Compte-rendu des manifestations et blocages lycéens contre les expulsions

Le Mouvement Inter-lycées indépendant (MILI) appelle au blocage de tous les lycées pendant toute cette première semaine de rentrée. Infos et suivi de ces journées de mobilisation.

N’hésitez pas à nous envoyer vos infos à paris-luttes-infos@riseup.net

Dernière mise à jour de l’article : dimanche 10 novembre.

Prochaine journée de mobilisation

Jeudi 14 novembre à 12h, à Bastille !

Jeudi, nouvelle journée de mobilisation

Témoignage et compte-rendu de la manifestation :

12h, les lycéens se massent sur la place de la République. Jusqu’à 13h, des « grappes » de manifestants arrivent, certains de banlieue (St Ouen notamment).

Aux alentours de 13h, la manif démarre lentement sur le boulevard Voltaire. Le cortège est très compact tandis que les CRS ferment la manifestation avec leurs nombreuses camionnettes. Le long des commerces, des groupes de flics en civil suivent de près les groupes de jeunes en « bande ».

À de nombreuses reprises, des échanges tendus ont lieu entre le service d’ordre (principalement composé de militants syndiqués) et des gens se revendiquant du MILI [la coordination inter-lycées]. Ces derniers protestent les méthodes musclées du service d’ordre.

Peu de temps après l’arrivée d’un cortège (très motivé) de St Denis (lycée Paul Éluard), une arrestation a lieu au-devant de la manifestation (pas eu connaissance de l’origine de l’interpellation). Un jeune se fait molester par un keuf. Plaqué sur une vitrine de magasin, le jeune reçoit des coups de genou au niveau des fesses et du bas du dos. Sans plus attendre, une trentaine de manifestants accourent pour venir le dégager de ce merdier. Les civils arrivent eux aussi en masse. Durant 2 minutes, c’est la confusion. Il y a alors une cinquantaine de jeunes qui encerclent les civils et tentent d’attraper l’interpellé. Les civils sortent les matraques téléscopiques et jouent aux ninjas. Durant le face à face, 2 jeunes (peut-être 3) sont ceinturés et attrapés. Les manifestants continuent à foutre une pression forte sur les civils qui se retrouvent de plus en plus encerclés, sans de véritable issue. Malgré les coups, les flics relâchent tout le monde et s’enfuient en vitesse. Dans la mêlée, un civil qui s’échappe de la nasse en profite pour donner gratuitement un très fort coup de matraque à l’arrière du genou d’un ado (au niveau de la pliure). Ce dernier boite, s’asseoit quelques instants mais veut continuer la manifestation (il la terminera en boitant).

Après cette escamourche, les civils se font plus discrets même si leur présence reste considérable.

Une fois à Nation, une soixantaine de manifestants partent en vitesse prendre le RER avec comme objectif l’occupation des voies de la gare de Lyon. Le mot n’a certainement pas assez tourné. Malgré tout, ce sont près d’une centaine d’individus qui rejoignent progressivement la gare en petit groupe. Malheureusement, le 1er groupe arrivé à 60 se fait encercler juste devant les voies du hall fraichement rénové. Totalement encerclés par les CRS, la tension monte petit à petit face à l’afflux régulier d’autres manifestants. Toute la sûreté ferroviaire, police urbaine, CRS est au taquet. Toutes les voies sont surveillées par des CRS. Les personnes « suspectes » sont envoyées de force dans le groupe encerclé. La résistance continue et 10 individus arrivent à se détacher du cercle après quelques empoignades. Les flics emmènent alors le groupe au sous-sol de la gare. Ils font sortir les gens un par un, mais ces derniers se regroupent très rapidement un étage en dessous (au niveau de la jonction RER - TGV Grandes Lignes). Les CRS parviennent de nouveau à en encercler une cinquantaine. Durant 3/4 d’heure, les gens sont parqués sans que rien ne se passe. Les touristes prennent des photos. Certains admiratifs des casqués face « à ces branleurs qui ne savent pas pourquoi ils manifestent », certains choqués des forces policières massives en présence.. Quelques accrochages verbaux ont lieu entre les manifestants autour et les flics. Ces derniers continuent à jouer un peu de la matraque pour écarter la foule qui se rapproche de temps en temps. Les gens sont relâchés du cercle une bonne fois pour toute vers 16h. Plus aucun autre rassemblement n’a eu lieu à ma connaissance, beaucoup ont rejoint leurs lycées pour les AG et préparer une nouvelle journée de mobilisation, certainement le jeudi 14 en jonction avec les facs en « lutte ».

