du moindre petit lycéen a se mettre sous la dent. Sans relâche.

Vers 7h40, ça commence à s’agiter. Par ici une petite grappe de jeunes qui s’enfuient à la vue d’un des deux groupes de flics.
Vers 7h45, un chef flic vient à la rencontre de la Schnableuleu, qui flambe dans sa belle parka rouge vif. Ils échangent deux trois mots doux, se félicitent de ce qui pour le moment est une réussite pour eux : pas de blocage à l’horizon.

On retiendra qu’elle a été d’une douceur extrême la Scheubeleu. Avec son collègue de la police nationale. Elle lui a même demandé un peu naïvement si il voulait son numéro (qu’il avait déjà bien sur ...). « Et merci beaucoup » lui dit-elle avant qu’il s’en aille rejoindre ses sbires restés coincés dans la voiture.

Il est 8h00. C’est l’heure officielle pour tous les collégien-ne-s, et lycéen-ne-s d’aller potasser le programme qui les attends en cours. On a pas vu l’ombre d’un-e prof devant le lycée. Peut-être la Mme Schnäbele les avait-elle séquestrés la veille au soir sur ordre de la préfecture dans la cage pour être sûre de leur absence auprès des lycéens ce matin ? Comme lors du 24 mars 2016 ?
On se souvient qu’elle n’avait pas hésité à fermer « son » lycée le 18 janvier dernier dès 16h00 pour éviter tout contact avec la manif contre les violences policières et la répression administrative.

Manif coordination antirep Lycée Bergson 18 janvier (Paris). Photo : LaMeute

Bref. Toujours aussi impressionnants, les lycéen-ne-s, qui s’en sont pris plein la tête en 2016, et régulièrement depuis, ne veulent pas croire que ces chiens de la casse aient pu saboter le blocage qu’ils avaient prévu.

Ils se regroupent devant le lycée. Echangent. Emettent des hypothèses. Un groupe d’étudiants fait son apparition. Ils sont venus pour les aider. Ou plutôt participer. Ensemble.
1-2-3 : C’est parti !
Toute la bande file, aux quatre coins de la rue Pailleron pour chercher de quoi obstruer l’entrée.
Chacun-ne revient au compte goutte avec ce qu’il-elle a pu trouver sur son passage : poubelle, barrière de chantier, vélo « libre service ».

S’ensuit un bon quart d’heure d’une lutte acharnée du personnel de l’établissement (Mme Schnäbele et ses sbires à elle) pour empêcher le blocage.
L’un deux est particulièrement virulent, il balance tout sur son passage.
A quelques dizaines de mètres, les bleus, on les sent envieux. Ils ont froid. Il aimeraient bien venir au soutien de leurs collègues de l’éducation nationale. Mais le chef a pas lâché les chiens. Branché au tawlkie, on a l’impression qu’il évalue sa stagiaire Schnäbleubleu en situation réelle. Il la laisse en autonomie. Elle se débrouille drôlement bien.

Vers 8h25, c’est la fin du combat. En quelques instants, les lycéen-ne-s entrent, les étudiant-e-s partent. Il annoncent 14h à Jussieu.

Il reste plus que l’équipe rouge (de la chef d’établissemet) et l’équipe des bleus devant la porte de la cage.
Il débrieffent. Ils ont vraiment fait du bon boulot sans avoir besoin de l’équipe des jaunes de la dernière fois (les parents d’élèves badgés).

Tout le monde déteste la flicaille, des comicos aux bahuts.
Vive la lutte. Vive les lycéen-ne-s et étudian-tes mobilisés.
Toutes et tous devant les collèges et lycées les jours de mobilisation !

Mots-clefs : luttes lycéennes | lycées
Localisation : 19e arrondissement

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