Conférence : syndicalismes de lutte et mobilisations actuelles !

Historiquement, les dominé-e-s n’ont jamais rien obtenu en faisant appel au bon sens moral des dominant-e-s, mais bien en imposant un rapport de force capable de faire plier celles et ceux qui prennent les décisions : le syndicalisme peut être un outil pour bâtir ce rapport de force face à l’adversaire politique et nous donnons la parole à celleux qui s’organisent mardi 10 avril à 19h15 à Sciences Po.

Alors que Macron et son gouvernement sont en train de s’attaquer à tous les secteurs, que ce soit les travailleurs et travailleuses avec les réformes de la fonction publique et du statut des cheminot-e-s, les exilé-e-s avec le projet de loi Asile et Immigration, les lycéen-ne-s et étudiant-e-s au travers de la loi Vidal, la riposte semble peu à peu s’amplifier dans les rues, les facs, les écoles et sur les lieux de travail et de vie, et l’on peut espérer que chacun de ces secteurs deviendra une composante d’un mouvement social de grande ampleur.

Historiquement, les dominé-e-s n’ont jamais rien obtenu en faisant appel au bon sens moral des dominant-e-s, mais bien en imposant un rapport de force capable de faire plier celles et ceux qui prennent les décisions : le syndicalisme peut être un outil pour bâtir ce rapport de force face à l’adversaire politique.

Dans le contexte actuel de mouvement social naissant, nous avons voulu donner la parole aux actrices et acteurs de plusieurs mobilisations récentes qui font vivre et renouvellent le syndicalisme de lutte au quotidien. Bien loin de l’image archaïque du syndicalisme que nous présentent certains médias, ces militant-e-s inventent de nouvelles formes d’actions et d’alliances entre les luttes, ouvrent pour certain-e-s d’entre elleux des fronts antiracistes et antisexistes au sein d’un syndicalisme souvent sclérosé par le mythe de la centralité absolue de la lutte des classes, et représentent la vitalité des militant-e-s de la base face à des centrales syndicales de plus en plus hiérarchisées et coupées de la réalité du combat quotidien.

Pour évoquer tous ces sujets, nous accueillerons :

- Oumou Gueye, agente d’entretien pour la société Onet, syndiquée à Sud-Rail
L’histoire des grévistes d’Onet est la plus belle preuve que la lutte paye. Après 45 jours de grève, les 84 grévistes de la société de nettoyage Onet, sous-traitante de la SNCF, ont obtenu gain de cause : la majorité de leurs revendications ont été acceptées par la direction. Cela comprend notamment une prime repas d’un montant de 4 euros contre 1,90 euros avant pour tou-te-s les salarié-e-s faisant au moins 5 heures de travail par jour ; la suppression de tous les contrats des agents de nettoyage de la clause mobilité les contraignant à se déplacer de gare en gare, les agents resteront des agents fixes comme ils le demandaient ; le rattachement des agents de nettoyage à la convention collective manutention ferroviaire dès février 2018 et une prime de remise en état des gares touchées par la grève représentant 50 % de leur salaire.

- Bruno Poncet, cheminot, syndiqué à SUD-Rail
Historiquement, les cheminot-e-s sont un des corps de métier les plus mobilisés pour défendre leurs droits et faire entendre leurs voix. Elles et ils représentent aujourd’hui un des plus important bastion du syndicalisme de lutte.
Face à l’offensive idéologique menée actuellement par le gouvernement dans les médias et au mythe des preneurs d’otages privilégiés, nous recevrons Bruno Poncet qui pourra également nous parler des moyens d’action des cheminot-e-s, de leur évolution, ainsi que des techniques innovantes mises en place par la direction de la SNCF pour casser la grève.

- Gaël Quirante, employé de poste, secrétaire départemental de SUD-PTT et membre du Front Social
Les luttes menées à la Poste sont également emblématiques des combats menés par les travailleurs et travailleuses face aux réformes néo-libérale. Les postières et postiers du 92 s’illustrent notamment par une grève de très longue durée menée il y a deux ans. Gaël Quirante, en tant que représentant syndical, a du faire face à la répression de sa hiérarchie. Alors que la Poste cherchait depuis des années à le licencier en vain, Muriel Pénicaud, actuelle Ministre du travail, a autorisé au début du mois son licenciement.
Gaël Quirante nous parlera également du Front Social, collectif créé l’année dernière et visant à faire converger syndicats, associations, collectifs, médias alternatifs et militant-es contre la politique néo-libérale de Macron.

- Fatima Ouassak, membre du Front de mères, syndicat de parent-e-s d’élèves, de professionel-le-s de l’éducation et de militant-e-s des quartiers populaires
La question de la sélection des élèves et étudiant.e.s (annoncée par la réforme de l’université , loi ORE) au coeur des mobilisations étudiantes actuelles est le combat majeur du Front de mères depuis sa création fin 2016 par Fatima Ouassak et Diariatou Kebe. Le Front de mères lutte localement contre la sélection raciste et les inégalités sociales structurelles que les enfants des quartiers populaires subissent à l’école. Les revendications du syndicat couvrent des aspects multiples de la vie des enfants à l’école tels que l’orientation au collège, la réussite scolaire, la place des parents dans l’école et la transmission des langues de l’immigration.

Cette conférence est ouverte aux personnes extérieures à Sciences Po mais uniquement sur inscription en raison des politiques sécuritaires et élitistes de notre école. Vous pouvez envoyer un message sur les pages de Solidaires Etudiant-e-s Sciences Po, du Séminaire Autogéré de Sciences Po ou par mail à solidaires.etu.scpo@gmail.com. Rendez-vous mardi 10 avril à 19h15 en salle Goguel, au 56 rue des Saint Pères, 75007 Paris.

Localisation : 7e arrondissement

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