Législatives 2017 : une contre-révolution sociale « en marche » !

Malgré le renouvellement « sans précédent » de l’Assemblée nationale, c’est toujours la même classe sociale qui siège au parlement capitaliste et s’apprête à appliquer une politique de contre révolution sociale. Opprimés et exploités ne pourront compter que sur leur propre organisation et fédération pour renouer avec la perspective des communards et abattre le capitalisme

À écouter différents médias ou femmes et hommes politiques notamment de LREM concernant les législatives, ces dernières auraient permis un renouvellement sans précédent de la classe politique. Le changement tant attendu des électeurs et électrices se concrétiserait donc par une Assemblée qui non seulement se rajeunit, avec une représentation sans précédent des femmes (223 femmes contre 155) mais voit aussi plus d’élus issus de « la diversité » siéger que lors de la dernière législature. Pour autant, ce changement est-il vraiment un gage de progrès qui serait consubstantiel à l’âge, au sexe ou la couleur des élus ? Ces députées qui nous sont présentés comme le changement mèneront-ils alors une politique favorable aux jeunes, aux femmes et aux populations issues de la diversité qui sont les premiers à subir le chômage de masse et la précarité surtout parmi la classe ouvrière ?

Contrairement à ce qui est avancé, la nouvelle députation bien que renouvelée est loin d’être représentative. En effet, elle a été élue par moins de 43% des français inscrits sur les listes électorales. De fait elle est minoritaire. Mais au-delà, les règles électorales sont telles que les exploité-e-s sont exclu-e-s de toutes représentations. Combien d’ouvrières et d’ouvriers ? Il n’y en pas ! Ne parlons même pas des travailleurs et travailleuses sans papiers exclus purement et simplement du droit de vote. La classe ouvrière, qui représente encore près de 22% de la population active, ne voit non seulement personne issue de ses rangs siéger dans cette Assemblée mais aussi aucun ou aucune député se réclamer des intérêts politiques du prolétariat révolutionnaire. De la France Insoumise à l’extrême droite, c’est une même classe sociale qui siège à l’Assemblée nationale. « L’élargissement » ou le « renouveau » du pouvoir ne s’est fait qu’entre personne du même monde, de la même classe sociale, et certainement pas en faveur des classes les plus exploitées et dominées.... . Cette assemblée est dominée par les cadres et assimilés 62% alors qu’il ne représente que 17% de la population active. Le groupe parlementaire de LREM en est l’expression. Les députés LREM sont issus dans leur quasi-totalité des classes sociales les plus privilégiées. D’après Libération s’appuyant sur les données du ministère de l’Intérieur « plus de la moitié des candidats investis par LREM sont des cadres ou professions intellectuelles supérieures… trois fois plus important que [leur] nombre dans la population active française ». Environ un tiers des candidats LREM ont leur propre entreprise. Le Monde rapporte que « d’une manière générale, la ‘société civile’ de LREM est surtout constituée de chefs d’entreprise, médecins, avocats, cadres du privé ou collaborateurs d’élus. La ‘République en marche’ est celle des catégories socioprofessionnelles supérieures, des cadres dynamiques, des notables locaux. » Selon ce même journal environ 40% de tous ces candidats sortent des grandes écoles qui fournissent le personnel de la classe politique ou le haut personnel de l‘industrie, du commerce et de la finance comme Sciences Po, l’Ena, HEC ou l’Essec. Un pseudo-renouveau qui cache aussi que près de la moitié des parlementaires de LREM viennent des partis qui ont appliqué les politiques d‘austérité. Bien qu’inconnus, ils ont déjà eu des postes (mandats municipaux, des fonctions ministérielles ou à l’Assemblée nationale).

Il est évident que la politique qui sera menée par cette assemblée et la majorité présidentielle sera à l’image de cette classe sociale c’est-à-dire une politique de contre-révolution sociale. Quant aux pseudos oppositionnels de gauche, la tromperie réformiste quant à la possibilité de réformer le capitalisme est déjà à l’œuvre pour mieux combattre toute idée de renversement du capital et d’auto-organisation des travailleurs pour imposer la loi du travail au capital. Aucun groupe siégeant à l’Assemblée nationale ne peut être un point d’appui pour les travailleuses et les travailleurs. Aucun groupe dans cette assemblée ne se réclame des intérêts du prolétariat révolutionnaire à savoir la défense d’un programme communiste révolutionnaire : la lutte pour le renversement du capital (l’abolition du salariat et de la propriété privé des moyens de production), la lutte contre l’État (sa police, son armée, sa justice), la lutte contre l’impérialisme et les guerres menées par la France capitaliste, la lutte contre le patriarcat, le racisme et la religion sur des bases de classes. Plus aucun groupe même réformiste ne se revendique aujourd’hui (quoiqu’on pense de l’assemblée nationale et de la participation ou non pour les révolutionnaires) de la classe ouvrière et de la perspective communiste d’une société sans classe et sans État. De la France Insoumise à l’extrême droite, l’ensemble des députés se place sur le terrain de la République bourgeoise et par conséquent à différent degré de la défense de la propriété privé et de l’exploitation salariale du prolétariat qu’elle que soit son sexe, son genre, son origine nationale, ethnique ou religieuse. Les députés nouvellement élus sont celles et ceux-là mêmes qui s’ils n’appliquent pas déjà ouvertement les politiques de casse sociale dans le privée comme dans le public au service des actionnaires, des grands patrons bref des capitalistes et des classe dirigeantes, s’y opposent en parole pour mieux encadrer politiquement les exploités.

