Grève chez GRDF et Enedis : « une cinquantaine de sites sont bloqués ».

Deux gazier-ères nous racontent le blocage de leur entreprise GRDF à Cleunay , un quartier Rennais. Avec une apparition bonus d’Édouard aux mains d’argent ;).
Article initialement paru sur Expansive.info.


Depuis quand vous avez commencé la grève et comment vous vous êtes organisés pour lancer le mouvement d’occupation ?

On a commencé il y a 15 jours à peu près avec 1h de grève par jour. En fonction des compétences de chacun·e, chef·fe de travaux ou opérateur-ice, on s’arrangeait pour qu’un·e opérateur-ice ou un·e chef·fe de travaux soit en grève pour que les chantiers soient bousculés ou pas finis en entier. Ça a bien perturbé pendant 1 semaine.

Quand on a commencé à faire ça, on savait d’avance que c’était pour préparer un blocage. On était au courant du mouvement qui prenait de l’ampleur à Marseille. On a aussi eu une situation délicate lorsqu’on a demandé à faire une réunion du personnel et qu’ils ont refusé moins de 48h ouvrées avant la date de réunion, donc hors délai légal. On est loin du respect et de la confiance qu’on demande. Clairement, c’est eux-mêmes qui ont mis le feu, sinon on ne serait peut-être pas parti sur un mode de blocage total. Peu de temps avant, ils avaient refusé 4 agents.

En amont, on s’était mis d’accord pour tenir le blocage jours et nuits. Le mardi matin, on s’est donné rendez-vous à 6h pour avoir le temps de faire ce qu’on avait à faire, de pas croiser le vigile et avoir un temps d’avance avec la direction pour qu’ils aient la surprise. A ce moment là, toute la partie « exécution » du service était en grève. Ce mouvement vient bien des exécutant·es terrain, et pas des bureaux. On a donc mis les camions devant l’agence, dégonflé la plupart des véhicules, mis des palettes pour bloquer l’entrée. Puis on a tout de suite mis de la rubalise pour que ça soit très visuel. D’ailleurs la direction a pas apprécié, elle est arrivée très vite avec des ciseaux pour tout couper. Au moins ça les fait sortir un peu de leurs bureaux. Et puis rapidement on a sorti les tables et on s’est installé sur le parking [...]

Là avec le soutien extérieur, on peut se permettre de faire un peu plus de la grève perlée pour pouvoir tenir plus dans le temps. L’objectif c’est de ne pas lâcher le blocage tant qu’on obtient pas ce qu’on veut. On arrête pas tant qu’on a pas des réponses qui nous conviennent. Mais on sait d’avance qu’ils vont essayer d’aller à la baisse comme toutes les directions.

C’est quoi les revendications que vous leur soumettez ?

Déjà, il y a une demande au niveau national d’une augmentation de notre rémunération de 4NR [1], ce qui correspond à 150€ net, environ 10% de notre salaire. Sachant que les 1e payes des embauché·es sont de 1200€. On est loin de ce qu’il se passe dans le privé, car, même si on a quelques avantages, elle.u.x vont avoir des payes nettes tout de suite plus conséquentes par rapport à la qualification qu’on a.

Ce métier qu’on fait sur le gaz demande des compétences particulières ainsi qu’une responsabilité, le gaz c’est sensible comme fluide. On a notamment des astreintes à tenir (ndr : être d’astreinte signifie de rester disponible pour intervenir sur des urgences gaz). […] Au niveau local, on se bat sur les reconnaissances de compétences [...]

Aussi, la direction a refusé d’embaucher 2 alternants, dont 1 sous prétexte qu’il avait un comportement qui laissait à négliger. Pourtant, c’est nous les éxécutant·es qui bossons avec lui et qui le formons. Les gens qui ont pris cette décision n’ont jamais été sur le terrain avec lui. Il faut savoir que ces 2 alternants avaient des tuteurs dans les bureaux qui perçoivent des primes tous les mois mais qui n’ont jamais été avec eux sur le terrain. [...]

Aujourd’hui, les alternant·es sont des personnes en reconversion, donc la boîte touche de l’argent pour pouvoir les prendre. Maintenant ils prennent plus de jeunes, ils ne s’emmerdent plus à prendre des jeunes entre 16 et 18 ans parce que c’est beaucoup plus de boulot. Avec un jeune y a pas que le métier à apprendre, y a aussi sont attitude, le monde du travail, etc. Là, ils prennent des gens qui ont entre 30 et 35 ans. Mais en contrepartie ce sont des gens qui quittent tout pour se reconvertir, qui ont souvent des familles, des emprunts, etc. Ils font déjà un sacrifice d’être payés pendant 2 ans quasiment en dessous le SMIC quand même. [...] Derrière, ces techniciens gaz préparent une formation qui est spécialisée pour notre entreprise et qui n’ouvre pas d’accès à l’électricité ni à aucun autre métier. Donc, soit ils sont embauchés chez nous, soit ils le sont chez des prestataires qui font le même métier qu’ici. Ça reste hyper limité. Si on les embauche pas c’est pôle emploi garanti.

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