Du colonialisme d’hier au racisme d’État aujourd’hui.

Retour sur la manifestation du 21 mars, contre le racisme et le fascisme, à laquelle la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA) a pris part avec le communiqué diffusé par la CGA.

Pour en finir avec le racisme et le fascisme, c’est la lutte sociale qui est nécessaire.

Contre le poison raciste islamophobe et antisémite, c’est en reprenant le chemin des luttes qu’on pourra en finir.
Voici les prochains rdv de lutte

Soutien à la lutte des étudiant-e-s stagiaires des ESPE contre l’islamophobie et le sexisme.
A la manifestation du 21 mars, près d’une trentaine de participant-e-s au cortège contre les exclusions islamophobes à la fac ! La lutte continue !
https://paris-luttes.info/interdiction-du-port-du-voile-a-l-2853

A venir :
Soutien aux luttes du centre social Attiéké ! Contre les expulsions et pour la réquisition des logement vides

  • rendez-vous à 13h30 samedi 28 mars pour un rassemblement devant la mairie de St Denis, (métro Basilique, gare de St Denis-rer D). Cortège parisien pour la réquisition dans la manifestation contre les expulsions avec la fin de trêve d’hiver.

Comprendre pour mieux lutter
27 Mars, 20h : Conférence–Débat / L’antisémitisme hier et aujourd’hui — Comprendre pour mieux le combattre au centre social auto-organisé l’Attiéké 31 bd Marcel Sembat.
http://www.cga-rp.org/?p=382

Communiqué du groupe de la région Parisienne

Encore une fois de plus le racisme d’État frappe et gagne des avancées considérables dans la société. Alors que des organisations soi-disant militantes sont plongées dans une myopie politique, sans retour et dangereuse, l’exemple le plus frappant demeure l’initiative prise par l’intersyndicale de format·rices·eurs de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de Créteil visant à interdire le port de signes religieux aux étudiant·e·s stagiaires alors qu’il n’existe pas de législation interdisant le port de signes religieux au sein de l’enseignement supérieur. C’est une attaque contre les femmes et leur volonté de choisir leur vie.

Nous dénonçons l’État policier et ses crimes racistes. Un contrôle d’identité qui tourne mal, une personne est tuée. La police plaide la légitime défense ou une mort « naturelle ». La victime est criminalisée. L’État et les médias relaient la version officielle, c’est-à-dire la version policière. Et la justice acquitte. Toujours le même scénario. 90% des victimes de crimes policiers sont racisées1. Ce n’est pas un hasard.
En 2005, Zyed et Bouna sont morts parce qu’ils étaient poursuivis par la police. Trois semaines de révoltes lourdement réprimées partout en France. L’état d’urgence est décrété, c’est la première fois en France depuis la guerre d’Algérie : tout un symbole. Dix ans que les familles de Zyed et Bouna attendent que justice soit faite. Dix années de procédure judiciaire pour que le procureur demande la relaxe des policiers… Dix ans d’attente pour une injustice de plus ?
Depuis dix ans, ce sont des dizaines de victimes tombées sous les coups et les balles de la police : Lamine Dieng, Wissam El Yamni, Amine Bentounsi, Lahoucine Ait Omghar, Ali Ziri, Abdelhakim Ajimi, Abdoulaye Camara, Bilal Nzohabonayo… et tant d’autres.
À chaque fois, mensonges d’État, mensonges de la police, une justice complice qui acquitte voire couvre, nie ou légitime. Pourquoi ? Parce que les crimes policiers sont le fait d’un racisme d’État. La police peut tuer en toute impunité, parce qu’au regard de la République, historiquement coloniale et esclavagiste, certaines vies ont moins de valeur que d’autres. Ni erreur, ni bavures : la police est un appareil d’État dont la violence est organisée rationnellement et légitimée par des procédures légales. Le contrôle d’identité au faciès, comme un rappel à l’ordre symbolique, est l’expression quotidienne d’un racisme structurel . C’est, pour la police — au service de l’État — un moyen de contrôle et de soumission des minorités nationales et religieuses. État et police, main dans la main, perpétuent ainsi la domination blanche et bourgeoise.

