Assemblée des écologistes - IDF 1er février

Au moment où la grève contre la réforme des retraites semble entrer dans une nouvelle phase, nous affirmons que les écologistes doivent être présent·e·s au côté des grévistes et invitent donc à une assemblée des écologistes - IDF, le 1er février de 17h à 20h 8 impasse Crozatier dans le 12e

Au moment où la grève contre la réforme des retraites semble entrer dans une nouvelle phase, nous affirmons que les écologistes doivent être présent·e·s au côté des grévistes. Le combat contre l’allongement du temps de travail est un point de rencontre fondamental entre le mouvement syndical et nos luttes environnementales.

Les raisons de se lancer dans cette bataille depuis notre position ne manquent pas.

La première concerne l’allongement de l’âge de départ en retraite. Un tel allongement conduira à une augmentation du temps de travail. Travailler deux ans de plus (au minimum) c’est produire davantage de marchandises, qu’elles soient matérielles ou « immatérielles ».
L’allongement de l’âge de départ à la retraite conduit donc nécessairement à une augmentation massive de la durée globale du travail. Or, tout travail salarié suppose une extraction de matières premières nécessaires à la production des marchandises et une certaine quantité d’énergies, principalement fossiles, nécessaires à la réalisation du travail (de l’essence pour se déplacer, de l’électricité pour faire fonctionner des systèmes informatiques, etc.).

L’équation est donc simple :
toute augmentation du temps de travail global aboutit nécessairement à une augmentation de la quantité de ressources biophysiques extraites et à une augmentation de la quantité de CO2 émise.

À l’heure de la catastrophe écologique, provoquée à la fois par la déprédation des ressources et la pollution industrielle des milieux, toute politique de transition énergétique doit viser une réduction du temps de travail. Travailler plus et dans de moins bonnes conditions, c’est détruire un peu plus la Terre et les vivants qui la peuplent. D’un autre côté, lutter contre ce productivisme mortifère c’est aussi arracher du temps libre au capital, un temps nécessaire pour faire vivre nos communs et créer une société vivable.

Cette réforme n’est pas qu’une énième attaque des gouvernements néolibéraux aux régimes de solidarités acquis au fil des siècles. Cette agression est faite avec et pour des acteurs privés comme le géant Blackrock. Or, ces entreprises de la finance, banques, gestionnaires de fonds de pensions ou d’assurance sont les premiers responsables de la dégradation de nos environnements. On sait que les marchés financiers cherchent à obtenir des retours sur investissement rapides et qu’ils se moquent des conséquences sociales et environnementales.

Augmenter la capitalisation c’est augmenter l’emprise de marchés financiers déprédateurs pour l’environnement. Ce sont donc vers ces mêmes groupes, qui détruisent nos vies, que nous serons désormais contraints de nous tourner pour assurer notre vieillesse, notre avenir et notre santé.
Cette logique de destructions des acquis sociaux au profit du secteur privé est valable aussi bien pour les régimes de retraite que pour les hôpitaux ou les écoles et prépare un avenir ou les plus pauvres, les premières victimes du changement climatique et de l’érosion des écosystèmes, ne pourront tout simplement plus se soigner, se nourrir convenablement avoir accès à l’éducation ou vieillir paisiblement.

Comme toujours, la mise en place de cet avenir se fait à coup de matraque, de mains arrachées et de 49.3, et c’est cela aussi que nous devons combattre au côté des grévistes. Car si un monde plus écologique doit nécessairement passer par un renouvellement de nos démocraties, nous savons désormais que la poursuite des politiques productivistes passe par un renforcement permanent de l’autoritarisme. Nous voyons ainsi poindre, au fil des réformes, des grands projets inutiles et des aménagements urbains, des gouvernements n’écoutant plus qu’eux-mêmes, passant outre tout principe démocratique ne comptant plus que sur leur police et leur armée pour faire aboutir leurs projets.

Notre intervention dans le mouvement est donc nécessaire : puisque la réforme, fondé sur un modèle économique productiviste vise à enrichir les entreprises, les banques et les assurances qui sont les principales responsables des pollutions et des dégradations environnementales. Les écologistes doivent intervenir massivement dans ce mouvement, le mouvement doit affirmer que seule une société écologiste, c’est-à-dire non productiviste, pourra garantir une vie saine pour tou·te·s. De l’Australie aux retraites, ils « brûlent notre avenir ».

Nous sommes déjà, à titre individuel, sur les piquets de grève, nous soutenons les mobilisations des cheminot·e·s, des Gilets jaunes, des enseignant·e·s, des personnels soignant·e·s et de toutes celles et tous ceux qui luttent contre la réforme. Pourtant, nous, écologistes de différentes organisations, constatons la difficulté pour nos collectifs d’intervenir dans le mouvement contre la réforme des retraites et plus généralement dans les luttes sociales.

Il nous apparaît donc nécessaire de nous doter d’un espace de rencontres et de discussions où nous pourrions construire une intervention écologiste radicale au côté des syndicalistes, des organisations féministes et LGBTQI, antiracistes et décoloniales. Agir dans le mouvement social en tant qu’écologistes suppose de montrer, dans nos discours et dans nos actions, le type de rapport que nos luttes pour le climat, les territoires et la santé entretiennent avec les luttes des travailleur·euse·s, des femmes, des queer, des organisations antiracistes et des exilé·e·s.

Il est essentiel d’affirmer que nos revendications pour de nouvelles manières d’habiter la Terre, nos luttes contre la destruction du monde et l’extinction des espèces, sont liées aux formes d’organisation du travail et de la production. La santé des terriens et la salubrité des écosystèmes dépendent des conditions du travail capitaliste et de son abolition.

Dans le but de coordonner l’action des écologistes dans le mouvement contre la réforme des retraites et, à plus long terme, dans le mouvement social, nous appelons à une assemblée des luttes environnementales et climatiques contre la réforme des retraites, le samedi 1er février de 17h à 20h au 8 impasse Crozatier Paris 12e.

L’AG se déroulera en deux temps. Un premier moment collectif consacré aux effets écologiques de la réforme des retraites et à notre rôle dans ce mouvement, le second dédié à organiser pratiquement notre intervention dans la grève.

Localisation : 12e arrondissement

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