Projection-débat : sur l’origine de Stonewall et de la Pride

Contrairement à ce que laissent penser les actuelles Marches des Fiertés ou des films comme Stonewall (2015), la première Pride était bel et bien une émeute contre la répression policière et elle a d’abord été initiée par des personnes trans non blanches, dont Marsha P. Johnson. A l’occasion de la sortie en France du court-métrage Happy Birthday, Marsha ! de Reina Gossett et Sasha Wortzel (2018, 14 min), nous souhaitons rappeler les origines historiques de la Pride. Le texte qui suit a été écrit par le collectif queer brestois Les Cagoules Roses et lu pendant la Pride 2018 (il est publié avec leur accord). Projection-cantine-discussion à la Dyoniversité le 11 janvier !

Une projection aura lieu au local de la Dyoniversité (4 place Paul Langevin, Saint-Denis) vendredi 11 janvier à 19h30, suivie d’une discussion. Il y aura aussi un repas végan et un infoskiosque, l’entrée est libre.

Dans les années 1960 à New-York, il est interdit de servir de l’alcool aux homosexuel.le.s, de danser entre hommes ou de porter des vêtements du « sexe opposé ». Les descentes de police dans les établissements fréquentés par des personnes queer sont nombreuses, généralement accompagnées de contrôles d’identité, de rafles, de violences physiques et/ou sexuelles. À Greenwich Village, quartier accueillant une large population homosexuelle, le Stonewall Inn est un bar tenu par la mafia, laquelle voit dans le public gay un filon rentable. Il est notamment fréquenté par celles et ceux qui ne rentrent nulle part ailleurs : drag queens, hommes efféminés, femmes trans, personnes racisées, jeunes, pauvres, travailleur/euses du sexe.

Le 28 juin 1969, des policiers en civil font leur entrée dans le bar. Ils laissent partir une bonne partie de la clientèle et retiennent celles/ceux qui n’ont pas de papiers d’identité ou qui portent des vêtements assignés au genre opposé selon la police. Face aux brutalités policières, des affrontements éclatent devant le bar, contraignant la police à s’y réfugier, bientôt assaillie par de nombreux/ses gays, lesbiennes, trans, ainsi que par des voisin.e.s. L’émeute dure plusieurs heures, opposant jusqu’à 2000 personnes face à 400 policiers. Les jours suivants, la foule continue à s’amasser devant le Stonewall Inn et les affrontements avec les forces de l’ordre continuent. Ces événements sont devenus un symbole des luttes d’émancipation gay et trans, et sont souvent présentés comme le déclencheur des mouvements de libération LGBT qui ont fleuri au cours des années suivantes dans divers pays occidentaux. En juillet 1969, soit quelques semaines après Stonewall, est créé le Gay Liberation Front (Front de Libération Gay) à New-York. Le 28 juin 1970, les premières Gayprides sont organisées à New-York et Los Angeles, commémorant l’anniversaire des émeutes de Stonewall.

En 1969 à Greenwich Village, lors des 4 nuits consécutives de soulèvement contre les violences policières qui ont donné naissance au mouvement de libération gay, ce sont des drag queens afro-américain.e.s et latinas qui ont tenu les premières lignes. Alors ? Est-ce que Stonewall était une insurrection gay ou bien une insurrection trans ? A la question « Est-ce que vous luttiez contre les violences policières ? Est-ce que vous vous battiez contre le racisme ? Ou pour votre droit à être gay ? Avez-vous riposté parce que la majorité des drag queens ne pouvaient pas présenter l’ordre d’incorporation dans l’armée que les agents du gouvernement réclamaient cette nuit-là ? Ou parce que tant d’entre vous étaient sans logement, crevaient de faim et étaient en danger dans les rues ? » Sylvia Rivera, drag queen, portoricaine, et combattante de Stonewall répond d’un ton calme et solennel : « nous nous battions pour nos vies. »

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