Dans un contexte de peur et de méfiance, en plus de la pression sociale qui étouffe les couches populaires les plus précaires (pouvoir d’achat, chômage, précarité des salaires, remise en cause des acquis sociaux les plus élémentaires), les Fidèles et les compradores capitalistes se frottent les mains et profitent pour prendre nos libertés et nous détourner des réalités sociales par un projet de lois liberticides dit nouveau projet de loi sur les renseignements qui sera présenté au parlement dans les jours à venir.

Ce n’est plus un étonnement, suite aux attentats qui ont lieu mercredi dernier en Tunisie, d’entendre le directeur du guide du routard dire que la Tunisie a besoin d’être protégée par la France car « n’oublions pas que la Tunisie a été sous protectorat français ». Et dire par la suite que ces attentats ont un avantage, les touristes pourront profiter de prix attractifs. C’est effectivement sans complexe que le passé colonial est remis au goût du jour : domination, paternalisme, exploitation.
L’État et ses satellites (mairies, partis…) s’appuient sur la peur provoqué·e·s par les attentats de début janvier pour renforcer un nationalisme d’État, raciste.
Nous nous opposons à la mascarade républicaine et nationaliste menée par le gouvernement, qui tente d’unir derrière lui l’ensemble des partis bourgeois, du Front national au Front de gauche, ce qui participe au confusionnisme ambiant et à la banalisation des idéologies de l’extrême-droite.

Nous dénonçons le climat raciste et islamophobe qui sévit dans ce pays et en Europe depuis plus de vingt ans avec son corollaire de lois liberticides et répressives envers les immigré·e·s, les musulman·e·s et les minorités nationales. C’est ce qu’on observe déjà rien que dans les menus pur porc imposés.
Ainsi nous condamnons les politiques menées par l’État, notamment le quadrillage des quartiers populaires, les expulsions, la chasse aux femmes voilées (dans les écoles, universités, lieux d’hébergement, touristiques…), aux sans-papiers et aux Rroms, les arrestations, y compris pour « apologie du terrorisme », de personnes ivres ou mineures parfois même, et les exécutions qui ont forgé depuis de trop nombreuses années les bases d’un racisme « décomplexé » et ont largement contribué à l’augmentation des actes de violence à l’encontre des musulman·e·s et des personnes désignées comme telles.

Nous dénonçons également la déferlante islamophobe datant de ce début d’année, allant de l’agression physique contre des femmes à l’attentat à l’arme de guerre dans une indifférence quasi-totale des médias.

Nous dénonçons de même un antisémitisme où la minorité nationale juive est rendue responsable de l’oppression des autres minorités, dans un contexte de multiplication des actes antisémites, dont la prise d’otage début janvier. Mais nous ne sommes pas dupes et dénonçons l’instrumentalisation de l’État qui cherche systématiquement à désigner les musulman·e·s, comme intrinsèquement antisémites et hostiles aux Juives et Juifs. Un tel discours permet d’activer des dynamiques racistes et islamophobes alors que l’antisémitisme est en réalité un vieux produit du nationalisme français.

« L’unité nationale » se fait automatiquement dans l’exclusion des minorités opprimées (immigré·e·s, Rroms, sans-papiers, LGBTI…). Mais bien plus, les monter les unes contre les autres est aussi une stratégie d’État pour maintenir son pouvoir.

Nous n’oublions pas plus généralement la misère sociale, la stigmatisation par l’État et les médias des minorités musulmanes et Rroms et l’impérialisme des États, qui ont largement leur part de responsabilité dans le climat actuel.
Dans un contexte s’inscrivant dans la montée générale du fascisme, tout ceci converge vers un même prétendu « choc des civilisations » qui entretient l’idée d’une « guerre de tou·te·s contre tou·te·s ».

En tant qu’anarchistes, nous refusons cela et prônons la lutte contre le système capitaliste, patriarcal, raciste, impérialiste et néocolonial, par tous les moyens requis, incluant la prise en charge de notre propre autodéfense.

Nous devons permettre l’alliance entre toutes les minorités opprimées, qu’elles soient religieuses, nationales ou sexuelles, de manière autonome et sans hiérarchie. Nous avons besoin de nous unir autour de nos intérêts communs, sur des bases de classe, pour développer des luttes populaires capables de faire plier nos ennemis : États et bourgeoisies, quelles que soient les étiquettes dont ils se parent (« républicain », « islamiste »…).

P.-S.

Pour nous contacter, suivre nos infos :
region-parisienne@c-g-a-.org
www.cga-rp.org
FB : CGA région parisienne

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