Verdict pour les 3 inculpés suite à la manif du 29 octobre à l’Hôtel de Ville en hommage à Rémi Fraisse

Ambiance tendue cette après-midi du 21 novembre à la chambre 23-2 du TGI de Paris. Trois accusés, arrêtés lors de la manifestation pour Rémi et les autres victimes de la police du 29 octobre place de l’Hôtel de ville de Paris.

Déjà, en plus de la fouille habituelle à l’entrée du Palais de « justice », une fouille « spéciale » à l’entrée de la salle d’audience,une vingtaine de soutiens rentrent, les autres restent dehors, alors qu’au moins une quinzaine de place restent libres.

Réservées à qui ? Une jeune fille manifeste son mécontentement, elle est proprement expulsée, avec menaces du président d’évacuer la salle. Tout un cinéma pour des accusations ridicules : crachats sur les boucliers, « dégradations » pour avoir tagué sur le sol « police assassin », jet de bouteille, de pot de peinture, personne n’est blessée du côté policier…

L’ambiance est agressive, le président interdit et empêche toute discussion sur le pourquoi de cette manifestation,genre « on reste aux faits », on ne rentre pas dans les « considérations », à savoir interdiction d’évoquer les violences policières, l’assassinat de Rémi… Protestations dans la salle, menace d’évacuation bis.Visiblement la justice ne veut pas parler de grenades offensives, ni de la volonté des jeunes d’exiger la vérité,... Bouche cousue, oreille bouchée, nez pincé,hypocritement la « justice » reste aux faits non prouvés.

Voilà l’ambiance devant cette chambre qui a aussi vu des "Rroms" sortir en pleurs et en cris, après un verdict.

À ajouter à cela, l’attitude volontairement provocatrice des gendarmes en faction devant la chambre, face à nous, soutiens des inculpés, et leur ton très sévère, condescendant, allant jusqu’à dire entre eux, parlant de 3 d’entre nous ayant protesté contre ces refus d’assister à l’audience, qu’ils allaient nous coller un "trouble à l’ordre public" !

Dans ces conditions, le verdict est le suivant :

  • 4 mois avec sursis et 200 euros d’amende ferme (pour outrage, peinture sur le sol, utilisation d’un haut-parleur et refus de signalétique)
  • 1000 euros d’amende avec sursis (jet de projectiles : canettes essentiellement, et crachats)
  • 700 euros d’amende avec sursis (jets de projectile : canettes essentiellement)

D’autres procès auront lieu début décembre et en janvier, se tenir informé sur http://paris-luttes.info/ notamment !


Un autre compte-rendu publié sur Indymedia Nantes :

Déroulé subjectif du procès de la manif d’hotel de ville suite à l’assassinat de Rémi Fraisse

« Pour l’ambiance, quelques civils, des gendarmes, un juge qui menace d’évacuer la salle dès qu’il y a un bruit, une fouille complète des manteaux et des sacs, une quinzaine de places vides, et les gendarmes bloquent l’entrée. Audience de report des comparutions immédiates suite à la manif d’Hôtel de Ville, il ne sera question que des "faits" et de la "personnalité*". »

Les trois affaires étaient distinctes, malgré que les "pv d’ambiance" soient les mêmes. Pour simplifier, je les raconte comme une.
Toutes les nullités ont été rejetées.
Les deux premiers ont plaidé qu’il se trouvaient là par hasard et on nié tout ce qui leur était reproché, jet de cannette pour le premier, jet de bouteille, de peinture et crachat sur un CRS pour le second. Durant la garde à vue, le second a reconnu avoir soufflé de la fumée de cigarette sur un CRS et s’être changé au cours de la manif. Malgré que leur histoire soit convaincante et réaliste ; - ils se sont retrouvés bloqués là en allant en cours, se changeant pour être plus "propres" face aux CRS après une journée de travail, ils ont même produit un texto expliquant à leur prof qu’ils allaient être en retard et sont tous les deux des Compagnons du Devoir, travaillant énormement, bref de "parfaits" profils - rien n’y fait, la proc’ leur explique que venant du RER ils auraient du changer à Chatelet pour descendre à Cité (sic), qu’ils auraient du passer par les quais et contourner la manif s’ils étaient de bonne foi(re-sic), que de toutes façons,qu’il est toujours possible de partir d’une manif si on en a envie (re-re-SIC). Le tribunal les a condamné sur tous les chefs d’inculpation à des amendes avec sursis, respectivement 700€ et 1000€.
Le Troisième, présenté comme le meuneur, et ayant le droit a des photos de la place après le passage de la manif dans son dossier ( des tags :"Brûle la france", "État assassin", "Lucas je t’aime"...)a reconnu sa participation et le tag au sol (LA POLICE ASSASSINE) et nié le crachat comme le refus d’empreinte. Il est ici important de préciser que les caméras de la ville ne laissaient rien voir de la manif ( nuit + fumis + pas de zoom), tandis que la vidéo de line press ( demandée par les flics et filée gracieusement par ces jounaleux ) semble leur permettre, quant à elle, d’identifier clairement cette personne comme étant le taggeur, et lisant un texte au mégaphone. Il lui était donc difficile, s’il l’avait voulu, de tout nier. Il est condamné à 4 mois de suris et 200 euros d’amende pour les trois chefs d’inculpation : dégradation (tag au sol), outrage ( crachat ) et refus de signalétique (empreintes).

Pour les outrages et les jets de cannettes/bouteilles, d’après les PV, c’est le même CRS qui se serait mangé tous les projectiles de la manif, bien que ces derniers varient au fil des pv ( bouteille, cannette, peinture ou bouteille d’eau vide), qui aurait effectué les trois interpellations et qui était à la "confrontation" avec chacun d’entre-eux pour les reconnaitre. Si, bien que ce soit rare, il arrive que l’on puisse contester un pv devant un tribunal, la confrontation semble être, au moins pour le juge Edmond Brunaud ( ex juge d’instruction anti-terrorriste, cf mauvaise intention) une preuve irréfutable.

Le reste des comparutions était assez dingue, comme d’hab. Un commis d’office aveugle qui porte plainte contre son client pour insulte à propos de son infirmité durant la garde à vue. 3 mois fermes, avec mandat, 1000€ pour l’avocat ( qui en avait demandé 5000 !!) et 1€ symbolique pour le barreau qui s’était porté partie civile. SDF, RSAste, il était en GAV pour 1,9 gr de shit et deux couteaux de cuisine...

Une "roumaine" que son avocat, au moment de sa plaidoirie, ne veut plus défendre parce qu’elle ne reconnait pas les faits qui lui sont reprochés. Elle avait aidé une dame à traverser la rue et la bague de cette dernière s’etait retrouvée dans sa poche. Elle voulait raconter qu’elle l’avait ramassée au sol et ne lui avait pas rendue. Il nous expliquera que s’il l’avait défendu malgré cette déclaration, cela aurait fait de lui "un clown" devant la cour et que, s’agissant d’une première condamnation pour la prévenue "de toute façon, elle n’ira pas en taule"

Du coup, on s’embrouille avec lui, qui nous menace, entre autres, de nous "saigner comme des moutons", "merdouilleux anarchistes gauchistes", "ca fait quinze ans que je défend les pauvres" etc. elle, prend 2 mois fermes avec mandat...

22 heures, c’est fini pour nous mais il reste 6 comparutions encore.

La justice condamne, elle fait son taf.

* on peut lire à ce sujet les notes rapides sur l’enquete sociale rapide

Localisation : 1er arrondissement

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