À Lyon, attaque massive de la police sur un squat

Une attaque policière nocturne, illégale et violente du squat « La Cabine » a eu lieu le 7 janvier 2018. 200 personnes dont des enfants ont subi l’attaque des forces de police.

Le soir du Samedi 6 janvier, nous nous sommes fait attaquer par la police. Des demandes contradictoires et l’absence de justification légale sont inadmissibles, on pense à une tentative d’intimidation, on ne se laissera pas faire.

Notre habitation, ouverte depuis fin septembre, accueille régulièrement des soirées de soutien à divers collectifs. Ce lieu de vie est un squat expulsable à partir du 15 février par décision du tribunal administratif. Ici vivent des familles avec enfants (6 ans, 3 ans et un bébé de 3 semaines - une femme enceinte) ainsi qu’un collectif varié uni par les mêmes convictions humaines.

Samedi, c’était une soirée de soutien au collectif musical SILO, à des amis en bouclage d’un documentaire et au squat hébergeant environ 150 migrants, l’Amphi Z. Nous faisions la fête comme on peut la faire partout. A 5 minutes de là, “le petit salon”, une boîte de nuit branchée de Lyon, fait péter les watts. On entend bien les basses autour. Les jeunes qui sortent de là, saoul, marchent dans les rues en criant à tue-tête. Ils font la fête eux aussi, mais une autre fête : évènement clubbing étudiant, afterwork…la fête y est consommée du mercredi au samedi. Même genre de nuisance, plus continuelle, mais aucune affirmation politique.

Ce samedi, devant chez nous, à 2h30 du matin, la première caisse de condés pointe le bout de sa matraque expliquant aux copains avoir reçu des appels et demandant de vider l’impasse pour la tranquillité du voisinage. C’est vrai qu’on est beaucoup et que pour des raisons de place on a déjà stoppé les entrées. Du coup, on demande aux gens d’entrer ou de bouger, ça se fait tranquillement. D’autres équipages arrivent, les ordres changent, ils veulent que tout le monde sorte sous dix minutes. Ils sont rapidement une soixantaine, avec matraques, casques et boucliers. Le climat est tendu, ils se comportent de manière menaçante, la circulation sur l’avenue est bloquée, on sent l’entourloupe.

Une fois déployés, les flics commencent à entrer dans l’impasse. On se précipite à l’intérieur, la porte se ferme de justesse. Et BOOM, sans sommation, on entend le premier coup de bélier d’une longue série. Spontanément, une masse anonyme scande “cassez-vous” et tient la porte. Les coups sont violents, les flics sont acharnés, assez vite, le bas de l’encadrement de la porte se décolle du bâtit. Profitant de l’interstice, ils sortent le gaz au poivre et ne se privent pas d’en balancer à l’intérieur. Les premières lignes suffoquent tandis que le relais s’organise.


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