Récit d’une journée de lutte contre la loi Macron et son monde

Retour sur une journée d’agitation sociale : blocage de certains lycées, tractage à Paris 1, manifestation lycéenne / étudiante, manifestation syndicale et assemblée générale inter-pro.

Jeudi 9 avril, plusieurs lycées ont été bloqués en région parisienne pour protester contre la loi Macron, suite à l’appel du Mili. Les blocages ont été assez compliqués dans la majorité des lycées à cause du plan Vigipirate, qui a permis de justifier la présence de flics et de militaires devant de nombreux bahuts. Un militaire a menacé avec son arme un lycéen, car ce dernier ne voulait pas poser une poubelle. On pourrait aussi parler des professeurs non-grévistes qui tiennent des propos anti-bloqueurs, en utilisant l’argument ultime des examens.

Blocus du lycée Maurice Ravel
Blocus du lycée Dorian

Un rencard avait tourné pour distribuer des tracts devant la faculté Paris 1. Une dizaine de personnes ont répondu à l’appel. Le tractage n’a été que de courte durée, car très vite la direction est intervenue pour expliquer que ça n’allait pas être possible. Explication de la direction : les étudiants ne constituaient pas une organisation officielle et il n’était pas écrit « ne pas jeter par terre » à la fin du tract.

Diff devant la faculté Paris 1

Une fois arrivés au point de rendez-vous, environ 150-200 lycéens et 50-100 étudiants sont présents.

Aucun flic à l’horizon. Deux, trois RGs qui tournent sur la place. Au bout d’une bonne demi-heure d’attente et d’hésitation le cortège s’élance sur le boulevard allant de Nation à Gare de Lyon.

Le cortège

Plusieurs slogans sont scandés au rythme des nombreux pétards qui explosent et des fumigènes sont éclatés, ce qui attire le regard des passants.

« Loi Macron, loi des patrons. » ; « À bas l’État, les flics et les patrons. » ; « Face à l’État et au patronat, aucune, aucune, aucune résignation. » ; « Police nationale, milice du capital. »

Quelques autolibs se sont faites exploser. Du fric en moins pour les exploiteurs.

Deux banques se sont faites recouvrir leur façade à l’aide d’œufs de peinture.

Plusieurs graphs ont recouvert les panneaux de publicités et les murs.

On passe lentement la Gare de Lyon.

On emprunte le pont amenant vers le boulevard de l’hôpital.

Une voiture de flics essaye de nous arrêter et se fait péter à coup de pétards et de graffitis.

On continue à avancer, en se rapprochant de place d’Italie. De plus en plus de flics à l’horizon.

On passe devant une rangée de flics posés à côté de leurs voitures. Plusieurs sont détruites à l’aide de bar de fer, pétards et de patates.

Plusieurs flics saisissent leurs armes pour intimider les manifestants.

Un flic saisit son arme

Le cortège speede, mais se fait rattraper par plusieurs fourgons. C’est l’heure de la dispersion. Pas de contrôle ni d’arrestation.

Quelques centaines de tracts appelant à l’AG inter-pro sont distribués pendant la manifestation syndicale.

L’AG inter-pro a réuni une bonne cinquantaine de personnes. Des débats entre jeunes et moins jeunes très intéressants. Une frustration générale face à l’impuissance face aux bureaucraties syndicale est ressentie - sauf pour les personnes ayant participer à la manifestation lycéenne et étudiante. La décision collective sera bientôt publiée sur Paris Luttes !

Que nous soyons des centaines ou des milliers, nous ne pouvons plus rester passif, nous ne pouvons plus rester sur la défensive. Il est temps de nous organiser par la base, de mener des actions communes pour créer des convergences réelles et de porter un discours offensif.

Comme on le dit si bien « Nous n’aurons que ce nous saurons prendre. »

Vidéo du cortège lycéen et étudiant :

Note

Des liens vers des initiatives sympas qui se sont passées dans d’autres villes.

Mots-clefs : lycées
Localisation : 12e arrondissement

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