Invitation générale à une assemblée autonome

Construisons l’autonomie et son monde !
Invitation générale à une assemblée autonome Samedi 2 juin à 15 h à l’université de Nanterre

Invitation générale à une assemblée autonome

Nous sommes un nombre certain à nous bouger sur les diverses manifs, initiatives, assemblées, occupations… du mouvement social

Nous sommes un certain nombre à ne vouloir se laisser enfermer, ni dans l’assembléisme universitaire, militant professionnel ou syndical, ni dans un mouvement qui serait strictement catégoriel et revendicatif.

Depuis le printemps 2016, un retour de l’autonomie -comme forme et pratiques diverses- est visible à une échelle autrement plus importante que ce n’était le cas depuis des décennies en France.

Si nous sommes toujours plus nombreu.x.ses à nous réclamer de l’autonomie ou à adopter certaines de ses pratiques, force est donc de constater que le mouvement social que nous vivons, se dote de moyens d’organisation qui sont, pour l’essentiel, en contradiction avec cette tendance à l’autonomie.

En dehors des canaux purement syndicaux, ces moyens (assemblées, coordinations...) sont souvent vérolés par des groupes plus ou moins gauchistes et enrobés de tout un cérémonial démocrate censé masquer les diverses manœuvres de ces mêmes groupes. Bref, on a souvent l’impression d’être spectateurice-participant.e d’une grande messe type assemblée nationale ! C’est drôle cinq minutes, mais surtout d’un ennui profond…et ça ne nous fait pas avancer.

Dans un contexte de précarité et de flexibilité de l’exploitation massives (chômage, études, travail domestique, Uber/Deliveroo, auto-entrepreneuriat, intérim, CDD, stages, travail au noir, saisonnier, service civique, intermittence, travail du sexe...), il est indispensable de penser des modes d’organisation et de lutte adaptés à des réalités multiples sur lesquelles les moyens traditionnels d’organisation type syndicats n’ont presque aucune prise. Nous pensons que la création et la multiplications de collectifs et groupes autonomes est un moyen adapté à ce contexte de flexibilité, de fragmentation et d’atomisation. De même que la forme d’assemblée autonome l’est à ce contexte de mouvement social.

En nous déployant sur un terrain non envahi par les machines syndicales, nous pouvons nous organiser plus facilement par nous-mêmes, sans avoir à subir l’hégémonie de ces structures hiérarchiques aliénantes. Autant ce contexte de précarité massive que le mode d’organisation autonome, nous permettent de produire des formes et outils divers qui soient nôtres, dans un champ très vaste et relativement libre. Historiquement, cette occasion ne s’était pas présentée, sur un plan aussi large, depuis un bon moment ! À nous de la saisir. De construire cette force qui nous manque !

Dans la lutte, il apparaît clairement que nous ne nous battons pas uniquement contre d’énièmes réformes ou contre un président libéral mais contre une société globale dont il ne sont qu’une expression. Un monde de marchandises, d’exploitation et de dominations, de hiérarchies et de flics... Un monde basé sur l’aliénation de notre pouvoir dans toutes les facettes de nos vies.

En luttant, nous reprenons, de fait, du pouvoir par nous mêmes, à la base, nous faisons preuve d’une forme d’autonomie politique. Cette expérience de reprendre un peu de pouvoir sur nos vies produit toujours une sensation d’extraordinaire (de ce simple constat apparaît, justement, l’ampleur colossale de notre aliénation ordinaire).

Ce pouvoir que nous récupérons par bribes nous fait entrevoir le monde que nous pourrions gagner. Ce monde est à construire. Cela ne sera possible que dans une lutte de long terme, sur des plans multiples, contre son contraire, contre le monde aliéné ou nous vivons, ses tenant.e.s et gardien.ne.s.

-Nous avons besoin de mettre en commun et de construire des outils qui nous appartiennent en propre afin d’être maître.sse.s de notre mouvement.

-Nous avons besoin de développer ces outils afin de perdurer et de nous multiplier au-delà de ce mouvement (qu’il soit victorieux ou non).

-Nous avons besoin de causer de fond ! De partager, d’affiner, d’enrichir et de solidifier des analyses, des positionnements communs…

-Nous avons besoin de prendre le temps et les espaces pour approfondir la subversion de nos rapports sociaux et des normes qui en découlent. Alimentant ainsi d’avantage le monde que l’autonomie porte en germe, plutôt que la reproduction de celui qui nous aliène et nous stratifie.

- Par et dans la lutte contre cette société globale de marchandises, de classes, de dominations, nous avons besoin de construire l’égalité, le pouvoir à la base dans tous nos rapports : seule pratique possible d’une liberté commune. De construire l’autonomie politique de tou.te.s et chacun.e. Condition et principe directif de toute stratégie ayant pour but réel l’émancipation collective.

Il importe plus que jamais de se réclamer de l’autonomie pour ce que ce mot signifie comme pratique réelle, tant dans une lutte commune que dans nos rapports interpersonnels, quotidiens ou intimes.

C’est un principe non négociable qui implique et permet la remise en question multiple, permanente et radicale de nos rapports aliénés et inégalitaires sans s’enfermer dans un fétichisme identitaire ne menant qu’à la reproduction de la merde qui nous étouffe, un principe avec lequel on ne peut transiger dans la construction de notre pouvoir à tou.te.s et chacun.e.

L’autonomie, ce n’est pas le fantasme, et la récupération publicitaire qu’en font ces citoyens « radicaux », leur partis plus ou moins assumés, et leurs milices « de gôche », avec leur palmarès de tactiques opportunistes et naïves, de manipulations minables, de dissociation et de trahisons.

Bref. L’autonomie n’est pas une affaire de parti ! C’est notre affaire. C’est se battre par soi et pour soi même en partant de sa situation concrète, sans sauveur suprême. C’est l’affaire du monde que nous construisons et qui nous appartient à tou.te.s !

Exploitation, patriarcat, racisme, assignations /aliénations identitaires, séparation, État, hiérarchies… Leur fin sera la multiplication sans fin de nos moyens !

Rencontrons nous, pour échanger, nous organiser par nous mêmes, porter nos propres pratiques et actions, alimenter le ciment qui nous fera durer.

Nous vous invitons à une première assemblée autonome le :

Samedi 2 juin à 15 h à l’université de Nanterre

Précédé d’un barbecue vegan à 12h

Et encourageons vivement toutes initiatives de ce type, partout (et tout le temps) !

Construisons l’autonomie et son monde !

P.-S.

Si l’assemblée ne peux se tenir à Nanterre (pour cause de repression), nous demanderons asile aux autres lieux occupés (en priorité à la fac de st-denis si elle accepte).

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