24 janvier 1890, naissance de Jeanne Humbert

Jeanne Humbert, pour l’état civil Henriette Jeanne Rigaudin, née le 24 janvier 1890 à Romans-sur-Isère (Drôme) et morte le 1er août 1986, est une écrivaine, journaliste et militante pacifiste et libertaire française. Appartenant au mouvement néo-malthusien, elle a milité pour la liberté sexuelle, ainsi que pour la liberté de la contraception et de l’avortement.
C’est pour infractions à la loi du 31 juillet 1920 réprimant l’avortement et la propagande pour les méthodes anticonceptionnelles qu’intervient son arrestation le 21 juin 1921. Elle est incarcérée à la prison pour femmes de Saint-Lazare à Paris, qu’elle qualifie de « pourrissoir », jusqu’au 30 juillet 1922. Elle obtient d’accomplir le reste de sa peine à la prison de Fresnes, en région parisienne, où le silence total était pourtant exigé des détenues, jusqu’à sa libération conditionnelle le 14 octobre 1922.

En application de la loi du 31 juillet 1920, réprimant la propagande anticonceptionnelle, Jeanne et Émile Humbert seront condamnés à 2 ans de prison et 3 000 francs d’amende le 5 novembre 1921.
Jeanne est incarcérée à la prison pour femmes de Saint-Lazare à Paris dont les « Sœurs des prisons » surveillent les services intérieurs. Le son métallique des clefs sur le crucifix est orchestré par le directeur.

Jeanne va découvrir  l’immonde promiscuité et la vermine des dortoirs et la repoussante saleté des ateliers et des cellules.
Les condamnées sont exploitées au travail, procurant de fructueux bénéfices à l’administration civile de la prison et à la communauté, car les salaires que l’on accorde aux ouvrières sont dérisoires.

Elle obtient son transfert à la prison de Fresnes où le silence total est exigé des prisonnières.
« Pour être libérée quelques mois plus tôt. J’allais payer cher chaque heure de liberté supplémentaire ! » Sa libération conditionnelle est effective le 14 octobre 1922.


« Après la prison, ça laisse des séquelles. Ruine totale, payer les amendes… Avec l’arrêt de tout. Il a fallu gagner sa vie... ». Jeanne Humbert écrit nombre d’articles et d’ouvrages. Ses livres Le Pourrissoir (1932), Sous la Cagoule (1933), paraîtront sous forme de feuilletons dans Police Magazine. Jeanne Humbert y témoigne de ses mois d’internement, pour ses idées, dans les prisons pour femmes de Saint-Lazare et de Fresnes : « Je n’ai fait qu’apprendre aux pauvres les procédés qu’emploient les riches pour limiter leur progéniture ». Police Magazine est disponible gratuitement en PDF sur le site du Musée numérique Criminocorpus à cette adresse : criminocorpus.org


Ce photomontage est de Eric B. Coulaud
Mots-clefs : histoire des luttes

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