De l’Acte II à l’Acte III.

Un récit personnel sur comment j’ai vécu la manifestation Acte II Samedi 24 Novembre 2018. Un mini coup de gueule pas méchant. Et surtout un appel à venir pour l’ Acte III, Samedi 1er Décembre 2018.

Je suis allé manifester sur les Champs-Élysées, le Samedi 24 Novembre 2018, à partir de 12h. Cela faisait déjà plusieurs heures que c’était un sacré bordel aux dires de mes camarades arrivé-e-s plus tôt et de BFM qui a définitivement changé de ton sur le sujet. Ben oui, ce n’est plus vraiment « bon enfant » !

Je n’ai jamais rien vu de tel. Des affrontements qui ont duré sans interruption jusqu’à 19h (et qui ont repris dans la soirée) Des flics qui font des passages successifs pour faire vider l’avenue mais des manifestant-e-s qui reviennent sans cesse, qui reconstruisent des nouvelles barricades, qui les ré-enflamment, qui les ré-entretiennent avec le matériel trouvé sur place. Sabotage, incendie (et parfois explosion !) de matériels de chantier, brasier de scooters, trottinettes et poubelles dans les plus petits axes perpendiculaires et parallèles aux Champs. Odeur de brûlée dans tout l’ouest parisien. La bourgeoisie du 8e a tremblé, les prolovinciaux étaient dans la ville ! C’était difficile d’imaginer que les manifestant-e-s seraient si motivé-e-s à revenir avec autant d’acharnement. Si les bris de vitrines n’avaient pas forcément un public conquis, les affrontements et les incendies de barricades recueillaient le soutien actif ou passif de la majorité. Les chants principaux étaient la Marseillaise et « Macron démission ! ». Un peu de « Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais ! ». J’y ai vu une bienveillance rarement atteinte entre les plus enragé-e-s et les plus calmes. Peut-être que les barricades ont joué le rôle de courroie de transmission entre celles et ceux qui voulaient affronter physiquement les CRS et celles et ceux qui voulaient tenir dans le temps cette présence symbolique sur les Champs à défaut de l’inaccessible target Élyséen. Ce n’est pas un objectif qui nous laisse rêveur/rêveuse mais c’est déjà pas mal vu la morosité actuelle.

Je suis un peu amer de la manière dont certains et certaines, rempli-e-s de l’aigreur de ne pas être venu-e-s, ne peuvent s’empêcher de fantasmer la composition du mouvement. Ils et elles n’ont pas le monopole de la fachophobie. On sait tous que ça peut mal finir. On réfléchit tous aux conséquences, notamment électorales. On est pourtant aussi beaucoup à se dire qu’on a plus à perdre à ne rien faire et laisser se succéder les attaques Macronistes sans aucune réponse. Ceci étant dit, inventer un cortège à majorité à l’extrêmedroite ou l’ultradroite est simplement mensonger. Des fafs étaient présents : c’est clair, net et précis et tout le monde s’accorde sur ce fait. Mais en aucun cas ils n’étaient en majorité. Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’ils disent eux-mêmes sur leurs sites web. La majorité du cortège n’était pas spécialement identifiable si ce n’est qu’il chantait plus la Marseillaise que dans les mouvements sociaux de 2016, mais pas plus que dans un meeting de Mélenchon en 2018. Il était aussi plus provincial. Et beaucoup des manifestant-e-s qui dépavaient et entretenaient les barricades ne le faisaient pas à visage caché.

Si vous ne vous satisfaites pas des revendications trop basées sur la fiscalité et le pouvoir d’achat, si vous voulez plus de lutte des classes, d’antiracisme, d’antisexisme et de radicalité communarde...
Ramenez vos brochures, vos tracts, votre rage et votre gilet jaune pour l’Acte III Samedi 1er Décembre 2018.
On refera un état des lieux des forces en présence et des dynamiques à ce moment là.

À bientôt, samedi après-midi, quelque part entre Saint-Lazare et les Champs-Élysées.

thelmamechant

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