[Radio] Aux racines de l’extermination des juifs d’Europe

| Sortir du capitalisme

Une émission autour des racines de l’extermination des juifs d’Europe, de son caractère prévu de longue date ou fruit des circonstances, de ses causes lointaines (notamment l’antisémitisme) et immédiates, de sa spécificité et de sa comparaison avec d’autres crimes de masse — avec Paul et Johannes, bons connaisseurs de ce sujet.

Aux racines de l’extermination des juifs d’Europe [1re partie]

La première partie de l’émission (50 minutes) comporte :

  • Une présentation des enjeux contemporains de ces problématiques (l’antisémitisme, la concurrence des mémoires) ;
  • Une histoire de l’Allemagne de l’Ouest et de sa non-dénazification ;
  • Une présentation critique des thèses de Nolte, faisant du nazisme une simple (légitime ?) réaction au bolchévisme ;
  • Une présentation des thèses intentionnalistes (importance de l’idéologie, intention précoce d’extermination des juifs, centralité de Hitler) et fonctionnalistes (radicalisation du fait des difficultés concrètes, concurrence des bureaucraties, moindre importance de Hitler, absence de plan d’extermination) et de leurs limites (personnification excessive du côté intentionnaliste, minoration du rôle de l’antisémitisme du côté fonctionnaliste) ;
  • Une discussion des thèses de Christopher Browning au sujet des motivations d’acteurs « ordinaires » de l’Holocauste (des réservistes du 101e bataillon de police) et une critique de l’idée qu’il s’agissait d’ordres indiscutables (pas de sanctions en cas de non-participation aux tueries mobiles) ;
  • Une discussion des thèses de Goldhagen au sujet des Allemands comme « bourreaux volontaires » ;
  • Une analyse du discours conspirationniste et apocalyptique des nazis (faisant des juifs des fauteurs de guerre et de conspirateurs œuvrant pour une destruction de l’Allemagne) ;
  • Une discussion du moment de décision de l’extermination des juifs d’Europe ;
  • Une présentation des thèses de Friedlander (accordant un rôle central à l’antisémitisme « rédempteur », notamment hitlérien, d’inspiration volkisch et chrétienne) ;
  • Une discussion des explications de l’extermination en termes de Sonderweg (par une trajectoire historique allemande spécifique), de fascisme, d’utilité économique et de totalitarisme ;
  • Une critique du négationnisme (tendanciel ou même avéré) des approches marxistes réductionnistes économicistes de la destruction des juifs d’Europe.
Aux racines de l’extermination des juifs d’Europe [2e partie]

La deuxième partie de l’émission (50 minutes) comporte :

  • Une présentation de l’analyse de George Mosse au sujet de l’antisémitisme allemand et de ses racines historiques (modernisation rapide et ses ravages identifiés aux juifs, nationalisme exacerbé par une conception raciale du peuple et une unification tardive, réaction à l’émancipation des juifs et à leur ascension sociale) ;
  • Une analyse de l’antisémitisme nazi comme fusion des antisémitismes : antisémitisme racial et eugéniste, antisémitisme conspirationniste, antisémitisme contre-révolutionnaire, antisémitisme nationaliste romantique anti-moderne, antisémitisme apocalyptique, antisémitisme chrétien, antisémitisme « anti-impérialiste », antisémitisme conservateur ;
  • Une analyse de l’antisémitisme nazi comme produit de l’antisémitisme structurel, c’est-à-dire d’une personnification tendancielle (en absence de compréhension du caractère impersonnel et dynamique du capitalisme) faisant des juifs ceux qui se cachent derrière des processus structurels (crises, modernisation rapide, luttes de classe, financiarisation, mondialisation, urbanisation) du capitalisme – et qu’on ne parvient pas à expliquer de manière structurelle –, à partir d’une critique tronquée du capitalisme (basée sur une opposition fallacieuse des dimensions « concrètes » et « abstraites » du capitalisme) ;
  • Un rappel de l’industrialisme et du techno-prophétisme des nazis (Herf) ;
  • Une comparaison analytique (et non morale) de l’antisémitisme avec d’autres formes de racismes ;
  • Un appel à un dépassement de la concurrence des mémoires, et à analyser chaque crime de masse (esclavage, génocides, épurations ethniques) spécifiquement et en-dehors de toute hiérarchie morale ;
  • Une définition du génocide comme issu d’une volonté étatique d’extermination totale d’un peuple donné ;
  • Une comparaison avec d’autres génocides (celui des Rroms, des Herrero, des Arméniens et des Tutsis) et d’autres crimes de masse (programme T4, pogroms antijuifs, esclavage, colonisation).

Note

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