Bilan : pas mal de lycées bloqués aujourd’hui. même si certains bahuts les plus mobilisés n’ont pas bloqué ce matin (Lavoisier, Sophie Germain, Charlemagne ou encore Berlioz à Vincennes par exemple), d’autres ont continué les blocages comme Dorian, Arago et bien évidemment Jenatzy le lycée de Khatchik. Intéressant surtout de voir de nouveaux bahuts de banlieue rentrer dans la danse (Jaurès à Montreuil, Blanqui à St Ouen, Paul Eluard à St Denis, un lycée de Sevran, un autre de Bezons dans le Val d’Oise).

Difficile de donner un chiffre du nombre de participants mais plus de monde que mardi c’est une certitude. Belle résistance face aux flics. Si nous étions trois fois plus nombreux...

L’heure n’est pas à la résignation. La lutte continue.

  • 16h30 : Les tentatives de blocage de la gare de Lyon ont échoué, les lycéens présents ont été refoulé dans les stations de métro. La manif est terminée. Des assemblées se tiennent dans certains bahuts. Une date est lancée pour une prochaine manif le jeudi 14 novembre. Il y avait aujourd’hui entre 1 000 et 2 000 manifestants.
  • 15h20 : Le groupe a été repoussé vers le métro.
  • 15h05 : Un groupe de lycéens est encerclé par la police sur les quais de gare de Lyon.
  • 14h00 : Altercation suite à une arrestation, sous la pression les flics en civil relâchent la personne arrêtée. Un jeune blessé au genou par une matraque télescopique.

Alors que le MILI [Mouvement Inter-Lycées Indépendant] faisait part, mardi, des difficultés à tenir les blocages devant les lycées, un certain nombre de blocages ont bien eu lieu ce matin, à Paris, mais également en banlieue parisienne où la mobilisation commence à prendre de l’ampleur.

Rendez-vous est donné aujourd’hui à 12h place de la République.

On fait maintenant état de 2 lycéens tabassés ce mardi par les forces de l’ordre, le premier, du lycée Colbert, a passé plus de 10h en garde-à-vue (voir ci-dessous), le second, du lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen a été hospistalisé dans la journée, alors que les profs cessaient le travail en signe de protestation.

Compte-rendu de la journée de mardi

  • 20h20 : Le lycéen de Colbert a été relâché. 1 jours d’ITT pour lui, deux jours d’ITT pour un policier apparemment... L’instruction n’est pas bouclée, les versions sont contradictoires, donc possible poursuites ultérieures.
  • 18h15 : un rassemblement a lieu devant le commissariat au métro Jacques Bonsergent, pour un lycéen de Colbert en garde à vue depuis ce matin suite au blocage. Tabassé à cette occasion, ses camarades ont aussi été gazés et menacés au tazer.
  • 15h30 : une assemblée Inter-lycées organisée par le MILI aura lieu à 16 h au CICP (21 ter rue Voltaire, Paris XIe).
  • 14h15 : le groupe de lycéens et lycéennes avance avenue Daumesnil. Beaucoup de flics dans le coin, protégeant la gare de Lyon.
  • 13 h : un cortège de 500 personnes environs est partie de la Place de la République en direction de Bastille. La manif devrait poursuivre vers Nation. À noter une très importante présence policière (uniformes et nombreux civils).
  • 11 h : gros dispositif policier à Nation, rue du faubourg Saint Antoine (une quinzaine de fourgons de gendarmes mobiles).

Ce mardi matin, au moins une vingtaine de lycées sont bloqués à Paris, d’autres en banlieue et dans toute la France. La manif est prévue à midi, place de la République.

Le mouvement inter-lycées indépendant (MILI) appelle aux blocages des lycées durant la semaine de la rentrée et aux manifestations du Lundi 4 Novembre à 11h, place de la République et Mardi 5 Novembre à 12h place de la République.

Notre mot d’ordre est très simple : nous voulons la régularisation de tous les élèves sans-papiers, de la maternelle à l’université. Nous invitons donc tous les parents, élèves, prof ou individus à rejoindre le mouvement.

Contre les frontières, pour la liberté.

Ce lundi matin

Il y aurait eu blocage dans les lycées suivants :

  • Turgot (3e arrondissement)
  • Charlemagne (4e arrondissement)
  • Dorian (11e arrondissement)
  • Paul Valéry (12e arrondissement)
  • Rodin (13e arrondissement)
  • Balzac (17e arrondissement)
  • Maurice Ravel (20e arrondissement)
  • Evariste Galois (Noisy-le-grand)
Localisation : Paris

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