Alors, même si cette assemblée est plus jeune, plus féminisée, plus diversifiée, de par la position que ces députés occupent socialement, ils sont de facto les serviteurs des classes dirigeantes... Plus de jeunes, plus de de femmes ou plus d’hommes ou de femmes issues de la diversité ne signifiera donc pas une politique favorable aux jeunes, aux femmes et aux hommes de la classe ouvrière.... et plus largement favorable aux milieux populaires ! Nous présenter cela comme une avancée, un progrès, est trompeur.... Cette politique n’a rien à voir avec le sexe, l’âge ou la couleur de peau. L’histoire le prouve.... Margaret Thatcher a mené à l’époque une politique aussi droitière et anti-ouvrière que Reagan... Obama premier président noir des États Unis est un autre exemple éloquent.... La situation des noirs-américains ne s’est pas améliorée... Bien au contraire, la violence policière contre cette population ne n’est pas arrêtée... Une femme au pouvoir ne fera pas forcément une politique qui défendra les femmes les plus précaires, pas plus qu’un noir pour les noirs de la classe ouvrière, qu’un cadre pour un ouvrier dans une usine... ce qui prime avant tout dans leur politique avant leur sexe, leur couleur de peau, c’est l’appartenance de classe.... Ces gens-là sont les zélés serviteurs des classes dirigeantes....

Contrairement au mythe véhiculé, les élections ne sont pas l’émanation du peuple. Elles ne permettent pas à l’essentiel de la population de s’exprimer ; elles ne donnent la parole qu’à des faux amis et à de vrais ennemis ; elles n’ont jamais changé la société ; elles sont là pour que les colères soient détournées vers des voies de garage, notamment en se vengeant des politiciens ; elles sont entièrement manipulées par les classes dirigeantes ; elles sont fondées sur une légalité qui, de haut en bas, prévoit de maintenir les exploités dans leur exploitation et de protéger les exploiteurs. Et cette institution qui protège les exploiteurs, c’est l’État capitaliste, celui que l’on nous présente comme l’appareil chargé de nous protéger nous, de nous défendre, de nous aider, de nous permettre de progresser et patati et patata… Et c’est au nom du fait que l’on nous a appelé aux urnes que l’on nous fait ensuite accepter les pires politiques menées par les classes dirigeantes en nous disant : « c’est vous qui avez voté ! » Mais la légalité que l’on nous impose n’est nullement celle du choix majoritaire. Quand un président décide de lancer un pays dans une guerre, quand un responsable d’un trust décide de licencier massivement ou de fermer des usines, quand une banque se lance dans des spéculations qui menacent la planète, quand les trusts menacent sciemment l’environnement, ou quand les classes dirigeantes choisissent d’en finir avec les droits démocratiques, il n’est pas question de « choix majoritaire » et ces classes dirigeantes ne craignent pas alors de violer leur propre démocratie, qu’elles nous demandaient de respecter ! Sommes-nous consultés sur toutes ces questions ? Les élections permettent-elles de choisir entre la dictature du grand capital et… autre chose ? Non ! Telle est la démocratie capitaliste.... tout sauf démocratique !

Si les femmes, les jeunes, les hommes de la classe ouvrière avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, les retraités et plus largement les milieux populaires veulent se défendre face à cette assemblée réactionnaire au service des capitalistes, ils devront constituer leurs propres assemblées sur des bases de classes et se fédérer. Ces assemblées doivent avoir pour objectif de débattre des politiques nécessaires à notre défense mais aussi de préparer le terrain au renversement de cette société de classe basée sur l’exploitation salariale liée à la propriété privée des moyens de production ainsi que tous les rapports de dominations liées au sexe, au genre, au racisme, à la religion…

N’oublions pas que la Commune de Paris, premier gouvernement des exploités et la révolution Russe entre autre ont fait bien plus pour les travailleuses et les travailleurs que toutes les assemblées nationales élues en France ou ailleurs jusqu’à aujourd’hui…

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