Bidonvilles Vs La Défense : Acte 1

Une quinzaine de familles d’un campement à Nanterre sont menacées d’expulsion par l’organisme d’aménagement de la Défense. Empêchons les expulsions ! Rendez-vous à l’EPADESA mercredi 28 mai à 10h30 et au rassemblement de soutien à l’audience au TGI mardi 03 juin à 10h30.

Depuis un peu plus d’un mois, une dizaine familles se sont installées sur une friche bordant l’avenue de la République à Nanterre, sur un terrain laissé en friche depuis des décennies, mais appartenant à l’EPADESA, l’omnipotent aménageur de la Défense.
Ces femmes, ces hommes et leurs enfants ont construit des habitations de fortune, sans eau ni électricité, sur un lieu où ils essaient de subsister, dans l’indifférence générale. Malgré ces conditions de vie très difficiles, après être passés pour certains, dégagés pour d’autres de bidonvilles de Seine-Saint-Denis, ils maintiennent au mieux cet espace de vie, propre et convivial.

Indifférence générale. Mais pas celle de la police ni de l’aménageur de La Défense. En moins d’un mois, les habitants ont été assignés en justice pour être expulsés. La justice connaît une célérité inhabituelle. La situation n’est pas sans rappeler les bidonvilles et cités de transit de Nanterre, parfois situés aux mêmes endroits quarante ou cinquante ans plus tôt, et dégagés à leur époque sans ménagement. Aucune solution de relogement n’est aujourd’hui proposée : ni de l’EPADESA ni de la Mairie de Nanterre. Au contraire, les promoteurs de l’axe Seine-Grande Arche ont lancé une procédure en justice visant à l’expulsion en urgence auprès du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nanterre. L’action en justice arrive après trente ans d’abandon du terrain par ses propriétaires. Acculés par les avocats et les experts de l’EPADESA, les habitants n’ont eu que 4 jours (dont un week-end) pour constituer leur dossier de défense. Par ailleurs, la constitution du dossier par l’huissier du TGI de Nanterre montre le respect du détail pour une procédure jouée d’avance : les noms relevés ne sont pas les bons, la parcelle de terrain photographiée par l’huissier ne correspond pas du tout à celle occupée par le nouveau bidonville de Nanterre. Le tout au plus grand mépris des habitants du bidonville.

Que vaut la vie de ces dizaines de familles face aux tours de la Société générale et des multinationales comme AXA qui grignotent le territoire nanterrien ?

Quarante ans après, détruira-t-on à nouveau les bidonvilles de Nanterre en silence et sans résistance ? Expulsera-t-on leurs habitants sans solution de relogement ?

Nous, habitants de Nanterre, étudiants de l’université située à quelques pas des nouveaux bidonvilles, militants syndicalistes, associatifs ou simples citoyens, refusons que l’humain soit la variable d’ajustement de l’EPADESA. Nous étions présents à l’audience mardi matin à 11h pour le premier acte. Audience expédiée en quelques minutes. Verdict de la juge : « L’audience est reportée à la semaine prochaine même si je ne vois pas ce qu’ils peuvent bien avoir à dire. »
Compte tenu de l’urgence et du mépris affiché, nous nous sommes invités à la mairie de Nanterre pour exiger des élus de prendre position contre cette procédure d’expulsion mais aussi au siège de l’EPADESA, où un rendez-vous a été fixé avec le directeur adjoint afin de réclamer des explications et des propositions.

Rendez-vous à l’EPADESA mercredi 28 mai à 10h30 (Place Nelson Mandela).

Rassemblement de soutien à l’audience au TGI mardi 03 juin à 10h30.
Empêchons les expulsions !

bidonvillevsladefense@yahoo.fr

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