Infos et témoignages suite à la manif du 22 novembre contre les frontières

Témoignages de personnes convoquées par les flics suite à leur participation présumée à la manifestation du 22 novembre contre les frontières. Après la manifestation de dimanche au moins 58 personnes ont été convoquées au commissariat après une manifestation en soutien aux migrants pendant l’état d’urgence.

Récit d’un copain convoqué jeudi 26 novembre au commissariat du bd Bourdon à Paris :

« Après la fouille, j’ai été auditionné par un OPJ de la Sureté Territoriale de Paris. Après les questions habituelles : nom, adresse, date de naissance, auxquelles j’ai répondu. Le policier m’a rappelé l’infraction mentionnée dans la convocation : être « soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de violation d’une interdiction de manifester prise en vertu de l’état d’urgence », mon droit de garder le silence etc., puis m’a posé quatre questions :

  • 1. Si j’ai participé à la manif de dimanche.
  • 2. Est-ce que j’ai été au courant de l’interdiction, de la manif ?
  • 3. Est-ce que j’ai eu connaissance qu’en y participant je commets une infraction ?
  • 4. Est-ce que j’ai commis des violences ou est-ce que j’étais témoin des violences commises ?

Aux quatre questions j’ai répondu par un « Je n’ai rien à déclarer » et j’ai refusé de signer le procès-verbal. Le policier m’a déclaré que le PV va être transmis au Parquet qui statuera, ensuite m’a raccompagné à la sortie. »

Autre récit :

Aussi auditionné ce matin au même endroit, les mêmes formalités et questions, les mêmes ’"rien a déclarer’" et refus de signer de ma part, plus :

  • des questions sur les "causes" que je défends, les réseaux sociaux auxquels je participe, si j’ai plusieurs lignes de téléphone et résidences...
  • un laïus sur les groupes violents qui auraient infiltré la manif (sic) et une invitation "citoyenne" à les dénoncer car un gendarme est blessé et le principal de l’enquête est de faire passer ces gens en procès ;
  • et enfin une dernière question avec le sourire : "Aimez-vous votre police républicaine ?"
    ...

Encore un autre :

La personne qui était convoquée hier matin à Riquet, le 25 novembre donc, s’y est présentée et a été presque immédiatement placée en garde à vue. Il était accusé, comme la plupart des autres convoqués, d’avoir participé à une manifestation interdite dans le cadre de l’état d’urgence et en plus de faire parti des meneurs de cette manif. Il lui a été signifié par ailleurs qu’il y avait des enquêtes en cours sur l’accusation de "violence contre des personnes dépositaires de l’autorité publique". Comme la plupart des autres convoqués, il n’a répondu à aucune question. Il est sorti en début de soirée avec un "rappel à la loi".

Amis cameramans ou auxiliaires de police...

La police avait apparemment peu filmé. Toute l’accusation de "meneur" notamment reposait donc sur des vidéos publiées sur Youtube et notamment une vidéo d’une vingtaine de minutes de "Line Press" intitulée "La manifestation interdite pour les migrants dégénère" ! Aucun visage n’avait été flouté. Et ce n’était pas la seule vidéo comme cela. Avant les flics se donnaient la peine d’arrêter les preneurs d’images sur les manifs, de confisquer leur matériel et d’exploiter leurs images. Maintenant ils se contentent de regarder Youtube... Bref, photographes et preneurs d’images en tout genre, faudra pas s’étonner si vous êtes mal reçus la prochaine fois surtout si vos objectifs sont dirigés sur nous...

Par ailleurs une autre garde à vue s’est transformée en déferrement hier soir pour un jeune accusé de la même chose et en plus de rebellion. D’autres sont encore convoqués aujourd’hui dont une personne au moins au commissariat de Riquet alors qu’elle a déjà été auditionnée à celui de Bourdon...

Et encore un autre témoignage

Je suis convoqué ce 25 novembre à 15h à la "sureté territoriale de Paris" (ex RG sinistre police politique) du boulevard bourbon en raison d’une pretendue "violation de l’arreté d’interdiction des manifestations sur la voie publique en Ile de France lors de l’état d’urgence (arreté 2015/928)"

Entant que syndicaliste de la CGT je denonce cette intimidation anti democratique et appel massivement à la manifestation de demain à 18h place de la république pour denoncer l’arbitraire policier et la criminalisation des luttes

HALTE AU FASCISME RAMPANT

HASTA LA VICTOIRIA SIEMPRE

Récit de personnes solidaires avec les convoqués :

Témoignage reçu :

"Récit des près de 4 heures passées au commissariat, soupçonnés, en vertu de la loi sur l’état d’urgence, d’avoir participé à une manif interdite alors que venus accompagner un ami convoqué.

Mercredi 25 novembre à 10h, j’ai accompagné un ami qui été convoqué au commissariat du boulevard Bourdon à Paris pour être auditionné car soupçonné d’avoir participé à la manifestation en solidarité avec les migrants de dimanche dernier. Nous étions 6 dont des membres de la famille de cette personne à l’attendre sur le trottoir devant le commissariat.

Vingt minutes après qu’il soit entré des policiers sont sortis du commissariat et nous ont demandé ce que nous faisions là, nous avons répondu que nous attendions un ami convoqué. Ils nous ont alors demandé de traverser le boulevard. Sur le trottoir d’en face, ils ont été rejoints par de très nombreux (plus de 20) policiers et gendarmes. Ils ont contrôlé nos identités trois fois de suite (à chaque nouvelle arrivée d’un nouveau corps de policiers). Une fois ce contrôle effectué, nous leur avons dit que nous voulions partir ce dont ils nous ont empêchés en nous encerclant.

Notre ami est sorti de sa convocation, nous avons demandé de pouvoir repartir avec lui : refusé. Une sorte de chef en civil nous a alors signifié que nous étions soupçonnés d’avoir enfreint l’article 13 de la loi de 1955 sur l’état d’urgence en participant à un rassemblement interdit. Nous avons été embarqués dans un fourgon et acheminés jusqu’au commissariat de la rue de la Montagne Sainte Geneviève dans le 5e. Notre fourgon était encadré par deux camions. L’ami resté sur place nous a dit qu’à notre départ des jeeps de l’armée et autres camions sont arrivés boulevard Bourdon et ont bloqué le périmètre devant le commissariat. De notre côté, arrivés au commissariat du 5e, nous avons été fouillés au corps puis enfermés dans la cage vitrée du commissariat pendant 2 heures. Enfin nous avons tous été entendus sur l’infraction à l’article 13 de la loi de 1955, soupçonnés d’avoir participé à un rassemblement interdit.

Nous avons répondu à la question portant sur les raisons qui nous avaient emmenés au commissariat (description de la matinée), ensuite d’autres questions (sur notre participation éventuelle à la manif de dimanche, sur les causes pour lesquelles nous militions et notamment si nous soutenions les migrants, sur les causes pour lesquelles notre ami militait) nous ont été posées auxquelles dans l’ensemble nous n’avons pas répondu arguant du fait qu’elles n’avaient rien à voir avec notre présence au commissariat. Nous étions tous sortis vers 15h."

Affaire à suivre donc.

la suite ?

Jeudi 26 novembre 2015. A Paris, un compagnon convoqué à la "sous direction chargée de la lutte contre l’immigration irrégulière". Le compagnon a ses papiers, il est né en France. Il ne se présentera pas, question de principe.

Merci à tous et toutes celles et ceux qui veulent bien également faire part de le leurs convocations, vous y êtes allés ou non, convoqué où et quand ? Par qui ?

Si vous y êtes allés : quels sont les résultats ?

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