On est allé à la CN-neu-neu pour que vous n’ayez pas à y aller

Camarade ! Je n’apprends rien à personne lorsque je dis que des choses se passent un peu partout en France au sujet de la loi ORE (mais si tu sais, cette loi vide au sujet de la sélection), mais pourquoi pas réunir toutes ces initiatives individuelles et locales pour en faire un mouvement commun et cohérent ? Lumineux ! On retrouverait toutes les facs en lutte, chacun-e pourrait s’exprimer, de manière égale, indépendamment de son appartenance à un parti ou un syndicat, avec des débats profonds et animés. Mais voilà, dans la réalité c’était un fiasco total et ça n’a abouti à rien.

C’est peut être toujours un peu confus, alors venons-en aux faits : samedi 7, Nanterre, c’est le débarquement : on arrive avec une dizaine de « représentant-e-s » du blocage de Nancy, à la rencontre des autres villes, le cœur gai, on s’attendrait presque à changer le monde mais on espère surtout avoir des échanges riches qui pourront aider le mouvement considérablement.
Cet événement porte le nom de « CNE » pour « coordination nationale des étudiant-e-s », nous l’avons rebaptisé « CN-neu-neu » pour des raisons évidentes de seum. On y reviendra. Le but de la CN-neu-neu donc, est de trouver un accord et une direction commune, concrète, à communiquer, pour rendre nos revendications claires et harmonieuses.

Ô rage, ô désespoir, ô syndicaux ennemis. Pour faire simple : la tribune a été conservée, ce qui ne nous a pas beaucoup plu, mais soit, on fait avec, si encore la parole et sa répartition avaient été cohérentes et bien menées : l’ordre du jour est trop long, beaucoup de temps perdu, on vote à l’aveugle, sans débat, on décide de faire une nuit blanche - ça leur paraissait réellement judicieux -, on passe 2h à présenter chaque fac avec un temps de parole de 5min chronométrées, personne ne s’écoute, pas possible de rebondir en raison du chronomètre, de répondre instantanément, non il faut s’inscrire, attendre son moment pour passer, aucune interaction n’est possible, tout est tellement encadré, ordonné et lorsque tu passes, tu ne peux pas répondre aux autres, c’est un réel monologue, ça valait le coup de faire 4h de voyage pour ça.

Les suggestions (motions à voter) prennent aussi facilement 3h : encore une fois, tu t’inscris, tu passes, tu énumères les choses qui te semblent importantes, aucune réaction du public et pas le temps de donner des arguments ce qui donne juste une grosse liste, avec les revendications de chaque fac, qui souvent sont les mêmes, donc il y a beaucoup de répétitions et c’est une perte de temps incroyable.
Au moment du vote (encore plusieurs heures), on revient sur chaque motion, il n’y a pas vraiment d’échange, pas de possibilité de débat en raison du cadre rigide donc une majorité des motions sont rejetées car les « ne prend pas part au vote » l’emportent. En effet, dur de voter quand on ne donne aucun argument.

On passera également sur le manque de neutralité de la tribune, qui lorsque certains avaient des réclamations sur l’organisation digne de tortionnaires bureaucratiques, on leur répondait simplement « il est temps de passer au vote », ou « on passe à la suite ».
Une autre raison qui rendait le dialogue et l’union impossible : les représentant-e-s étaient très majoritairement syndiquée-s ou membres de partis politiques, c’est cela qu’ils venaient défendre avant tout, avant même de penser à une direction commune. Certaines personnalités étaient particulièrement carriéristes et n’avaient qu’une ambition : être nommé-e pour le porte-parolat. Certaines suspicions supposent que les syndicats et partis présents craignant que cette association de nos forces, fasse de l’ombre à leur organisation particulière. Ce qui me fait penser à cette phrase :

« Toutes les fois où j’examinerai n’importe quel problème politique ou social, je m’engage à oublier absolument […] que je suis membre de tel groupe,et à me préoccuper exclusivement de discerner le bien public et la justice »

critique de Simone Weil adressée aux partis politiques.

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